Who’s afraid of Virginia Woolf?

Décidément le cinéma Mac Mahon propose des films qui interrogent le couple ces temps-ci.
Ou du moins sont-ce ceux que nous allons voir.

Après le sublime « Amour » de Hanneke qui nous faisait nous interroger sur le grand âge et ce qu’il inflige au couple, voici Mike Nichols et son « Qui a peur de Virginia Woolf », ô combien mythique et je sais maintenant pourquoi.

Le cinéma américain des années 60 aimait visiblement secouer l’ordre établi et le puritanisme ambiant (enfin pour les femmes surtout, hein :-)).
Les diamants sur canapé de Blake Edwards remuaient violemment la règle selon laquelle une femme comme il faut ne pouvait qu’épouser, le couple Taylor-Burton nous montre ici que le mariage n’est visiblement pas la panacée… Prends toi ça dans les dents le publicitaire de Madison avenue qui vend de la famille parfaite. Ah oui c’est vrai, tu picoles du whisky à 10h30 le matin et trompe ta femme entre midi et deux… Bref, vive le reigne de l’hypocrisie!

Mais revenons à nos moutons: Martha et Georges, le joli monde du professorat en université dans les Etats-Unis de 1966.
Ou comment infiniment d’amour ne suffit pas à sauver une femme, un homme, un couple d’une dérive alcoolisée et violente.
Non l’amour ne suffit pas quand la nature décide que madame ne pourra jamais remplir le seul rôle qui peut lui être dévolu dans cette Amérique bien-pensante des sixties.
Tu seras épouse et mère ma chère, ou tu ne seras point.

Ignoble pression et absence de choix pesant sur des femmes au bord de la crise de nerfs et de désespoir devant si peu de perspectives (ne nous leurrons pas, la pression à la mère et à la mère sacrificielle et parfaite n’ont pas disparu en 2013, loin de là. Elle a même encore de beaux jours devant elle).

Alors Martha boit.
Martha invente des jeux tordus aux règles toujours changeantes pour s’occuper, punir Georges de l’aimer malgré tout, se punir de ne pas être ce qu’on attend d’elle. Le jeu pervers comme auto-mutilation en somme.

Et Georges suit. Essaie de suivre encore et toujours.
Alors Georges picole aussi.

(Je suis sortie du cinéma en songeant sérieusement à une cure tant j’ai eu l’impression d’avaler du whisky pendant 2h!!)

Même aujourd’hui ce film demeure subversif, même aujourd’hui nous ne sommes plus habitués à voir de tels films, « Noces Rebelles » en est le digne héritier, avec une violence plus « rentrée », moins manifeste.
Martha et Georges se détestent pour mieux s’aimer. A moins que ce ne soit à force de trop s’aimer, ou de ne plus savoir comment s’aimer.

Mais ces deux-là s’en sortiront d’une manière ou d’une autre, ils resteront ensemble même pour le pire.
On est moins rassuré pour leurs jeunes invités et partenaires de jeu involontaire.
Pas sûr qu’ils soient encore ensemble dans quelques années, leur tout jeune mariage étant construit sur du sable et déjà plein de blessures qui ne cicatriseront jamais.

Un film vraiment dérangeant donc, mais qui a mérité chacun des prix (Oscars et BAFTA) reçus.
A voir ou revoir absolument!!

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