Certains univers

Peut-être faut-il y lire mon manque de vraie culture cinématographique: j’aime tout particulièrement les réalisateurs qui possèdent des univers très forts.

Almodovar, Burton, Mendes, Anderson, Allen, Ozon comptent parmi mes réalisateurs favoris.

En deux semaines nous avons été gâtés: le dernier James Bond, puis ce week-end les derniers films de Wes Anderson et de François Ozon à l’occasion du festival Telerama dans notre bien aimé Mac Mahon.

Nous avons commencé vendredi soir – après ma si longue semaine de boulot – par « Moonrise Kingdom » de Wes Anderson dont j’aime tellement le monde et l’image si décalés, si poétiques, si délicatement frapadingues.

J’attendais avec impatience de voir à quoi ressemblait son île de New Penzance, ses sixties, ses pré-ado amoureux, son art de la fugue, son royaume au lever de la lune.
Je n’ai pas été déçue, le film est une merveille que j’ai adoré de la première (au son de la « Postcard to Henry Purcell« ) à la dernière minute. C’est beau, c’est intelligent, c’est drôle, c’est tendre…

On retrouve le monde hyper travaillé, policé dans les moindres détails, empli de poésie et de détails qui font sourire du réalisateur, les costumes et accessoires tellement beaux qui attirent même l’œil de Mr Papillon.
Et surtout ses personnages sont là. Un peu à côté de la plaque, pas winners, pas  gros bras (ceux qui tentent de l’être s’en sortent généralement assez mal), cabossés, égarés, terriblement attachants.

Bref un film qui rejoindra un jour ou l’autre notre DVD-thèque.

Samedi après-midi nous avons oublié la neige et le froid pour rejoindre la salle de classe de Fabrice Luchini dans « Dans la maison » de François Ozon.

Transformer Luchini en prof de lettres qui défend une certaine idée de la littérature, qui s’emporte contre les directives absurdes données aux enseignants et se fait assommer par « Voyage au bout de la nuit », ça ne manque ni de sel, ni d’humour.

Du plus pur Ozon!

Et il est bon en prof manipulé et qui manipule son élève. Nous aussi nous voulons savoir ce qui se passe dans le roman/dans la maison, nous aussi nous avons envie de comprendre ce qu’il y a dans la tête de Claude. Et dans celle de Germain Germain par la même occasion (un peu comme Humbert Humbert dans Lolita, le sexe en moins, mais c’est bien à lui auquel j’ai pensé pendant le film).

Mais il n’y a pas que Luchini dans le film, le reste de la distribution est lui aussi époustouflant. Kristin Scott-Thomas est géniale en épouse brillante et pétillante mais inquiète et délaissée pour et par son mari (et qu’est-ce que j’aime son look, sa coupe et ses foulards Hermès!).
Et puis surtout il y a Ernst Umhauer, le jeune acteur qui interprète l’élève surdoué, Claude. Il a un bel avenir de comédien qui s’ouvre à lui ce jeune homme.
Et puis bouffée de tendresse pour la sublime Emmanuelle Seigner qui « se contente » d’être sa belle personne pendant tout le film, mais quelle personne!!
Cette femme est divine…

Comme toujours chez Ozon on est un peu perdu, on n’est jamais vraiment sûr de là où il nous emmène ni de ce qu’il nous montre. C’est désarçonnant mais c’est vraiment agréable de se faire mener en bateau au cinéma.

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