Eonnagata

Comme vous me voyez là je rentre juste de la réalisation d’un rêve. Un de ces trucs dont on rêve à l’adolescence en poussant un gros soupir parce que « même pas en rêve ».

En l’occurrence voir Sylvie Guillem danser sur scène, dans la même « pièce » que moi, devant mes yeux à moi.
Pourquoi?
Parce qu’à l’époque où elle quittait l’opéra de Paris je n’étais qu’une petite fille qui commençait tout juste à apprendre la danse classique.
Aucune chance donc de la voir dans le répertoire classique de l’opéra.

Et si l’on songe à l’âge auquel les danseuses sont sensées prendre leur retraite, il n’y avait en effet qu’une chance infime que je voie ce génie de la danse sur les planches.

Mais il semblerait que la vie en ait décidé autrement et ait voulu me faire un fabuleux cadeau. Une fois encore.

Vendredi soir j’ai assisté à l’une des quelques représentations parisiennes d’Eonnagata, la création de Sylvie Guillem, Robert Lepage et Russell Maliphant.

Un spectacle atypique, étonnant, réjouissant d’audace: l’histoire jouée, mimée et dansée du Chevalier d’Eon.

Jubilatoire!

Sylvie Guillem respire, parle, bouge la danse. Je n’ai jamais une danseuse de ce niveau. Tout simplement incroyable d’énergie et de grâce. Ses battements de cils sont gracieux.
Ses pieds, ses mains, chacun de ses muscles n’est que danse. Le seul mot qui me vient à l’esprit c’est perfection.

Une danseuse + un chorégraphe + un metteur en scène de théâtre + l’histoire d’un drôle de caméléon mi-homme, mi-femme = une étude passionnante sur la confusion des genres et des sexes.
Et à travers cette étude sur la confusion des sexes, sur les êtres ‘caméléons’, les 3 brillants créateurs et interprètes montrent aussi une intéressante étude sur la confusion des arts.

Dans cette histoire du Chevalier confus-confondant, on danse, on joue, on chante, on mime, on combat… bref on mêle les arts et les savoir-faire.

Et contrairement à ce qui s’était passé avec la pièce de Maguy Marin, cette fois-ci le mélange des genres apparaît comme une évidence et une idée de génie.
Mieux, cela donne à espérer que d’autres artistes vont oser.

Oh! Et puis les costumes sont signés Alexander McQueen. L’immense. L’artiste. Le magicien. Somptueux!!

Certains critiques se sont plaint d’approximation, de la diction à parfaire de Sylvie Guillem, de la danse de Robert Lepage, etc.
Mouais, si vous avez envie de faire les aigris qui râlent on doit pouvoir dire que Guillem n’est pas une actrice et Lepage pas un danseur.
Cela m’a beaucoup moins sauté aux yeux que Binoche s’essayant à la danse… voire pas du tout 🙂

J’ai trouvé une vidéo de bande annonce bien faite et qui restitue bien l’esprit du spectacle.

Et ça c’est mon nouveau trench d’amour (de pré-crise de vide dressing) dont les boutons tombent un peu trop vite à mon goût.
Mais qui est top, hein, quand même. Vous avez vu la doublure? Je suis folle de ces pois blancs sur fond marine!!

Une jolie jupe en soie doublée d’une nuisette Petit Bateau devenue top & jupon et de mon cher vieux gilet Sandro (il date de l’époque où Sandro était achetable hors soldes… dans les 2 ans qui ont suivi leur création quoi!).
Aux pieds? Des petites bottines noires toutes simples, hyper confortables et parfaites les jours de pluie.

17 réflexions sur “Eonnagata

  1. j’y vais jeudi soir, la voir à Toulouse, dans Eonnagata!! tu me diras ton avis!! Perso, j’adore cette fille… 43 balais, mais purée, elle donnerait des complexes à n’importe quelle jeune etoile de l’Opera…

    • Tellement d’accord avec toi… Je n’ai jamais vu une telle danseuse, elle est tout simplement bluffante de perfection, de grâce et d’élégance.
      Hâte d’avoir ton compte-rendu!!

      • eh bê voilà, tu l’as… super déçue, je suis!! surtout que j’avais vu Sylvie Guillem en 2007; electrisée sur mon siège, j’étais, et j’avais mis 3 jours à m’en remettre… Là, rien: ça ne m’a rien fait. Totalement hermétique au spectacle (bcp trop explicatif à mon goût, ça me coupe tout, ça…) et super déçue de voir Sylvie Guillem faire limite de la figuration…

        • Oui c’est ce que j’ai vu. C’est tellement dommage que tu aies été déçue!
          Je ne m’attendais pas à un spectacle de danse, j’attendais vraiment un spectacle « composite » du coup je n’avais surement pas les memes attentes…

          • oui mais quand même: une fois admis (dès le début) que ça n’était pas que de la danse, j’attendais plus d’émotion. Et rien. J’ai trouvé ça froid, trop pensé, trop narratif comme des pages qu’on tourne…

  2. Merci pour cet très bel article sur « Eonnagata » qui montre déjà une ouverture d’esprit et de curiosité que malheureusement ne possèdent pas nos critiques et même une partie du public en France. Pour ma part, j’adoré et était profondement marqué par ce spectacle visuellement splendide et profond, intelligent, sensible. Quant aux critiques de Sylvie Guillem que dire? Certains disent, ce n’est pas un pur spectacle de danse et on ne voit pas suffisament de danses avec Sylvie Guillem. Cela est un reproche? L’essentiel c’est de voir un spectacle qui nous touche qui nous pousse à réfléchir à ressentir quelque chose. Et a cet égard, je crois que « Eonnagata » est une réussite.
    J’adore Sylvie Guillem et j’ai eu la chance de la voir plusieurs fois sur scène à la fois dans le répertoire classique, néo-classique et contemporain: « L’Histoire de Manon », « Roméo et Juliette », « Giselle », « La Belle aux Bois dormant », « Marguerite et Armand », « Carmen » de Matt Ekks, « Push » et « Broken Fall » avec Maliphant, « Le Boléro » de Béjart etc. Une artiste tout simplement incomparable, l’incarnation de la grâce et de la beauté sur scène. Pour ceux qui s’intéressent, Sylvie reprendra le rôle de Manon dans « L »histoire de Manon » à La Scala de Milan poue trois représentations: le 27, 29 janvier et le 2 février. Et on la reverra aussi prochainement dans une nouvelle création de Matt Ekks qui a été déjà présentée à Stockholm en décembre dernier. Il me semble que ce programme qui sera présenté à Londres en juillet prochain au Sadler’s Theatre, sera également présenté au Théâtre des Champs Elysées fin 2011 début 2012 peut-être.

    • Bienvenue! Et merci pour ce commentaire et ces bonnes nouvelles. Je vais surveiller les annonces de passage de Mlle Guillem à Paris.
      Je suis d’accord en ce qui concerne nos critiques, ils ont du mal à ajuster leur regard à de nouvelles formes de spectacles, il leur faut beaucoup de temps.
      Et si ce n’était que les critiques… Quand on pense au temps qu’il aura fallu pour que Eonnagata soit présenté à Paris…

    • quand elle entre en scène dans Raymonda…. c’est saisissant:

      Cette fille est « habitée » par la danse, y a pas d’autre mot…

  3. j’ai eu moi aussi la chance de découvrir pour la première fois Sylvie Guilhem sur scène fin décembre, le 31 même, c’était magique & une très belle surprise.
    maintenant j’attends avec impatience Marie-Claude Pietragalla au Palace fin janvier et espère avoir le temps de découvrir Octopus de Decouflé à Chaillot, as-tu prévu d’y aller ?

    • Oh la la, je n’ai pas pris de place pour Pietra et je ne suis pas sûre qu’il en reste.
      Quant à Découflé, il faut que je réussisse à en avoir, Mr Papillon aime beaucoup ce qu’il fait…
      On se tient au courant donc 😉

      • nous on a pris Philippe Genty et on a renoncé à Decouflé…y avait les deux, mais fallait choisir (ben oui tout ce qui passe à Paris passe aussi à Odyssud à deux pas de chez nous!!)… Peut etre qu’on a eu tort.. On verra bien! (en meme temps, je pense que Découflé doit être complet; meme si on peut toujours tenter, hein..)

  4. Juste quelques lignes pour parler d’une expérience unique et inoubliable avec Sylvie Guillem dans « L’histoire de Manon » de MacMillan à La Scala de Milan.

    J’étais pour la première à La Scala de Milan le jeudi 27 janvier, une date que je me souviendrai pour toujours. Une Manon bouleversante, incomparable de beauté et de grâce. C’était la première fois que j’assisté à un spectacle à ce théâtre prestigieux et mythique et l’expérience fut absolument magique. Et quelle magnifique déclaration d’amour des spectateurs émus applaudissant début sans cesse la Manon de Sylvie incomparable de beauté, de grâce et de profondeur ainsi que le couple de rêve qu’elle avait formé avec Massimo Murru et toute l’équipe merveilleuse qui a contribué à rendre le spectacle inoubliable. Je peux vous assurer que pendant la représentation et j’ai encore cette merveilleuse sensation vous avez réussi à nous transporter ailleurs dans un univers indescriptible de beauté et de grâce, personnellement j’ai le sentiment d’avoir été transporté aux étoiles. Quelle belle manifestation d’amour aussi à la sortie des artistes avec cette immense foule d’admirateurs venant d’Italie, du Japon des Etats-Unis, d’Angleterre,de la France etc qui voulaient remercier Sylvie pour ce précieux cadeau qu’elle avait fait à ses admirateurs. C’était très émouvant aussi de voir à la sortie des artistes la merveilleuse Ghislaine Thesmar dont on connait la complicité qui la lie avec Sylvie et son appui précieux et sincère tout au long de sa merveilleuse carrière. Un spectacle inoubliable, une très grande soirée qui restera comme l’un des sommets absolus de la danse.

    • Un immense merci de partager cette expérience avec nous. J’imagine sans peine combien elle peut être inoubliable.
      Quelle joie de pouvoir assister à de telles représentations!!

  5. Merci également, car j’ai tellement apprécié vos commentaires sur « Eonnagata », spectacle magnifique mais qui malheureusement n’a pas eu l’accueil mérité de la part du public en France. Cette Manon incomparable de Guillem à La Scala était aussi une réponse de l’artiste à ceux qui l’ont accusée à tort d’avoir « oublié » la danseuse dans son dernier spectacle « Eonnagata », ce qui est faux, bien évidemment. Sylvie a toujours exprimé son souhait de pouvoir interpréter à nouveau Manon, l’un de ses rôles préférés (je dirai même son rôle par excellence) et nous devrions être reconnaissants à La Scala de Milan pour avoir pu concrétiser ce rêve. De même on peut se poser des questions pourquoi l’Opéra de Paris n’a pas fait autant pour que nous puissions voir cette Divine artiste dans Manon à l’Opéra Garnier. En tout cas, merci infiniment à Sylvie et à La Scala de Milan. Espérons que l’Opéra de Paris l’invitera prochainement pour un spectacle.

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