Ça y est notre saison au Théâtre de la Ville a recommencé! Enfin! Je commençais à trouver ça long ces semaines sans théâtre ou danse. Démarrage en douceur avec trois morceaux de la danseuse et chorégraphe américaine Trisha Brown que ni Holly, ni Mr Papillon ni moi ne connaissions. Nous qualifierons son travail de danse contemporaine très classique: c’est très écrit, pas si bizarre et on devine clairement les bases classiques derrière des mouvements contemporains. Si nous avons tous les trois beaucoup aimé le solo intitulé « If you couldn’t see me » interprété dos à la salle par une fabuleuse danseuse habillée de lumière rouge et d’une robe absolument sublime, les 2 autres ballets – « Foray forêt » et « Astral convertible » – nous ont soit légèrement ennuyés pour le premier, soit totalement crispés pour le 3ème. La musique de John Cage n’est décidément pas notre tasse de thé! Dommage car ce dernier ballet était superbe, de beaux pas de deux, des danseurs
théâtre de la ville
Cinq femmes et pas mal de chaises
La danse de Anne Teresa de Keersmaeker n’est jamais évidente. Son approche extrêmement dépouillée de son art en fait l’une des chorégraphes les plus réputées de notre époque mais aussi l’une des moins accessibles pour le grand public. Je ne comprends jamais complètement ses spectacles mais j’aime ce qu’elle crée. Sa danse me touche de façon viscérale, je sais rarement mettre des mots sur mon ressenti, mais ses créations parle à mon âme et à mes muscles d’ancienne apprentie danseuse. « Elena’s aria » que nous venons de voir au Théâtre de la Ville n’avait pas été représenté au public depuis sa création en 1984. Visiblement à l’époque cette œuvre a été accueillie très froidement, le public ne comprenant pas ce que la chorégraphe voulait faire et exprimer. Il faut dire que ce ballet est pour le moins étrange, aucune musique à son commencement, peu de lumière, des passages de lecture, de video, tout cela paraît bizarrement décousu. Sauf que petit à
Ionesco, suite
J’aime décidément beaucoup ces metteurs en scène qui suivent un même fil conducteur pendant plusieurs années mais qui savent aussi « lâcher prise » et nous donner à voir – même un petit peu – leur petit laboratoire personnel. Emmanuel Demarcy-Mota, le génial directeur du Théâtre de la Ville est de ceux-là je crois. Voilà plusieurs saisons que nous admirons et apprécions son travail de mise en scène, et cette saison est la deuxième (et non la seconde, j’espère qu’il y aura une suite!) où nous le voyons travailler du Ionesco. Son « Rhinocéros » nous avait beaucoup plu, j’étais curieuse de voir ce qu’il ferait ensuite avec cet auteur fantastique mais totalement délirant. Point de pièce dans son ensemble cette fois-ci, mais un extraordinaire pot pourri constitué d’extraits de plusieurs pièces. Emmanuel Demarcy-Mota a travaillé avec quelques uns de ses comédiens favoris, avec qui il travaille depuis de nombreuses années, l’objectif étant de créer une pièce à 14 mains, plus la tête de
Voyage au Bangladesh
Certains spectacles et certains artistes vous laissent parfois tellement sur les fesses que vous vous dites que vous avez devant les yeux la preuve de l’existence de Dieu, rien de moins. Parce qu’ils ont la grâce, parce qu’ils sont la grâce, certains artistes géniaux vous réconcilient avec vos semblables que vous trouvez pourtant généralement si médiocres (vous-même en tête). Oui certains humains savent rappeler ce qu’il y a de merveilleux et grand en l’Homme. C’est ce qui s’est produit Jeudi soir dernier au Théâtre de la Ville devant la dernière création d’Akram Khan, le génial chorégraphe britannique, « Desh ». « Desh » comme la terre en bangladeshi. Le pays est le pays de la terre et de l’eau, c’est le pays des éléments essentiels d’Akram Khan, c’est aussi le pays de ses parents. Dans le cadre d’un travail sur ses racines et sur l’histoire de son papa, Akram Khan s’est rendu au Bangladesh pendant plusieurs semaines. Il en a rapporté ce sublime spectacle,
Villa + Discurso
Quel peut être l’apport de l’art à l’Histoire quand celle-ci est tragique et traumatique pour un peuple? Telle est l’étude menée en direct et sous nos yeux dans la pièce chilienne « Villa+Discurso » vue il y a quelques semaines au Théâtre des Abbesses. Comment l’art et avec lui ceux qui le contemple peut-il s’approprier les événements douloureux de notre passé commun parfois tout proche? Comment transmettre? Comment partager? Comment aider à vivre avec « ça », ce passé odieux et cruel? Que faire des lieux marqués par l’inhumanité ? L’art peut-il faire cela? Doit-il essayer de faire cela? Point de pathos, point de description sordide ou larmoyante annonçait le programme du Théâtre de la Ville reçu en Juin, voilà pourquoi j’avais pris de risque de choisir cette double pièce. Voilà pourquoi j’avais coché une pièce dont le sujet est les suites de la dictature Pinochet, l’après barbarie, l’après traumatisme d’événements qui ont 40 ans à peine. Je ne le regrette pas (et Holy
