Cinq femmes et pas mal de chaises

La danse de Anne Teresa de Keersmaeker n’est jamais évidente. Son approche extrêmement dépouillée de son art en fait l’une des chorégraphes les plus réputées de notre époque mais aussi l’une des moins accessibles pour le grand public.

Je ne comprends jamais complètement ses spectacles mais j’aime ce qu’elle crée. Sa danse me touche de façon viscérale, je sais rarement mettre des mots sur mon ressenti, mais ses créations parle à mon âme et à mes muscles d’ancienne apprentie danseuse.

« Elena’s aria » que nous venons de voir au Théâtre de la Ville n’avait pas été représenté au public depuis sa création en 1984.
Visiblement à l’époque cette œuvre a été accueillie très froidement, le public ne comprenant pas ce que la chorégraphe voulait faire et exprimer.
Il faut dire que ce ballet est pour le moins étrange, aucune musique à son commencement, peu de lumière, des passages de lecture, de video, tout cela paraît bizarrement décousu.

Sauf que petit à petit on comprend que ce drôle de puzzle en apparence « in-composable » (les pièces de plusieurs puzzles semblent avoir été mélangées) prend forme, devient cohérent, avant de s’achever sur une pirouette d’une poésie infinie.
Mais un ballet qui semble incohérent est difficile à regarder, malgré la grâce, l’élégance ou l’humour et la drôlerie de ses interprètes.

Anne Teresa de Keersmaeker faisait partie de ces 5 femmes en robe habillée et talons hauts (donnez leur un petit sac porté main très chic et de grosses lunettes noires et Jackie O est là). C’est toujours fascinant de voir un chorégraphe danser l’une de ses créations. On sent une liberté et une certaine désinvolture dans leur danse qui contraste avec la précision des danseurs. Ça n’en est pas moins beau, c’est juste infiniment plus léger.

Mr Papillon n’a pas aimé du tout et a trouvé ça très rasoir, mais personnellement j’ai beaucoup aimé.

PS: je ne vous refais pas ma crise sur cet insupportable public sans respect qui ne peut tolérer de rester 1h30 devant un spectacle qu’il n’apprécie ou ne comprend pas (mais qui – comme l’a dit très justement Holly – doit par contre supporter sans broncher de regarder un navet au cinéma sans quitter son siège).

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