Eonnagata

Comme vous me voyez là je rentre juste de la réalisation d’un rêve. Un de ces trucs dont on rêve à l’adolescence en poussant un gros soupir parce que « même pas en rêve ». En l’occurrence voir Sylvie Guillem danser sur scène, dans la même « pièce » que moi, devant mes yeux à moi. Pourquoi? Parce qu’à l’époque où elle quittait l’opéra de Paris je n’étais qu’une petite fille qui commençait tout juste à apprendre la danse classique. Aucune chance donc de la voir dans le répertoire classique de l’opéra. Et si l’on songe à l’âge auquel les danseuses sont sensées prendre leur retraite, il n’y avait en effet qu’une chance infime que je voie ce génie de la danse sur les planches.

Le lac de Noureev

Une tradition est en train de s’instaurer: mes soirées d’anniversaire se passent à l’opéra, à rêver devant un ballet. Casse-Noisette l’année dernière, Le lac des cygnes cette année. Rudolf Noureev toujours. Une splendeur, évidemment. Le prince Siegfried, Odette et Odile, Rothbart et la terrible malédiction, tout ceci est connu à l’extrême et on peut considérer ce ballet comme un cliché du romantisme. Mais la magie de Noureev opère et summum du romantisme en ressort dépoussiéré et chargé de psychanalyse!

Patrice Chéreau nous fait faire un Rêve d’Automne

Pourquoi continué-je à aller si souvent au théâtre? Ne suis-je donc jamais rassasiée, jamais satisfaite, jamais lassée par ces soirées plongées dans le noir et les histoires d’êtres sortis de l’imagination d’un auteur souvent inconnu? Non. Vraiment non. Et « Rêve d’Automne » mis en scène par Chéreau m’a donné ce frisson si particulier que j’éprouve devant une scène de théâtre en puissance 10. Dès le seuil de la salle franchi j’ai su que nous verrions pas une œuvre ordinaire. La scène du Théâtre de la Ville a été transformée en salles du musée du Louvre, les belles salles tendues de rouge et où sont accrochées les œuvres classiques. On marche dans ce musée pour entrer dans la salle, certains spectateurs passent même dans les salles fictives pour rejoindre leur siège. A couper le souffle ce décor. Et puis la pièce démarre et on se prend la force du texte de Jon Fosse en pleine tronche. L’Homme, sa vie, sa mort, le

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Chien-Chien

Enchaîner « La Mère » et « Chien Chien » n’est pas forcément la meilleure idée qui soit: les deux pièces abordent des sujets forts et pas évidents (loin de là!), mais que voulez-vous, on ne fait pas toujours ce que l’on veut avec son agenda théâtral 🙂 Après l’amour maternel et ses méandres, l’amitié infantile et ses petites perversions. Deux jeunes femmes – Linda et Léda – se retrouve dans le gigantesque salon de Linda pour prendre un apéro qui doit marquer le début d’un week-end à quatre. Le mari de Linda est le PDG de l’entreprise où travaille le mari de Léda, cadre de 3ème catégorie. L’atmosphère n’est pas forcément très détendue et Léda est sur ses gardes.

La Mère

Mardi dernier a été une journée tellement étrange… Douloureuse, d’une tristesse infinie. Elle s’est achevée au théâtre, avec Holly. J’avais songé un temps à annuler tant je me sentais mal. Et puis je me suis dit qu’il fallait que je me secoue, que j’avance. Que mon cerveau devait arrêter de mouliner sur l’horreur et sur ma peine. Voir Holly m’a forcément fait du bien. Et « La Mère », la nouvelle pièce de Florian Zeller a brillamment occupé mon esprit. Son tourbillon a embarqué mon cerveau dans sa course folle pendant 1h30. Ceux qui suivent ce blog depuis longtemps savent que Mr Zeller est l’un de mes auteurs de théâtre favoris et que j’ai vu toutes ses pièces. La dernière m’avait beaucoup déçue, j’étais donc curieuse de voir si cette nouvelle pièce allait de nouveau m’enchanter… ou pas.