J’avais eu la joie de découvrir le travail de Maurice Béjart et le talent du Ballet de Lausanne il y plusieurs années. Impossible de me souvenir précisément de ce que j’avais vu ce soir-là, à part bien sûr le célébrissime « Boléro ». Comment oublier le « Boléro » de Maurice Béjart? Une telle perfection sensuelle… Mais revenons à ce spectacle-ci: le Ballet de Lausanne célèbre ses 25 ans par une tournée européenne. Passage obligé à Paris pour la compagnie, j’ai donc acheté des billets en Juin l’année dernière pour être sûre d’avoir des places. il fallait que Mr Papillon découvre le travail de Maurice Béjart qui ne ressemble à rien de ce qu’il a vu jusqu’à présent. Il a vu beaucoup de classique très très très classique, de la danse contemporaine dans ce qu’elle a de plus moderne, épuré, poussé à l’extrême, mais ce qui existe entre les 2, et bien il n’en a pas vu grand chose. Le « Caligula » de Nicolas Le
Au théâtre ce soir
Gross und Klein
La constitution de notre abonnement annuel au Théâtre de la Ville est toujours une drôle de tambouille: une part de valeurs sûres (le Berliner Ensemble, Pina Bausch, Anna Teresa de Keersmaeker, les mises en scène de Emmanuel Demarcy Mota, etc) et une part d’improvisation totale, de noms de spectacles qui ont l’air sympas/étranges/intrigants, de metteurs en scène reconnus et de têtes d’affiche incroyables. Cette année la tête d’affiche incroyable (et j’ai pensé jusqu’à ce que nous la voyions apparaître sur scène qu’il s’agissait d’une homonymie) c’était Cate Blanchett. CATE BLANCHETT!!!!! La Dame Blanche du Seigneur des Anneaux, la Katherine Hepburn « d’Aviator », Elisabeth Ière… Une vraie star hollywoodienne quoi. Et accessoirement la directrice adjointe du Théâtre de Sydney. Visiblement elle passe aussi beaucoup de temps sur les planches à Sydney et ailleurs. En lisant les interviews de Cate Blanchett au sujet de « Big and Small » (la version traduite et adaptée par Martin Crimp de la pièce de Botho Strauss), on découvre
6000 miles away…
Elle sera toujours pour moi la danseuse classique ultime. LA danseuse classique. Quoi qu’elle danse. Parce que son alchimie est parfaite: technique impeccable sans jamais l’impression du moindre effort, d’une énergie incroyable et autant de grâce, la rigueur absolue mélangée à une souplesse quasi surnaturelle, un corps de liane si fin et si puissant, élégant toujours. Ses pieds hurlent « classique », le bout de ses doigts hurle « classique », son port de tête de reine hurle « classique » Sylvie Guillem est la danseuse classique dont personne n’a osé rêver je pense. Un fantasme vivant pour chorégraphe. Et le caractère qui va avec. Évidemment elle fut la plus jeune étoile de l’Opéra de Paris. Évidemment elle en claqua la porte pour voler de ses propres ailes. C’est à cause d’elle que ma sœur et moi avons pratiqué cet art s’exigeant. Elle est ma danseuse absolue. Quoi qu’elle danse elle m’hypnotise et m’enchante. Et en la matière « 6000 miles away » est la perfection. Conçu par
Victor ou les enfants au pouvoir
Son « Rhinocéros » de la saison dernière nous avait éblouis (oui, même si mon état de fatigue de l’époque m’avait fait frôler l’endormissement), « Casimir et Caroline » il y a trois ans nous avait enthousiasmées Holly et moi, en résumé j’aime beaucoup le travail de mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Mota. J’aime son audace, son anti-conformisme, sa mise en valeur de ses personnages, sa capacité à glisser un petit quelque chose d’Hollywoodien (au meilleur sens du terme) sur une scène de théâtre. C’est donc pour cette raison que j’ai inscrit « Victor ou les enfants au pouvoir » de Roger Vitrac à notre programme annuel au Théâtre de la Ville. Le nom de la pièce me disait quelque chose mais je n’arrivais pas à savoir pourquoi. Et puis j’ai compris en lisant le petit fascicule remis au théâtre: j’en ai probablement entendu parler lors de l’exposition sur le Dadaïsme à Beaubourg il y a quelques années. Son sujet en est difficile et assez perturbant: nous
Manon Lescaut
Je vous le disais il y a quelques mois, je ne connais rien à l’opéra. Je ne connais que les œuvres archi-classiques et les interprètes médiatisés. Ma culture en la matière reste à faire. Il reste néanmoins qu’il n’y a rien de mal dans les grands classiques et que ces artistes ne sont pas connus sans raison. Ainsi quand Natalie Dessay se produit à l’opéra, on s’empresse de prendre des places pour le spectacle. S’il y a bien une cantatrice que je rêvais d’entendre « en vrai », c’est elle. Son interprétation de la reine de la nuit dans « La flûte enchantée » me met dans un état extatique à chaque audition du CD. Quel dommage qu’elle ne puisse plus l’interpréter, j’aurais donné beaucoup pour l’entendre dans cet opéra inoubliable de mon cher Mozart. Là c’est « Manon » de Massenet qu’interprète la fabuleuse cantatrice, et le moins que l’on puisse dire c’est que cette année l’opéra frappe fort dans ses mises en scène (signée
