Manon Lescaut

Je vous le disais il y a quelques mois, je ne connais rien à l’opéra. Je ne connais que les œuvres archi-classiques et les interprètes médiatisés. Ma culture en la matière reste à faire.
Il reste néanmoins qu’il n’y a rien de mal dans les grands classiques et que ces artistes ne sont pas connus sans raison. Ainsi quand Natalie Dessay se produit à l’opéra, on s’empresse de prendre des places pour le spectacle.
S’il y a bien une cantatrice que je rêvais d’entendre « en vrai », c’est elle.
Son interprétation de la reine de la nuit dans « La flûte enchantée » me met dans un état extatique à chaque audition du CD. Quel dommage qu’elle ne puisse plus l’interpréter, j’aurais donné beaucoup pour l’entendre dans cet opéra inoubliable de mon cher Mozart.

Là c’est « Manon » de Massenet qu’interprète la fabuleuse cantatrice, et le moins que l’on puisse dire c’est que cette année l’opéra frappe fort dans ses mises en scène (signée Coline Serreau pour celle-ci, ceci explique probablement cela).
Après son « Faust » sur crucifix et avec guillotine, sa « Cendrillon » avec pin-ups géantes, voilà « Manon » et ses punks!!
On se rapproche dangereusement du Théâtre de la Ville les amis 🙂

Manon par Coline Serreau

Et comme vous l’imaginez, cela n’est pas pour me déplaire.
Dans ce « Manon » nous avons donc des aristos rétrogrades et un peu libidineux et très jaloux en bas blancs et perruque poudrée très XVIIIème, des bourgeois très début XXème… Et des punks pour représenter les avant-gardistes, les intellectuels, les révoltés et autres anti-conformistes.
Le cousin de Manon façon punk ça surprend un peu au départ. On a du mal à synchroniser le son et l’image.
Et puis on s’habitue à tous ces étrangetés anachroniques et on finit par apprécier toutes les fantaisies qu’elles autorisent: de jolies dames en toilettes début XXème qui font du patin à roulettes à St Sulpice dans une scène très Mary Poppins, de beaux mâles dénudés façon esclaves sexy pour accompagner une Manon au faîte de sa gloire, le chevalier Des Grieux en jean… Après tout pourquoi pas, cela fait du bien à l’opéra de s’amuser et se dépoussiérer un peu.

Pas sûre que cela ait autant plu au public de pisse-vinaigre de plus de 70 ans qui a applaudi bien mollement au terme du spectacle et n’a guère su que ronchonner aux ignares ayant le malheur d’applaudir les prouesses des chanteurs au mauvais moment.
C’est la première fois que j’ai constaté à quel point le public des opéras est différent de celui des ballets: beaucoup (mais alors beaucoup!) plus âgé, très conservateur… bref le même public que le Théâtre de la Madeleine, et donc un public assez désagréable pour la bobo que je suis.
Mais dieu merci ces vieux schnocks n’ont pas réussi à nous gâcher notre plaisir 😉

En farfouillant sur You Tube j’ai trouvé cette vidéo de la grande Natalie dans l’air de la Reine de la Nuit, je n’ose imaginer ce que cela pouvait donner en live, là j’ai tous les poils complètement hérissés tant c’est sublime!

3 réflexions sur “Manon Lescaut

  1. Ahah j’adore la description des vieux bourges qui pensent détenir le Bon Goût Universel!
    Sinon: Millenium,j’adore mais il y a un tunnel de 100 pages environ au début du tome 1,faut s’accrocher et après on lâche plus.Le film de Fincher est parfait!

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