Au théâtre cette semaine…

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Passage à l’heure d’hivers, grosses journées professionnelles, fatigue et stress, cette semaine était l’une de ces semaines où nous n’avions pas envie d’aller au théâtre le soir.
Et manque de bol comme la précédente nous enchaînions deux spectacles: William Forsythe par le Semperoper Ballett de Dresde au théâtre de la Ville et « L’enlèvement au sérail » de Mozart à Garnier.
Mais comme souvent dans ces cas-là, la vie est tendre et gentille avec nous, elle glisse un mi-cuit au chocolat à tomber dégusté juste avant un spectacle de danse classique contemporaine époustouflant et un opéra joyeux et moderne dirigé par un chef chouchou et écouté dans l’une des plus belles salles du monde.

Mais reprenons dans l’ordre: « Steptext », « Neue Suite » et « In the middle, somewhat elevated » par la troupe du Semperoper Ballett de Dresde.
Cette compagnie est a priori l’une des compagnies avec lesquelles William Forsythe aime particulièrement travailler et entretient un lien très fort. Cela se voit sur scène, c’est le moins que l’on puisse dire.
Nous avons l’habitude de voir des ballets de William Forsythe mais plutôt par le très beau ballet de l’opéra de Lyon, et là nous avons vu tout autre chose: plus de puissance, plus d’aisance, on a le sentiment que les danseurs vivent le ballet à 100% et ne font pas que l’interpréter.

Et puis la beauté de cette troupe, tout simplement: des danseurs et danseuses aux physiques très divers, parfaitement musclés et fuselés, à la technique impeccable. Si nous regardons clairement de la danse contemporaine, les mouvements qui la constituent sont classiques, et réalisés comme ils doivent l’être. Moi la maniaque des mains des danseurs et danseuses (c’est l’école française et c’est là que l’on voit si un artiste va au bout de son mouvement ou pas), j’ai été enchantée.
Et quel bonheur de voir des danseuses qui ne sont pas maigres (contrairement à l’opéra de Paris…) et qui sont donc vraiment belles. Forcément on sent la puissance de leurs muscles et on est moins dans la danseuse éthérée et toute fragile, évidemment, mais personnellement je préfère mille fois.
Je suis tombée amoureuse de la magnifique et très douée Courtney Richardson, interprète féminine de « Steptext », cette danseuse est incroyable.

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De ces 3 ballets nous avons tout aimé: la chorégraphie évidemment, magnifique exemple de ce qu’est la danse classique contemporaine ; la musique, classique ou ultra moderne et étrange ; le décor ou du moins son absence, seule la lumière habille la scène et les costumes enfin, parfaitement sobres et élégants (c’est assez rare en danse moderne pour être signalé).

Bref guettez les tournées de la troupe, le spectacle en vaudra forcément la peine.

Et cet enlèvement alors?
Et bien figurez-vous que je ne connaissais pas cet opéra de Mozart, à part 2 ou 3 extraits entendus sur Radio Classique. Je ne savais même pas ce dont il s’agissait… enfin à part d’un enlèvement dans un pays d’orient a priori.
Et puis un opéra à Garnier, c’est une première aussi, nous avons l’habitude de les voir à Bastille.

« L’enlèvement au sérail » est un opéra étonnamment moderne dans sa manière de parler de la place des femmes et de montrer des personnages de femmes fortes, nous avons adoré.
Comme souvent dans les opéras de Mozart l’humour ne manque pas et les situations cocasses et les clins d’œil tellement contemporains s’enchaînent, joliment servis par la mise en scène très réussie de Zabou Breitman.
Est-il nécessaire de dire que la musique est sublime et que l’opéra est magnifique? C’est Mozart, cela ne vous surprendra pas (je suis incapable d’objectivité à son sujet). Et puis Mozart dirigé par Philippe Jordan c’est forcément magique.
Parlons de la mise en scène, des décors et des costumes plutôt: un vrai univers de conte de fée avec les jolis clins d’œil modernes dont j’ai parlé plus haut.
J’ai trouvé ça génial, un bon équilibre entre nos images inconscientes d’un opéra du XVIIIème, l’humour délicieux de Zabou Breitman et la modernité qu’il est indispensable d’apporter à ce type de spectacle pour le garder bien vivant.

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Paie ton selfie en plein spectacle – Crédit photo Agathe Poupeney ~ OPN

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Moi aussi je veux un tapis volant – hammac – Crédit photo Agathe Poupeney ~ OPN

Comme d’habitude nous ne connaissions pas les interprètes, je ne saurais donc évaluer correctement leur performance, mais j’ai adoré les voix d’Erin Morley (délicieuse Constanze) et Anna Prohaska (géniale Blonde la chipie qui ne se laisse jamais marcher sur les pieds par ces messieurs). Lars Woldt est un Osmin jubilatoire, parfait Iznogoud qui ne pense qu’à empoisonner et torturer tout en se faisant maltraiter par la charmante Blonde.
J’ai aussi aimé la modernité des voix et de l’interprétation de Bernard Richter (Belmonte) et Paul Schweinester (Pedrillo).
Une autre belle soirée donc…

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L’enlèvement au sérail
Opéra Garnier
Jusqu’au 15 Février 2015

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