L’étoile qui aimait le lion*

Comme le dit la 4ème de couverture, « l’histoire semble connue ». La liaison entre le plus célèbre président des Etats Unis et la plus célèbre star du cinéma américain.

Les rencontres plus ou moins discrètes de JFK et Marilyn, Marilyn chantant « Happy birthday mister president » dans une robe ne cachant rien de sa silhouette incendiaire, en effet ça nous connaissons.
Mais le contexte de cette liaison, son environnement, ses conséquences, tout cela l’est beaucoup moins.
Tout cela est beaucoup moins glamour aussi.

Dans son ouvrage très documenté (la bibliographie est conséquente) François Forestier prend le parti de raconter ce qu’il y a sous l’épaisse couche de paillettes et de rêve de cette histoire et de cette période aux États-Unis.

Et bien ce n’est ni très beau, ni très reluisant. Et ça ne fait pas rêver.
Retirer leurs paillettes et leurs habits de lumière aux idoles et vous obtenez des Hommes.
Avec leurs névroses, leurs psychoses, leurs défauts, leurs vices, leurs peurs, leurs failles, leurs gouffres.

JFK en ressort bien moins sympathique, Marilyn bien moins icône sexy.

Tiger Woods et David Duchovny peuvent abandonner leurs cures de désynthox sexuelle, ils sont vraiment des petits joueurs.
Et je ne verrai plus jamais la saga des « Parrains » de la même manière. Penser à finir la saga de James Ellroy aussi. La réalité dépasse la fiction, c’est certain.
Le beau portrait all shiny de JFK prend un sacré coup de noirceur, c’est certain.

Quant à Marilyn, la beauté blonde satinée et parfumée au n°5 , elle ressort elle aussi avec une vilaine couche de crasse.
Il était facile d’imaginer que les drames et traumatismes de son enfance associés à la mise sous projecteurs et la starification/starisation pouvaient expliquer l’échec de sa vie amoureuse, sa tristesse, la tragédie des dernières années de sa vie.
Le revers de la médaille de l’icône la plus sexy et désirable que ne le sera jamais aucune autre actrice est bien plus sombre et sordide qu’on ne l’a jamais dit.

Dans le désir des hommes que Marilyn savait si savamment susciter et a tant recherché est-ce l’amour dont elle a tant manqué étant enfant qu’elle a cherché? Les effets de ce manque sont glauques et font se dire qu’elle aurait vraiment mérité un meilleur entourage, de meilleurs médecins… Mais sans aucun doute aussi un autre métier.
Et que serait le XXème siècle sans Marilyn Monroe?!

On suit donc ces 2 monstres sacrés du siècle passé et leurs entourages connus et inconnus (si Marilyn avait su combien de micros étaient posés chez elle et combien de gens l’écoutaient elle aurait fui sur une île déserte et ne serait jamais revenue!), familles, sénateurs, artistes, acteurs, chanteurs, psy, avocats, mafieux, syndicalistes, scénaristes, directeurs de studios, agents secrets (simples, doubles, triples…), agents de la CIA, du FBI, KGB et autre MI5. La plupart forts sympathiques et hautement recommandables. Quand je vous dis que la réalité dépasse la fiction!

J’ai adoré le style et le ton de François Forestier, son humour, son acidité, son vitriol sous écriture impeccable.
Si vous aimez ou vous intéressez un tant soit peu aux 60s, à l’histoire des États-Unis, à JFK et/ou Marilyn, je ne peux que vous recommander ce livre!

* Petit emprunt à mademoiselle Paradis

13 réflexions sur “L’étoile qui aimait le lion*

  1. au passage, je pense que son pull, il faut le lui laisser… Robin Wright Pen le porte très bien, mais faut pas qu’elle bouge de la photo, non plus…

    • Je suis assez d’accord avec toi, aussi joli soit ce pull, je crois que je l’aime sur Marilyn. Rien que sur Marilyn.
      Je dis ça et si ça se trouve lorsque je l’aurai vu je le voudrai absolument parce qu’il est beau, hein, mais sur le papier, je suis d’accord avec toi.

      Ça ne me fait pas ça avec le collier Jackie O. Il me paraît moins intime, alors que dieu sait si les bijoux sont souvent plus intimes que nos vêtements.

  2. Ah, tiens justement, cela fait un petit moment que je voulais faire un billet sur ce livre , trop tard 😉 .. J’ai relu dernierement Blonde de Joyce Carol Oaste, une bio romancée de Marylin qui est également trés bien. L’as tu lu ?

    • Non, mais tu me donnes envie de le lire! Il faut que je me le procure.
      Qu’as-tu pensé de « Marilyn & JFK » alors? Ça m’intéresse un second avis!!

  3. « Tiger Woods et David Duchovny peuvent abandonner leurs cures de désynthox sexuelle, ils sont vraiment des petits joueurs. » PTDR
    Je m’aperçois que j’adore les ragots croustillants, mais que décidément je ne lis pas de presse people, même pas un petit peu. Contradictoire moi?

    • Oui, pas mal… mais je suis comme toi, j’adore ça mais je suis toujours à la ramasse, je ne lis Voici que lorsque je prends le train 🙂

    • C’est comment « Grandir »? Il est sur ma liste des prochaines lectures, j’adore Sophie Fontanel, du coup j’ai hâte de découvrir son nouveau bouquin.

  4. J’en suis à la moitié. (commencé hier, pas lâché). J’étais déjà partante avant de le lire, le sujet m’interpelle. Mais ce qui me touche, ce sont les sentiments, la grandeur d’âme et toute la tendresse qu’a Sophie pour sa mère.
    Dieu, que ça fait du bien de lire un livre comme cela!!!
    (moi qui vomis à chaque Houellebecq)
    Si tu rajoutes à cela, une façon d’écrire superbe et un humour raffiné disséminé à chaque page, ce livre devrait être prescrit et remboursé par la sécu!

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