Un week-end de danse

Le grand week-end de Pentecôte fut placé sous le signe de la danse pour la maison Papillons: La Bayadère à l’Opéra Garnier pour commencer, trois ballets par le Ballet de l’Opéra de Lyon pour le terminer.

Deux moments de plaisir et d’émerveillement, deux très beaux cadeaux.

La Bayadère pour commencer. Des années qu’elle n’avait été présentée à Paris.
Comme toutes les œuvres reprises par Noureev, La Bayadère est devenu un ballet totalement époustouflant par sa technicité et sa magnificence.

Je passe sur l’histoire, elle est classique: amour, promesses, trahison, vengeance, désespoir et rédemption… les ingrédients habituels d’un livret de ballet classique.

Ce qui change un peu, c’est que l’action se passe – selon le livret – en Inde, ce qui permet un joli renouvellement des décors et costumes.
Dans la version que nous avons vue vendredi dernier ce n’est pas en Inde qu’elle nous emmène, c’est dans un Orient de rêve, un Orient imaginaire, qui n’existe que dans nos songes d’enfants.
Est-ce l’Inde, le Cambodge, la Birmanie ou peut-être même l’Andalousie? Féérique, incroyable, merveilleux.

Et si les décors sont beaux, ce n’est rien en comparaison des costumes flamboyants, étincelants, chamarrés et faits d’étoffes paraissant plus riches les unes que les autres (la magie des décors et des costumes…).
Les costumes du rajah et du grand brahmane amplifiaient chacun de leur geste et envoyait de jolies paillettes de lumières tout autour d’eux.
J’ai raffolé des costumes de taffetas des bayadères, de l’orange doré de la tenue de notre pauvre héroïne sur le point de mourir, de la richesse des violets parant sa rivale.

Somptueux, somptueux, somptueux… ces costumes sont tout ce que l’on rêve pour des costumes de grandes œuvres classiques.

Et les danseurs?
Impressionnants. Éblouissants. Parfaits.
J’aime la technique et la rigueur de l’école française, la netteté fluide des mouvements.
Le ballet s’achève avec 32 danseuses sur scène, en sublimes tutus blancs tout ce qu’il y a de plus classique. Elles dansent comme si elles n’étaient qu’une et leur seule arrivée sur scène m’a donné des frissons.
A ce moment là on saisit complètement la chance que l’on a d’être là, à quelques mètres d’elles, d’entendre le tapotis de leurs chaussons sur la scène, à les voir évoluer avec grâce et en communion complète avec la musique.

Parlons en de la musique…
C’est tout simple: j’ai la chair de poule en y repensant.

Résumé de la soirée: un rêve. C’était la première fois que je voyais Mr Papillon sortir d’un ballet avec autant d’étoiles dans les yeux et aussi émerveillé.

Deuxième séance de danse le dimanche après-midi, avec notre dernier spectacle au Théâtre de la Ville de l’année: le 1er programme du Ballet de l’Opéra de Lyon.
Je ne connais pas très bien ce ballet, mais j’ai aimé chacune des représentations auxquelles j’ai pu assister. J’aime la mixité et la diversité de la troupe, j’aime leur technique et leur énergie.

Qu’y avait-il dans ce premier programme?
« Rescuing the Princess » de Ralph Lemon
« Beach birds » de Merce Cunningham
« Set and Reset/Reset » de Trisha Brown

Trois ballets très très différents, techniquement exigeants.
« Rescuing the Princess » parle d’amour et de conte de fée, mais des contes de fée contemporains, ceux des belles histoires qui n’ont malheureusement pas toujours de happy end, qui ne sont pas toujours des senties couverts de roses. On y voit donc des pas de deux, que des pas de deux, mais évolutifs, à distance, furtifs, en mouvement perpétuel.
On y sent de la douceur, mais aussi de la rage, une énergie dingue, parfois désespérée. L’amour est un idéal, mais pas si simple à atteindre, qui nécessite un travail et une quête constants.

C’est ce dont parle ce ballet, qui s’achève sur une avalanche d’énergie communicative. Et finalement, l’amour c’est ça.

La mise en scène a rendu ce ballet hyper graphique et photographique. 30 fois je me suis dit que telle mouvement (ou du moins fin de mouvement) aurait fait une photo fabuleuse.
J’ai adoré cette idée et cette approche mélangeant deux de mes arts préférés.

Je suis restée un peu perplexe et me suis presque ennuyée devant les drôles d’oiseaux du grand Merce Cunningham.
Shame on me. Et un peu la faute à la musique qui a légèrement anesthésié mon neurone déjà pas très en forme.

Et pourtant dieu sait si les costumes noirs (du col jusqu’aux bras inclus) et blancs m’ont plu et l’effet qu’ils produisent sur chaque mouvement, mais rien à faire, très vite j’ai eu l’impression de m’ennuyer.
C’est moche, oui, je sais.

Retour d’enthousiasme pour le troisième ballet, tellement poétique, léger, aérien et pourtant plein d’énergie.
Les danseuses portaient d’étonnantes robes en mousseline de soie aux couleurs du ciel et des nuages particulièrement réussies. Rien de girly ou froufroutant, juste une coupe accompagnant et sublimant joliment les mouvements, l’effet était très réussi.

Excellent après-midi de danse, poursuivie par une balade dans le Marais et jusqu’à République qui nous a permis de trouver une boutique de vaisselle assez géniale (si si) et dont je vous reparlerai un de ces jours prochains.

2 réflexions sur “Un week-end de danse

  1. Pour Merce Cunningham, je te comprends: j’avais assisté à un de ces ballets (avec lui, vieillissant, venant dansouiller sur scène à la fin, c’etait un peu pitoyable…) à Garnier, il y a bien 15 ans. La musique etait à sauter par la fenetre (du Cage je crois), ma soeur avait deja mal au crâne en entrant, elle est ressortie en ayant envie de se taper la tete contre les murs! et le poulailler hurlait « vive Mozart » en sifflant le spectacle à la fin, tandis que le parterre (snob??) en vison applaudissait sagement quand même…. Episode mémorable!!!

    • Oh mon dieu j’aurais voulu voir ça… enfin juste le final, parce que sinon je crois que moi aussi j’aurais eu envie de sauter par la fenêtre! 🙂
      Cage c’est vraiment trop spécial pour moi comme musique… dommage, la chorégraphie était plutôt intéressante 😦

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