Pourquoi continué-je à aller si souvent au théâtre? Ne suis-je donc jamais rassasiée, jamais satisfaite, jamais lassée par ces soirées plongées dans le noir et les histoires d’êtres sortis de l’imagination d’un auteur souvent inconnu? Non. Vraiment non. Et « Rêve d’Automne » mis en scène par Chéreau m’a donné ce frisson si particulier que j’éprouve devant une scène de théâtre en puissance 10. Dès le seuil de la salle franchi j’ai su que nous verrions pas une œuvre ordinaire. La scène du Théâtre de la Ville a été transformée en salles du musée du Louvre, les belles salles tendues de rouge et où sont accrochées les œuvres classiques. On marche dans ce musée pour entrer dans la salle, certains spectateurs passent même dans les salles fictives pour rejoindre leur siège. A couper le souffle ce décor. Et puis la pièce démarre et on se prend la force du texte de Jon Fosse en pleine tronche. L’Homme, sa vie, sa mort, le
théâtre de la ville
Merce Cunningham, 1er programme
La dernière fois que nous avons assisté à un ballet de la Merce Cunningham Company c’était il y a quelques mois seulement. A l’époque une partie du spectacle nous avait laissés légèrement perplexes. Nous étions un peu passés à côté, ce qui est toujours un peu désagréable. Rien de telle cette fois-ci. Ce spectacle nous a littéralement enchantés. Il marquait le début de notre saison au Théâtre de la Ville et ce fut un début en fanfare. Ce 1er programme (2 programmes Merce Cunningham sont proposés au Théâtre de la Ville cette année) est une balade dans l’univers créatif de grand Merce: du récent, du plus vieux et du quasi originel. Dans cet ordre. « Pond way« , créé en 1998 sur une musique de Brian Eno et un décor de Roy Lichtenstein (l’un de mes artistes pop préférés – « Landscape with boat » utilisé ici est une splendeur zen) est une merveille d’élégance. « Pond Way » ou 24h dans la vie d’une mare.
Deux duos, quatre solos
Paris est vraiment ma ville de rêve. Pour sa beauté et son charme incomparables bien sûr, mais aussi pour sa capacité à exhausser des vœux et réaliser des rêves. Franchement, on m’aurait dit il y a quelques années, alors que j’admirais cet immense artiste dans le rôle de Carrie Bradshaw, que je verrais un jour Mikhail Baryshnikov sur scène, j’aurais refusé d’y croire. Mais magie de Paris et des achats online en 3 clics, il y a quelques heures c’est bien lui que nous admirions enflammer la scène du Théâtre de la Ville. Devant une salle comble et subjuguée il a interprété en compagnie de l’incroyable Ana Laguna « Three solos and a Duet », ballet pêle-mêle de différentes œuvres de différents chorégraphes: Jerome Robbins (un morceau spécial pour la Première) ; Alexeï Ratmansky ; Mats Ek et Benjamin Millepied. Cinq ballets très différents, mais avec comme génial point commun l’humour et l’énergie et des mises en scène que j’ai adorées, complétant
Un week-end de danse
Le grand week-end de Pentecôte fut placé sous le signe de la danse pour la maison Papillons: La Bayadère à l’Opéra Garnier pour commencer, trois ballets par le Ballet de l’Opéra de Lyon pour le terminer. Deux moments de plaisir et d’émerveillement, deux très beaux cadeaux. La Bayadère pour commencer. Des années qu’elle n’avait été présentée à Paris. Comme toutes les œuvres reprises par Noureev, La Bayadère est devenu un ballet totalement époustouflant par sa technicité et sa magnificence. Je passe sur l’histoire, elle est classique: amour, promesses, trahison, vengeance, désespoir et rédemption… les ingrédients habituels d’un livret de ballet classique. Ce qui change un peu, c’est que l’action se passe – selon le livret – en Inde, ce qui permet un joli renouvellement des décors et costumes. Dans la version que nous avons vue vendredi dernier ce n’est pas en Inde qu’elle nous emmène, c’est dans un Orient de rêve, un Orient imaginaire, qui n’existe que dans nos songes
Le Petit Prince au Théâtre de la Ville
Quelque part entre Noël et le jour de l’an j’ai fait un rêve. J’ai rêvé que le Petit Prince avait vécu, avait grandi et était devenu un incroyable funambule dignes de nos songes les plus fantaisistes. Il avait pris le nom de Raoul. Son univers se résumait à un vieux tapis, un gramophone, quelques ustensiles domestiques, un vieux baril à couvercle et quelques murs faites de tubes métalliques. Son monde est peuplé d’animaux étranges: un gros poisson très poétique, un éléphant mélancolique, une méduse ressemblant à une ballerine, un oiseau tout en fil et en tiges. Il fait danser la lumière ; chanter l’électricité. Il sait se transformer en cheval ou en gorille en 2 secondes. Il rêve notre monde et nous emmène avec lui dans son voyage émerveillé. Il nous transporte là où c’est avec le cœur qu’on regarde. Il nous fait rire, pleurer, puis rire de nouveau. Il réveille notre enfant intérieur et le fait rire aux éclats
