Deux duos, quatre solos

Paris est vraiment ma ville de rêve. Pour sa beauté et son charme incomparables bien sûr, mais aussi pour sa capacité à exhausser des vœux et réaliser des rêves.

Franchement, on m’aurait dit il y a quelques années, alors que j’admirais cet immense artiste dans le rôle de Carrie Bradshaw, que je verrais un jour Mikhail Baryshnikov sur scène, j’aurais refusé d’y croire.
Mais magie de Paris et des achats online en 3 clics, il y a quelques heures c’est bien lui que nous admirions enflammer la scène du Théâtre de la Ville.

Devant une salle comble et subjuguée il a interprété en compagnie de l’incroyable Ana Laguna « Three solos and a Duet », ballet pêle-mêle de différentes œuvres de différents chorégraphes: Jerome Robbins (un morceau spécial pour la Première) ; Alexeï Ratmansky ; Mats Ek et Benjamin Millepied.

Cinq ballets très différents, mais avec comme génial point commun l’humour et l’énergie et des mises en scène que j’ai adorées, complétant la danse de vidéos  – d’archive bien souvent – mettant la Baryshnikov mûr face à lui même plus jeune voire tout jeune danseur bondissant et touchant à peine le sol.
Cet artiste semble posséder une belle capacité de prise de recul et d’humour sur lui-même (son jeune lui-même l’expédie au loin d’un ample battement de jambe ou bien il fait « taire » son lui-même/miroir en vidéo d’un joli geste parce que ça suffat comme ci, merde!), c’est drôle et agréable à voir à ce niveau de maîtrise de son art.

Autre source d’émerveillement et de joie à la vue de ces cinq ballets, le fait que la maturité aille si bien aux danseurs.
Peut-être n’est-ce pas donné à tous les danseurs de vieillir avec autant de talent, mais dans le cas de Ana Laguna et Mikhail Baryshnikov c’est un régal pour les yeux et pour l’âme (oui, je vais jusque là, j’ai ressenti une joie profonde à les voir danser). Comme si l’âge donnait plus de légèreté, plus d’insouciance et plus de plaisir à danser. Les mouvements semblent plus purs, plus légers que ce que nous avons l’habitude de voir, en danse contemporaine ou en danse classique.

Tous les deux font preuve d’une technique impeccable, il est léger comme un oiseau, elle est souple comme un chat, mais il n’y a pas que ça. Il ne s’agit pas que du fruit d’un travail régulier et continu. Il y a ce petit quelque chose qui ne semble venir qu’avec l’âge et cette heureuse cinquantaine qui semble enlever quelques carcans, comme par magie.

Lorsque la musique s’est arrêtée et le rideau est tombé les deux magiciens ont été longuement et très chaleureusement applaudis. J’ai entendu plusieurs personnes parler de magie, de poésie. Il y a vraiment de tout cela dans ce spectacle.

Je ne sais pas s’il reste des places, mais si vous en voyez passer à portée de main, tendez-la et attrapez-les, ce spectacle est une merveille!

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Les été de la danse
Ana Laguna & Mikhail Baryshnikov
« Three Solos and a Duet »

Au Théâtre de la Ville jusqu’au 20 juin 2010 à 20h30

3 réflexions sur “Deux duos, quatre solos

  1. veinarde!! nous on verra Sylvie Guillem, Alvin Ailey, Philippe Genty et Decouflé (entre autres!) à Odyssud à Toulouse la saison prochaine! pas trop mal gâtés qd meme , meme si le Dieu Mikael ne passera pas par ici!

  2. L’ignorante crasse que je suis hésite à avouer qu’elle pensait que Baryshnikov s’était éteint avant la moitié du 20eme… Je confondais donc, maintenant, avec qui?
    Bon allez, je sors, ça faisait longtemps.

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