Loin de Corpus Christi

Photo © Théâtre de la Ville La pièce n’est plus à l’affiche, je ne sais pas si elle est partie en tournée ou pas, mais je trouvais dommage de ne pas partager avec vous mes impressions sur cette pièce étrange. Une pièce de théâtre dont le sujet et le décor sont une salle de cinéma. Le cinéma américain d’après guerre, son âge d’or, la gloire des studios tels que la MGM. Ses années noires aussi, l’âge de la chasse aux sorcières et de Mac Carthy. Une histoire de quête aussi. Quête d’un acteur à la beauté moderne à couper le souffle, quête de soi, de l’Autre. Quête d’une vérité, d’un idéal, de liberté. Nous voyageons dans le temps et dans le monde, d’Hollywood en 1950, en passant à Paris en 2005 et puis à Berlin aussi, en Novembre 1989. Une histoire d’êtres, de fantômes, d’yeux dans les serrures. De trahison évidemment. Le texte est trop verbeux, le rythme souvent trop

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Le ballet géo-politique pour Bernard G.

La qualité immense du Théâtre de la Ville est de permettre de retrouver chaque année les nouvelles créations d’artistes contemporains appréciés (typiquement Anne Teresa de Keersmaeker) mais aussi – et peut-être surtout – de permettre la découverte de nouveaux auteurs ou chorégraphes ou la rencontre entre une troupe et un artiste invité. C’est ce qui s’est passé doublement jeudi soir pour notre dernier spectacle de la saison. Nous ne connaissions pas la troupe du Ballet de Lorraine et c’est un coup de cœur que nous avons eu pour cette troupe nombreuse, jeune, métissée et très variée, aussi athlétique qu’élégante. Elle présentait une œuvre éminemment politique signée Faustin Linyekula et intitulée « La création du monde 1923 – 2012 ». « La création du monde » est en effet un ballet ancien, premier « ballet nègre » de l’histoire, créé en 1923 pour les Ballets Suédois qui souhaitaient à l’époque surpasser les Ballets Russes, troupe iconique de l’époque. Ils atteignirent leur objectif grâce à la participation d’artistes

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1980

La pièce de Pina Bausch la plus étonnante et ébouriffante qu’il m’ait été donnée de voir! Construite sur le thème de l’enfance et du jeu, cette pièce est probablement l’une des moins dansées de la géniale chorégraphe. Tout commence avec la pelouse sur laquelle nous faisons quelques pas avant d’aller nous installer à nos places et le mignon Bambi empaillé installé tout au fond de la salle et qui veille sur tout le spectacle. 32 ans le Bambi, il est là depuis la création de la pièce, un vrai pilier de la troupe du Wupertal, un monument du monde de la danse 😉 Dans ce spectacle on souffle des bougies d’anniversaire, on coupe des oignons consciencieusement, on joue à traverser la rivière de toutes les manières possibles, on bronze à poil et dans toutes les positions imaginables, on dit des tongue twisters, on parle des dinosaures, on se dit au revoir, on boit du thé… On fait tellement de choses

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Hiroshima mon Amour

Faute de trouver une photo de la belle mise en scène de Christine Letailleur alors je vous mets un extrait du film d’Alain Resnais, ainsi vous aurez une idée du texte de Marguerite Duras. Une femme française, actrice en tournage à Hiroshima, rencontre un homme Japonais, ils deviennent amants, ils parlent de leurs passés, de la guerre. De son amant Allemand. Sujet joyeux et gai s’il en est… Je n’ai jamais vu le film d’Alain Resnais, je n’ai jamais lu le texte de Marguerite Duras, je savais juste que cette histoire était importante. Et puis j’aime tellement « La Douleur » de la même Duras, que j’étais curieuse de voir ce qu’elle avait pu « faire » du drame d’Hiroshima. Je ne m’attendais donc pas au récit auquel j’ai assisté avec Holy et Mr Papillon. La scène est plongée dans la pénombre, seulement éclairée par un spot qui pourrait être une lampe de chevet ou un éclairage de rue perçant à travers des rideaux

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Gross und Klein

La constitution de notre abonnement annuel au Théâtre de la Ville est toujours une drôle de tambouille: une part de valeurs sûres (le Berliner Ensemble, Pina Bausch, Anna Teresa de Keersmaeker, les mises en scène de Emmanuel Demarcy Mota, etc) et une part d’improvisation totale, de noms de spectacles qui ont l’air sympas/étranges/intrigants, de metteurs en scène reconnus et de têtes d’affiche incroyables. Cette année la tête d’affiche incroyable (et j’ai pensé jusqu’à ce que nous la voyions apparaître sur scène qu’il s’agissait d’une homonymie) c’était Cate Blanchett. CATE BLANCHETT!!!!! La Dame Blanche du Seigneur des Anneaux, la Katherine Hepburn « d’Aviator », Elisabeth Ière… Une vraie star hollywoodienne quoi. Et accessoirement la directrice adjointe du Théâtre de Sydney. Visiblement elle passe aussi beaucoup de temps sur les planches à Sydney et ailleurs. En lisant les interviews de Cate Blanchett au sujet de « Big and Small » (la version traduite et adaptée par Martin Crimp de la pièce de Botho Strauss), on découvre

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