Life in progress

Sylvie Guillem est une femme d’impression et de sensation. À chaque fois que je la vois (ici puis là) j’ai l’impression qu’elle n’est que bras et jambes, surmontés d’une épaisse frange rousse et d’un beau sourire. Et j’ai simultanément la sensation d’être face à l’incarnation du mariage et de l’équilibre parfaits entre la grâce et la force. Se pourrait-il que cette femme soit une sorte de déesse ou d’extraterrestre ? « Life in progress » est sa manière de dire au revoir à la scène et au public. Un spectacle qui lui ressemble: étonnant et généreux. Fougueux aussi. C’est peut-être ça en fait: Sylvie Guillem est un fabuleux pur sang qui n’a peur de rien, ose tout et savoure tout. Elle est au galop pendant tout le spectacle. On commence doucement, avec « Techne » un ballet de la terre et des racines signé Akram Khan, dansé autour d’un arbre stylisé qui semble donner vie et énergie à un drôle d’être, mi-insecte, mi-humain. La

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1h10

Petit billet deux en un pour vous parler des deux derniers spectacles que nous avons vu au Théâtre de la Ville. Du théâtre puis de la danse, les deux des spectacles exceptionnels que nous ne sommes pas près d’oublier. « Corbeaux, nos fusils sont chargés » est du théâtre japonais contemporain. Nous avons déjà vu des œuvres allemandes, hollandaises, anglo-saxonnes, argentines, espagnoles et bien sûr françaises, toujours dans le texte – Théâtre de la Ville oblige – mais japonaises, jamais. Il fallait forcément essayer. Et puis le programme annonçait une pièce mythique. Nous n’avons pas été déçus de notre escapade japonaise. 1h10 de folie furieuse totalement désarçonnante pour des occidentaux dans notre genre. Officiellement nous avons vu des grands-mères prendre en otage le tribunal où étaient jugés deux de leurs petits-fils et tout éparpiller façon puzzle. Officiellement. En réalité je ne suis toujours pas sûre de ce que j’ai vraiment vu, du message convoyé par la pièce, mais je sais une chose:

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Voyage au Bangladesh

Certains spectacles et certains artistes vous laissent parfois tellement sur les fesses que vous vous dites que vous avez devant les yeux la preuve de l’existence de Dieu, rien de moins. Parce qu’ils ont la grâce, parce qu’ils sont la grâce, certains artistes géniaux vous réconcilient avec vos semblables que vous trouvez pourtant généralement si médiocres (vous-même en tête). Oui certains humains savent rappeler ce qu’il y a de  merveilleux et grand en l’Homme. C’est ce qui s’est produit Jeudi soir dernier au Théâtre de la Ville devant la dernière création d’Akram Khan, le génial chorégraphe britannique, « Desh ». « Desh » comme la terre en bangladeshi. Le pays est le pays de la terre et de l’eau, c’est le pays des éléments essentiels d’Akram Khan, c’est aussi le pays de ses parents. Dans le cadre d’un travail sur ses racines et sur l’histoire de son papa, Akram Khan s’est rendu au Bangladesh pendant plusieurs semaines. Il en a rapporté ce sublime spectacle,

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IN-I

L’actrice, peintre, sculptrice Juliette Binoche et le chorégraphe et danseur Akram Khan sont actuellement sur scène au Théâtre de la Ville pour un spectacle mi-danse, mi-théâtre intitulé IN-I (à prononcer à l’anglaise). Ce spectacle est le fruit de la rencontre de ces deux artistes et de leurs univers autour du thème de l’amour. La base et source de ce travail et de cette histoire est les 14 mots dont les Grecs disposent pour parler de l’amour (un peu comme les Inuits et la neige). Binoche et Kahn ont donc écrit une histoire d’amour qu’ils dansent et interprètent. L’idée est séduisante, l’exercice est intéressant. Car c’est beaucoup plus que la simple rencontre entre une actrice multi-activités et un chorégraphe de talent. Il s’agit aussi d’une rencontre entre des cultures, des religions, des langues différentes. C’est beau de voir des artistes prendre des risques, essayer de créer différemment des choses différentes de leur quotidien. Le petit prospectus distribué à l’entrée du théâtre

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