Cette soirée du 1er février était de celles que j’appelle mes « soirées de rêve ». Une grande dose de culture partagée avec Mr Papillon, avec sa petite dose d’imprévu et d’étrange, comme seul Paris peut les offrir. Une soirée au théâtre suivie de – peut-être – un dernier salut aux toiles d’Hopper si nous arrivions à entrer au Grand Palais ouvert en continu pour les dernières heures de la rétrospective consacrée au peintre américain. La seule perspective d’apercevoir la silhouette du Grand Palais dans la nuit me fait plaisir tant ce palais au toit de verre est enchanteur. Évidemment Edouard Baer et sa joyeuse troupe nous ont enchantés et fait rire aux éclats de leur loufoquerie et décalage intelligents, évidemment. Comme Fabrice Luchini, Edouard Baer excelle dans l’art de nous faire croire que tout est improvisé ou presque et c’est toujours un petit bonheur à voir. C’est drôle, amusant, pince-sans-rire, ça appuie gentiment là où ça fait mal, c’est tendre et
Au théâtre ce soir
Ionesco, suite
J’aime décidément beaucoup ces metteurs en scène qui suivent un même fil conducteur pendant plusieurs années mais qui savent aussi « lâcher prise » et nous donner à voir – même un petit peu – leur petit laboratoire personnel. Emmanuel Demarcy-Mota, le génial directeur du Théâtre de la Ville est de ceux-là je crois. Voilà plusieurs saisons que nous admirons et apprécions son travail de mise en scène, et cette saison est la deuxième (et non la seconde, j’espère qu’il y aura une suite!) où nous le voyons travailler du Ionesco. Son « Rhinocéros » nous avait beaucoup plu, j’étais curieuse de voir ce qu’il ferait ensuite avec cet auteur fantastique mais totalement délirant. Point de pièce dans son ensemble cette fois-ci, mais un extraordinaire pot pourri constitué d’extraits de plusieurs pièces. Emmanuel Demarcy-Mota a travaillé avec quelques uns de ses comédiens favoris, avec qui il travaille depuis de nombreuses années, l’objectif étant de créer une pièce à 14 mains, plus la tête de
L’Oedipe de Vandekeybus
Le drame infini des spectacles très attendus et qui s’avèrent affreusement décevants. Il en faut bien sûr, c’est le piment d’une saison théâtrale ou d’un abonnement dans une salle de spectacle. Mais quel chagrin quand même. Encore plus grand quand la déception est partagée. Wim Vandekeybus s’est donc approprié le mythe d’Oedipe et s’est lancé dans l’aventure hautement casse-binette de le « réinventer », de le raconter de nouveau. Ahem. Il n’aurait peut-être pas dû s’en prendre à un mythe si connu, si déjà repris par tant d’artistes (dont certains prestigieux). Pourquoi? Parce que nous avons trouvé le résultat bavard, trop long, trop rabâché. Pire: prétentieux et pompeux. Summum de mes horreurs: vulgaire. Le petit prospectus du Théâtre de la Ville parlait de danse viscérale. Non, cher TDV, coller dans un même spectacle un viol d’enfant, une scène de sexe glauque et une lecture d’oracle sordide ce n’est pas viscéral. Quand c’est inutile et mal fait c’est juste vulgaire. Idem pour la
Don Quichotte
Mon anniversaire et l’approche de Noël signifient une chose très importante : le ballet de Noël de l’Opéra de Paris. Je me transforme en enfant de 7 ans tous les ans à la même époque, attendant le soir du ballet comme l’ouverture des cadeaux le 25 décembre au matin. Cette année c’était « Don Quichotte » – signé par Noureev – qui est à l’honneur et à l’affiche. Un ballet inconnu pour moi, un double cadeau donc. Les esprits chagrins diront que le livret est un peu pauvre, et en effet on ne peut pas dire que le scenario soit bien épais, mais qu’importe, ce ballet est si beau. Car c’est bien dans la danse que tout réside. Ce ballet est l’un des plus techniques et des plus difficiles pour les danseurs qui soient. Rudolf Noureev s’est fait plaisir lorsqu’il l’a chorégraphié, des pirouettes insensées, des manèges étourdissants, des changements de rythme et de quart permanents, je n’ose imaginer l’état de fatigue
Voyage au Bangladesh
Certains spectacles et certains artistes vous laissent parfois tellement sur les fesses que vous vous dites que vous avez devant les yeux la preuve de l’existence de Dieu, rien de moins. Parce qu’ils ont la grâce, parce qu’ils sont la grâce, certains artistes géniaux vous réconcilient avec vos semblables que vous trouvez pourtant généralement si médiocres (vous-même en tête). Oui certains humains savent rappeler ce qu’il y a de merveilleux et grand en l’Homme. C’est ce qui s’est produit Jeudi soir dernier au Théâtre de la Ville devant la dernière création d’Akram Khan, le génial chorégraphe britannique, « Desh ». « Desh » comme la terre en bangladeshi. Le pays est le pays de la terre et de l’eau, c’est le pays des éléments essentiels d’Akram Khan, c’est aussi le pays de ses parents. Dans le cadre d’un travail sur ses racines et sur l’histoire de son papa, Akram Khan s’est rendu au Bangladesh pendant plusieurs semaines. Il en a rapporté ce sublime spectacle,
