Villa + Discurso

Quel peut être l’apport de l’art à l’Histoire quand celle-ci est tragique et traumatique pour un peuple? Telle est l’étude menée en direct et sous nos yeux dans la pièce chilienne « Villa+Discurso » vue il y a quelques semaines au Théâtre des Abbesses. Comment l’art et avec lui ceux qui le contemple peut-il s’approprier les événements douloureux de notre passé commun parfois tout proche? Comment transmettre? Comment partager? Comment aider à vivre avec « ça », ce passé odieux et cruel? Que faire des lieux marqués par l’inhumanité ? L’art peut-il faire cela? Doit-il essayer de faire cela? Point de pathos, point de description sordide ou larmoyante annonçait le programme du Théâtre de la Ville reçu en Juin, voilà pourquoi j’avais pris de risque de choisir cette double pièce. Voilà pourquoi j’avais coché une pièce dont le sujet est les suites de la dictature Pinochet, l’après barbarie, l’après traumatisme d’événements qui ont 40 ans à peine. Je ne le regrette pas (et Holy

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Le porteur d’histoire

J’aime bien les histoires de pièces de théâtre qui sont des succès par le simple jeu du bouche à oreille. En fait j’aime bien les histoires – et la Grande aussi… Et ses petites histoires aussi – et c’est sans doute pour cela que j’écris ici presque tous les jours depuis 5 ans. Raconter une histoire. Écouter une histoire. Partager une histoire… C’est le sujet même de ce « Porteur d’histoire ». D’un fait divers, d’une anecdote, d’un roman ou d’un petit bout d’Histoire, Alexis Michalik nous embarque dans un récit fantastique impeccablement interprété par ses 5 comédiens. « Le Porteur d’histoire » est donc une pièce qui est née à Avignon. D’abord dans une petite salle de 80 places. Puis l’année suivante dans un théâtre de 200 places. Puis elle est venue à Paris, au Théâtre 13 où 8000 personnes l’ont vue (dont Mr Papillon et moi :-)). Et là son succès est tel qu’en Février elle reprend, au Studio des Champs Elysées.

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Loin de Corpus Christi

Photo © Théâtre de la Ville La pièce n’est plus à l’affiche, je ne sais pas si elle est partie en tournée ou pas, mais je trouvais dommage de ne pas partager avec vous mes impressions sur cette pièce étrange. Une pièce de théâtre dont le sujet et le décor sont une salle de cinéma. Le cinéma américain d’après guerre, son âge d’or, la gloire des studios tels que la MGM. Ses années noires aussi, l’âge de la chasse aux sorcières et de Mac Carthy. Une histoire de quête aussi. Quête d’un acteur à la beauté moderne à couper le souffle, quête de soi, de l’Autre. Quête d’une vérité, d’un idéal, de liberté. Nous voyageons dans le temps et dans le monde, d’Hollywood en 1950, en passant à Paris en 2005 et puis à Berlin aussi, en Novembre 1989. Une histoire d’êtres, de fantômes, d’yeux dans les serrures. De trahison évidemment. Le texte est trop verbeux, le rythme souvent trop

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Volpone

La semaine dernière a été riche en théâtre: « Volpone » mercredi, « Loin de Corpus Christi » jeudi. Un peu beaucoup quand on sait que la famille Papillons (enfin surtout monsieur et madame, parce que Shali…) est surchargée de travail, mais il y a certaines invitations qui ne se refusent pas, « Volpone » fait clairement partie de celles-ci. Point de suspense, nous sommes ressortis du théâtre de la Madeleine enchantés et Mr Papillon très particulièrement enthousiaste. Pourquoi? Le texte d’abord. La pièce originale date de 1606 et je ne sais pas à quelle point son texte a été adapté à la mise en scène plus contemporaine (l’action semble se situer fin XIXème), mais il est d’une actualité assez stupéfiante. Que ce soit tatie Liliane, tonton DSK, nos chers riches et autres évadés fiscaux, cette pièce parle d’eux. A tel point que cela provoque des rires et des exclamations surpris dans le public lors de certains échanges ou répliques. Croquignolet, acide et jouissif à la

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Doris Darling

« Peggy? Elle te congèle un homme à vingt pas ; tu n’as pas vu la petite lumière quand elle ouvre la bouche? » Après le plaisir d’être invitée au cinéma, voici le plaisir de l’être au théâtre. M’offrirait-on des chaussures ou des sacs, je n’arriverais probablement pas à la accepter, mais des places ou des entrées pour des manifestations culturelles, là je suis euphorique et tellement ravie de pouvoir partager ça avec vous! « Doris Darling » n’a rien de classique, trèèèèèèès loin de là. AbFab meets Voici, le tout sous une plume britannique acide comme eux seuls savent le faire. C’est trash, déjanté, vulgaire et grossier comme il faut, mais surtout hilarant. Texte tellement jubilatoire que je l’ai acheté en sortant du théâtre et que je rie toute seule dans le métro en le lisant. Comme Mr Papillon je trouve que les musiques d’introduction entre les actes étaient trop fortes voire pas indispensables, mais Marianne Sergent m’a tellement scotchée et fait hurler

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