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Début de saison en fanfare

Commencer sa saison théâtrale avec Pina Bausch et sa troupe extraordinaire est un sacré bonheur.
Cette saison 2016-2017 est un peu spéciale: le Théâtre de la Ville va fermer dans quelques semaines pour de longs mois de rénovation. Nous avons initialement cru que la saison s’arrêterait à ce moment-là et que nous n’aurions que très peu de spectacles cette année. Il n’en est rien, le Théâtre de la Ville se délocalise et est hébergé par plein de célèbres lieux de spectacles parisiens.
De la crainte de ne pas avoir de théâtre ou danse contemporains cette année nous passons à la joie d’en voir, dans des lieux que nous fréquentons peu ou ne connaissons pas du tout.

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Cette saison du Théâtre de la Ville commence malgré tout hors les murs, de l’autre côté de la place, au Théâtre du Chatelet et son décor classique. Par « Viktor » donc.
Une oeuvre de trois heures, créée en 1986, à Rome. Pina hors les murs également. Créée à Rome mais qui sent la Sicile à plein nez, tout en étant du pur Pina.
Tous ses codes, tous ses fétiches sont là, même si la gifle manque un peu de puissance (du nerf jeune fille!): l’eau, les airs des années 30, ses beaux ensembles de couples, les tentatives de violence faites à des femmes toujours puissantes, l’absurde, la drôlerie, les grands mouvements de cheveux qui devraient faire de l’Oréal un mécène obligatoire de la troupe.

« Viktor » fait partie des oeuvres enjouées et drôles de Pina, et ce même si Mr Papillon a eu l’impression que le décor était une tombe (avec un fossoyeur passant tout le spectacle à jeter des pelletés de terre sur la scène), toute la pièce est traversée d’humour et d’absurde qui font franchement rire le public, comme l’arrivée de moutons sur scène ou une vente aux enchères d’objets divers puis de chiens, une femme transformée en fontaine à laquelle deux messieurs très propres sur eux viennent se laver.
Et puis il y aussi la Pina un peu effrayante qui met une femme sans bras et en robe rouge au milieu de la scène (la Vénus de Milo du XXème siècle), qui met en scène une agression ou nous offre un Viktor dont on ne sait pas bien qui il est (un professeur de danse tyrannique très à l’ancienne?) mais qui est tout sauf sympathique.

Enfin et surtout il y a toute la poésie de Pina avec cette chaîne de danseurs qui évoluent par deux collés les uns aux autres mais tout en douceur, ses danseuses qui font des anneaux comme on ferait de la balançoire, en robe du soir (parce qu’il n’y a que comme cela que c’est amusant), ses mouvements d’ensemble tellement élégants et puis ses choix de musique qui me touchent*
Trois heures c’est long mais avec Pina et sa troupe elles passent en un clin d’oeil, et elles font un bien fou. Cette saison démarre vraiment en fanfare.

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* et dont je vous mets deux extraits qui m’ont tellement plu. Je n’ai pas trouvé les versions exactes utilisées, mais ce sont ces chansons.

 

Une réflexion sur “Début de saison en fanfare

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