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As you like it (very much!)

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Ça y est, notre saison théâtrale 2014-15 est terminé. Quelle année et quel final!
Notre tout dernier spectacle de cette saison était la dernière création de Anne Teresa de Keersmaeker intitulée « Golden hours (as you like it) », ou comment elle fait se rencontrer William Shakespeare et Brian Eno.

La musique et le silence tiennent une part extrêmement importante dans le travail de création de Anne Teresa de Keersmaeker, la plupart de ses créations partent d’un choix musical, de plus en plus souvent habillé et mis en valeur par l’usage très important du silence.
Dans nombre de ses créations j’ai été marquée par l’absence de fond musical, et la préférence au souffle des danseurs et au bruit (si familier après mes années de danse) des pieds qui glissent ou sautent sur le plateau. Sont-ce mes années de danse qui me font aimer cet étrange fond sonore qui semble tant déranger le public traditionnel?

Car une fois encore nous avons assisté au spectacle toujours affligeant, ridicule et agaçant du public qui s’en va plus ou moins discrètement en plein spectacle.
« Génération zapping » m’écrivait Philomène sur Twitter. Même chez les « vieux ». Surtout chez eux en fait.
Qui sont donc ces gens qui prennent des places pour un spectacle sans se renseigner au préalable? Qui sont ces gens qui ne peuvent rester 2h15 sur leur siège et respecter le travail des artistes sur scène et en coulisse? Il n’y a rien de choquant ou douloureux sur scène, juste quelque chose que vous ne comprenez pas. Assumez votre erreur et votre paresse et restez jusqu’au bout, avec un peu de chance vous connaîtrez une petite épiphanie avant la fin du spectacle et réaliserez que vous avez eu beaucoup de chance d’être là.

Car c’est ce que j’ai ressenti, et Holly aussi me semble-t-il: Anne Teresa de Keersmaeker nous a montré que la danse pouvait permettre de jouer une pièce de théâtre. La danse comme un langage.
C’est ce que j’ai lu dans les diverses critiques lues sur cette pièce/ballet, et j’avais du mal à imaginer ce que cela pouvait bien donner sur scène. C’est impressionnant et passionnant à regarder.
Attention, je ne dis pas que c’est facile, c’est extrêmement étonnant pendant les premières minutes de représentation. Mais le talent de la troupe et de leur chorégraphe fait que l’on se retrouve embarqué dans « As you like it » et l’on se demande comment l’intrigue va évoluer et comment Anne Teresa de Keersmaeker va faire exprimer tout cela à sa jeune troupe.

Un spectacle magnifique que j’espère avoir le bonheur de revoir un jour.

Pour réécouter la passionnante interview de Anne Teresa de Keersmaeker sur Inter, c’est ici.

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Golden Hours (as you like it)
Au Théâtre de la Ville

Une réflexion sur “As you like it (very much!)

  1. Hello !
    Je suis tombée sur votre article un peu par hasard. Je vous trouve très dure et injuste.
    J’ai été à une des représentations et moi aussi je suis partie en plein pendant la représentation. J’ai pris des places pour un spectacle de danse contemporaine, je n’y ai pas été à l’aveuglette, mais 2h15 de danse dans le silence le plus absolu et accompagné de passages de Shakespeare (qu’apparemment la chorégraphie ne retranscrivait pas) c’était particulièrement compliqué à apprécier. Je suis une bonne spectatrice du Théâtre de la Ville et sincèrement, je pense que cette pièce n’était pas faite pour les spectateurs. Dans le sens où elle aurait surement mieux convenu à des professionnels. Les choix du silence et de la danse pure, sans décors sont des éléments clivants, je pense que Keersmaeker a pris ces décisions en connaissance de cause.
    Sans juger formellement, j’ai trouvé qu’il y avait un manque de « dialogue » entre les danseurs et le public. Et donner à voir 2h15 sans entracte, ça force les gens à partir de cette seule manière – après tout, notre temps nous appartient, non ? Je paye 40e ma place, cela me donne le droit de venir ou partir à ma guise. Le contrat tacite entre le spectateur et le metteur en scène / chorégraphe. Ce sont aussi les aléas du spectacle vivant : le public peut décider de partir, éternuer, tousser, rire, pleurer…

    Je peux comprendre votre agacement. Mais de là à dire au gens qu’ils se doivent de rester jusqu’au bout coûte que coûte et qu’ils sont ingrats, c’est despotique et snob.

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