Fred & Jean-Baptiste… encore

 

image

Il y a deux grands types de romans chez Fred Vargas (enfin pour moi): ses romans « faciles » et parisiens où elle joue avec la langue, et ses romans préparés où l’on devine un sacré boulot de préparatoire.
« L’homme aux cercles bleus » et « Coule la Seine » sont de la première catégorie, « Pars vite et reviens tard » ou « Temps glaciaires » sont de la seconde.

Dans ces romans-là Fred Vargas ne s’amuse pas qu’avec les mots et le rythme de son histoire et de ses phrases, elle nous crée également tout un univers, lui donne une couleur, un parfum ou une odeur – « L’homme à l’envers » sent le suint à plein nez, j’ai eu l’impression de le lire assise dans une bergerie – un bruit, une atmosphère, une légende et des histoires (si possibles à dormir debout, elle est vraiment française jusqu’au bout).
Ce que ces romans plus complexes ont de génial et de commun c’est qu’ils nous emmènent ailleurs (et nous donnent envie de prendre un billet d’avion pour l’Islande ou un camping car pour aller visiter le Mercantour) et vous rappellent que nous venons d’un pays à l’Histoire ancienne et riche, mais aussi riches de milliers de légendes et autres contes de nos campagnes.

Je ne sais pas comment elle fait mais mélanger ainsi la révolution française et l’Islande ou les loups-garous et le Mercantour est loin d’être évident voire méchamment casse-gueule. Mais ça marche. Comme son histoire de vampires et de tueur en série (« Un lieu incertain »).
A priori c’est improbable, mais à chaque fois dame Vargas nous embarque… À moins que cela ne marche que grâce à ce rêveur d’Adamsberg dont la voix – via la plume de son auteur – nous endort, nous envoûte et nous maraboute, nous faisant gober importe quelle histoire.

J’ai adoré retrouver Adamsberg dans le Mercantour derrière cet étrange loup trop grand et trop cruel. Les montagnes lui réussissent à notre Pyrénéen.
J’ai aimé passer du temps avec Camille que l’on ne croise qu’en coup de vent et entre deux trains dans l’homme aux cercles. Elle est « son penchant naturel », et en refermant le bouquin je le comprends.
Sol et le Veilleux sont des personnages géniaux, gentiment barrés et très attachant. Je goûterais bien un verre de vin de Saint-Victor (attention il est piégeux) avec le vieux berger qui ne descend que rarement de ses alpages mais parle par téléphone portable avec George Gershwin (sa brebis de tête) pour s’assurer que son troupeau survit sans lui (mouais, bof, visiblement elles supportent mal son absence ses brebis). Enfin s’il veut bien. Je crois que je m’entendrais bien avec Interlock (son chien), du coup j’aurais peut-être droit à mon verre.

Bon bref j’ai adoré « L’homme à l’envers ». La bétaillère m’a fait penser à notre petit campervan néo-zélandais et je commence à me dire que quelques jours ainsi dans nos beaux massifs un peu sauvages ne me déplaieraient pas. Vivre dans une boîte d’allumettes, de nourrir de bon fromage, un peu de jambon, quelques tomates et du bon vin, ça me plait bien comme idée.
Bon évidemment Fred Vargas écrit des romans, on sait ce qu’on y fait de la réalité dans les romans…

Plus brièvement, « Coule la Seine » est un recueil de nouvelles parisiennes de Fred Vargas. Point d’escapade dans des endroits exotiques ou de légende dans ces trois courts textes, plutôt des exercices de style très réussis de la grande dame du crime.
Les mots, leur rythme, l’atmosphère de chaque nouvelle est un petit prodige: Fred Vargas les adaptant et les utilisant à la perfection pour construire ses récits et nous emmener au plus près avec elle, Jean-Baptiste et Adrien. Trois nouvelles parisiennes, trois mondes à part entière, trois enquêtes très disparates d’Adamsberg, trois facettes de son talent.
Comme vous me lisez-là je viens de dévorer « Pars vite et reviens tard » que j’avais adoré et « Sous les vents de Neptune »… On en reparle prochainement, j’ai eu un coup de cœur incroyable pour ce dernier opus que j’avais pourtant déjà lu à sa sortie.

Une réflexion sur “Fred & Jean-Baptiste… encore

  1. Cela faisait longtemps que je n’avais pas fait un tour sur on blog et je suis ravie d.avoir retrouvé tes jolis billets. Nous avons tellement de centres d’intéret en commun : les spectacles, les lectures, les voyages, la mode, le maquillage, Paris… Sans oublier l’amour des chats. Tu es un peu comme une petite sœur en ligne😉 Je t’embrasse. PS : les tangos pump Valentino de la frame de droite t’iront à merveille😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s