Carte postale new-yorkaise: des souliers et de la cuisine

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En ce mardi nous attaquons les choses sérieuses: souliers et grande cuisine. Et un saut dans l’un des temples mondiaux de la culture contemporaine – non pas l’Apple Store bande de sapajous – qu’est le MOMA et son divin jardin des sculptures.

Lorsque nous avons commencé à planifier notre voyage j’avais dit que la seule chose que je souhaitais rapporter comme souvenir était une paire de Manolo Blahnik.
Lorsque j’étais venue la première fois j’avais traîné mes parents et ma sœur jusqu’à la boutique en sortant du MOMA. Nous étions dimanche, le magasin était à l’époque fermé le dimanche, je n’avais pu qu’admirer la petite vitrine. Cette fois-ci je voulais non seulement entrer dans la boutique mais aussi y acheter une paire de souliers… Si je trouvais mon bonheur.

Autre souhait new-yorkais pour notre voyage: découvrir quelques belles tables et le travail de quelques chefs réputés. Au programme Nougatine by Jean-Georges et Le Bernardin.
Pour le déjeuner de ce mardi, c’est Nougatine…

Ce qu’il y a de bien avec le jetlag c’est que vous êtes réveillé tôt. Résultat à 8:30 ou 9:00 vous êtes sur le pont et déjà en train d’arpenter la ville.
Le temps étant toujours aussi clément nous sommes partis à la découverte de notre quartier – le Lower East Side, LES pour les intimes – de Nolita, Soho et Greenwich avant de remonter vers le centre de Manhattan, le MOMA, Central Park, Manolo et Jean-Georges.

Ces quartiers sont charmants, calmes et plutôt apaisés par rapport à leurs voisins plus au Nord et accessoirement des pièges à carte bleue. Tout ce qui se fait de chic, trendy, hype ou élégant est là. La même chose pour ce qui est bon et gourmand.
La balade est très agréable, Mr Papillon supportant même mes demandes d’entrer dans les magasins – spacieux, aérés et à l’accueil très chaleureux – ou à mes envies d’aller regarder les vitrines locales de Comptoir des Cotonniers, Bonpoint, Ladurée ou L’Occitane. Car oui tout ce beau monde est là aussi.

Lorsque nous allons prendre le métro j’ai ma première paire de Converse à la main, comme quoi tout arrive. Il suffisait de m’emmener à New-York.
Basses et blanches les Converse, on commence par les bases.

Et chez Manolo Blahnik alors?
Le Paradis, en mieux.

La boutique n’est pas très grande, guère plus qu’une boîte à chaussures… Ce doit être le métier qui veut ça, je trouve que Mr Louboutin a un peu le même syndrome.
Les chaussures sont évidemment incroyables et fabuleuses, mais les photos interdites, vous devrez me croire sur parole.
Quant à l’accueil, cœur avec les doigts, Kathy qui s’est occupé de nous a été un ange, rien de moins. En la matière les Américains peuvent donner des leçons au monde entier: souriants, amicaux, forts en « small talk » qui met à l’aise, on se croirait chez des potes, même dans cette boutique si intimidante pour moi qui me dis toujours que je n’ai rien à faire dans une boutique de luxe.
J’ai commencé par essayer une somptueuse paire de BB suede bleu nuit en 10 cm. La nuance est folle, le soulier fabuleusement confortable et le décolleté très sexy. Et l’air de rien elles sont portables, très portables pour moi qui aime prendre un peu de hauteur.
Mr Papillon est d’accord, mais il sait aussi que tous les modèles un peu fous – et notamment les modèles en satin de couleur et à grosse boucle en strass – me font briller les yeux.
Sauf que le rêve a un certain prix, voire un prix certain. Damned…

Pour voir je glisse mes pieds dans des escarpins recouverts de satin bleu nuit, à belle boucle strassée, talon 10 cm. Le bout est arrondi, la chaussure plus resserrée sur le pied, c’est à tomber tant c’est élégant.
Le prix aussi mais on ne vit qu’une fois, on ne vient pas à New-York tous les jours et on a un mari qui dit qu’elles seront aussi sublimes dans la bibliothèque à côté de nos livres et que peu importe si je les porte peu. Il est même prêt à les financer en partie.
Je cède, et ressort de la boutique la gorge nouée et les larmes au ras des cils – chacun ses émotions – mon sac jaune à la main et mes souliers de Cendrillon au chaud dans leur boîte.

Le Paradis en mieux, Saint Pierre s’est avéré être une jeune femme complètement adorable et de bon conseil.
Nous pouvons passer à table. Direction le 1 Central Park West.

Si vous vous dites que cette journée n’est pas assez dingue, New-York va en rajouter une petite couche. Jean-Georges – le maître des lieux, le chef étoilé a la tête d’un joli petit empire gastronomique – est dans la salle. Oui, oui, il est là, dans la cuisine ouverte de son « adresse bis ».
Si vous me suivez depuis quelques temps vous savez combien les chefs de grands restaurants qui sont vraiment là me touchent et comptent dans mon appréciation de leur prestation. Nous n’avons pas osé demander à féliciter le chef de vive voix – cela se fait et s’est fait devant nous – mais nous avons fait honneur à la cuisine de cette délicieuse Nougatine aux fenêtres donnant sur les arbres de Central Park.

Menu fixe entrée, plat et dessert pour 38$ par personne, vrai service et cuisine étoilés, laissez vous faire, tout va merveilleusement se passer.
Jean-Georges a réussi à me faire manger du fenouil – délicatement grillé, accompagné de chèvre frais, olives savoureuses et vinaigrette citronnée – et à goûter le tartare de thon et sa marinade au gingembre de Mr Papillon qui « tabassait sa maman » et plutôt deux fois qu’une. Saveurs, textures, épices, couleurs, des entrées époustouflantes.
Mon escalope milanaise était parfumée et croustillante à souhait, son accompagnement de scarole et menthe cuites – non seulement il me fait manger du fenouil mais il me fait manger de la salade cuite, ce type est un génie! – rafraîchissant comme il faut pour alléger la panure exquise de l’escalope. Le saumon de Mr Papillon est décevant: cuit à la perfection, mais le poisson manque de goût et semble plein d’eau. Dommage car la sauce aux fruits de la passion et la pomme de terre toute grillée qui l’accompagnent sont délicieux.
Au dessert retour au « tabassage de maman » en règle et aux orgasmes de papilles. Le gâteau au chocolat qui a fait la renommée du maître des lieux me ramène instantanément en enfance, dans la cuisine de Mamie lorsque je léchais le fond de son plat orange dans lequel elle venait de faire un gâteau (complètement dingue le gâteau de Mamie!). Mes papilles en frétillent encore!
Quant à la cream cheese ice cream de Mr Papillon, avec ses figues rôties et ses framboises, comment dire? Refill please!!!!
Le petit Riesling new-yorkais qui nous a été servi avec était parfait, le service absolument impeccable, nous sommes ressortir 2 grosses plus tard complètement enchantés de notre déjeuner. Avec une grosse envie de faire la sieste aussi.

Nous avons été visiter le MOMA plutôt.
Toujours cette grande émotion devant les toiles de Van Gogh et Monet, toujours l’émerveillement devant les demoiselles d’Avignon et le jeune homme au cheval.

Un peu chargée en émotions cette journée…

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4 réflexions sur “Carte postale new-yorkaise: des souliers et de la cuisine

  1. à l’époque où j’allais à new york pour le boulot, mon hôtel se situait dans la rue de Manolo, derrière le MoMa et je m’amusais tous les matins en partant bosser à regarder cette vitrine minuscule.
    j’ai depuis une paire de manolo, flat qui l’eut cru et zébrée car c’est plus rigolo.
    vivement la suite, profitez encore bien

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