Mère Courage

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Je crois que c’est la première fois que cela nous arrive: nous n’avons pas tenu jusqu’à la fin d’un spectacle.
Pas qu’il ait été mauvais, bien au contraire, mais je crois qu’il faut admettre un truc affreux: nous vieillissons, et 3h30 de spectacle un lundi soir et alors que la semaine s’annonce chargée, ce n’est plus possible.

Nous n’avons donc pas vue la seconde partie de cette incroyable « Mère Courage » de Brecht présentée par le Berliner Ensemble au Théâtre de la Ville.

Le Berliner Ensemble c’est comme Pina Bausch ou Emmanuel Demarcy-Mota, il suffit que nous voyions leurs noms dans le programme pour que nous prenions des places.
Cette troupe est géniale, ils peuvent et savent tout jouer. En Allemand, oui, et alors? Les sur-titres donnent les explications, nous n’avons pas besoin de plus.
Et c’est là que l’on voit la force et la magie d’une grande troupe, j’ai beau ne pas parler leur langue, la richesse et la précision de leur jeu permet la compréhension et l’émotion.

Je crois ne jamais avoir lu Bertolt Brecht, mais ce que j’ai vu lundi soir m’a donné envie de le faire.
Nous nous attendions à quelque chose de difficile et inaccessible pour le commun des mortels. Ce ne fut pas du tout le cas, bien au contraire.
Cette mère Courage est universelle et éternelle. Peu importe que l’action  soit sensée se passer pendant la Guerre de Trente Ans, elle est de toute les guerres, depuis la nuit des temps.

Mère Courage c’est le récit de ce qu’il en coûte finalement à l’humain de vouloir danser avec le diable de la guerre pour s’enrichir.
Si la mère Courage promène sa carriole sur les routes, allant de champ de bataille en champ de bataille c’est pour nourrir ses enfants et leur donner le meilleur. Las commerce et la maternité font visiblement mauvais ménage car le succès de l’un se fait aux dépends des enfants de Anna.
Mais rien ne l’arrête jamais, les larmes ne coulent pas longtemps, les dents sont bien vite serrées et la carriole repart toujours pour aller chercher l’argent où il est.

Malgré les chansons et l’humour de certains échanges entre les protagonistes c’est glaçant à regarder.
Cette femme peut-être nous, mais elle m’a surtout fait penser à notre société dans son ensemble, notre monde qui a élevé l’argent et la richesse en idole et est prêt à leur sacrifier l’humain, la compassion, le respect, la liberté ou la sureté. Le miroir est aussi nécessaire que dur à regarder.

C’est le mystère qu’il me reste à élucider en achetant le texte de la pièce: que fait Anna lorsqu’il ne lui reste plus que sa carriole et son triste commerce?

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Mère Courage (et ses enfants)
De Bertolt Brecht ; mise en scène Claus Peymann ; par le Berliner Ensemble
Jusqu’au 26 Septembre 2014 au Théâtre de la Ville.

2 réflexions sur “Mère Courage

  1. ne culpabilise pas, je me suis endormie à Brecht (Opera de 4 sous, très bon spectacle pourtant) il y a… 14 ans. J’avais donc 14 ans de moins, j’étais donc « jeune ». Ben j’ai dormi qd même!! 🙂

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