En attendant… Anne Teresa de Keersmaeker

Jeudi dernier Mr Papillon avons retrouvé avec plaisir le Théâtre de la Ville et la troupe d’Anne Teresa de Keersmaeker dont nous avions tant aimé le dernier spectacle pour découvrir « En attendant », sa création 2010, présentée l’été dernier à Avignon, dans un cloître, en lumière naturelle, à la tombée du jour.

J’ai regretté d’avoir manqué un tel spectacle car le lieu et la mise en scène sont clairement symboliques du travail actuel d’Anne Teresa de Keersmaeker: épure, simplicité, fusion avec les éléments naturels.

Impossible d’avoir un cloître ou un soleil couchant sur la scène du Théâtre de la Ville, mais l’esprit de ce soir de Juillet 2010 était symbolisé par un fin trait de terre déposé sur la scène et un savant jeu de lumière qui nous a doucement fait glisser dans la nuit noire.

Sur scène, une petite dizaine de danseurs (hommes & femmes), deux musiciens et une chanteuse lyrique.

La musique nous offre un voyage jusqu’aux sonorités du Moyen-Age ; la danse un voyage jusqu’aux origines de la danse et du mouvement.

Difficile de mettre des mots précis sur les gestes des danseurs.
Ils m’ont parfois fait penser à des arbustes ou des roseaux, ondulants au gré du souffle de la flûte (une sorte de flûte à bec géante) qui les accompagne ; ou a des machines par leurs gestes mécaniques.
A moins qu’ils ne soient des paysans penchés sur le travail de la terre. Ou de preux chevaliers luttant contre des ennemis imaginaires.
Et puis ils marchent. Ils transforment ce simple geste si essentiel en un rythme, en une sorte de mélodie sur le sol. Et ils courent, s’entremêlent, s’enchevêtrent, semblent se nouer.

Si difficile à décrire mais qui donne une sensation tellement primale, originelle, profondément naturelle.

Les costumes – ou non-costumes serait-il plus précis de dire – participent sans doute à cette impression.
Tissu noir sur peau nue des femmes dont les bras et les jambes ressortent d’une manière incroyablement charnelle.
Torses nus des hommes… jusqu’à ce que la nuit absorbe complètement leur corps nu. Sensation étrange en voyant un danseur nu sur scène (alors que nous sommes tellement habitués à voir celui des danseuses) mais dont le malaise disparaît lorsqu’on réalise à quel point l’obscurité a tout envahi. Et que la seule chose qui peut ressortir dans un tout petit filet de lumière, c’est l’éclat de la peau.

Mr Papillon n’a pas aimé ce spectacle, le physique très sec des danseurs et des danseuses l’a dérangé au point de lui gâcher le spectacle.
Et c’est vrai que les danseurs de la troupe d’Anne Teresa de Keersmaeker n’ont rien de classique et qu’ils sont minces à l’extrême.
Je crois qu’en l’occurrence ma petite expérience en terme de danse et de spectacles de danse m’a fait passer à côté de cet aspect du spectacle pour me focaliser sur le mouvement.

Nous allons voir « Rain » dans quelques semaines à l’Opéra Garnier, j’espère que cette fois-ci mon Papillon de mari retrouvera son enthousiasme de Rosas!

Une  courte vidéo qui donne un aperçu du spectacle original pour finir.

Une autre vidéo visible ici.

 

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« En attendant » – Anne Teresa de Keersmaeker
Théâtre de la Ville

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