Le donneur de bain

Le théâtre c’est souvent comme ça: vous allez voir une pièce (Face au Paradis en l’occurrence) et vous voyez l’affiche de la prochaine pièce annoncée dans ce théâtre et vous vous dites « à surveiller ».
C’est donc ce qui s’est passé pour « Le donneur de bain ». L’affiche annonçait Charles Berling, Barbara Schulz et Bruno Wolkowitch. Pas moins.

Si je ne l’ai jamais vue – elle – « en vrai » sur une scène, eux par contre, j’ai eu l’occasion de les applaudir. Le premier en Caligula déjanté en tutu et vernis à ongles, le second en type pas très fréquentable dans « Mademoiselle Julie ».
Et je n’ai pas honte de le dire: je suis fan.

Ces deux messieurs, André Dussollier, Xavier Gallais, Francis Huster, Francis Weber, Fabrice Luchini, Edouard Baer… Mettez-les sur une affiche de théâtre et normalement je m’arrête devant et essaie d’avoir des billets.

« Le donneur de bain » donc.

Le pitch était assez étonnant: fin du XIXème les gens qui ont de l’argent se paient les services d’un homme dont le savoir-faire est l’art du bain. Et bien évidemment, cette fonction est propice aux confidences. Les langues se délient en même temps que la crasse disparaît dans l’eau du bain.

Mouais.

Et puis en fait la métaphore est évidente, ce n’est pas tant des corps à laver qu’il est question que des âmes qui les habitent.
Cette pièce à la mise en scène déjantée est un bonheur. Elle titille avec humour les limites de la bienséance et de la morale, elle surprend, choque joyeusement, émeut et surtout offre à ses excellents comédiens un fabuleux terrain de jeu.

Tous les personnages sont savoureux, ni bons ni mauvais mais souvent pris à leurs propres travers.
Leurs interprètes sont excellents. Tous, sans exception. Un régal.
Berling grandiose dans son rôle de donneur de bain philosophe, psychanaliste qui essaie de laver éternellement les souillures maternelles, Schulz charmante et perverse à souhait en amoureuse professionnelle (qui s’invite à la corbeille tout près de nous pendant quelques instants… Et l’héroïne sort de son cadre!), Wolkowitch inouï en monstre amoureux et malade ; Pralon savoureux en homme politique  le jour, cabot le soir.
Les seconds rôles – si on peut vraiment les appeler ainsi tant ils sont bien présents et riches – ne sont pas en reste: Marie Denarnaud est pétillante à souhait en sœur toute dévouée et irrémédiablement attachée à son aînée qui se perd ; Dimitri Rataud est un comédien qui a se cherche mais un amoureux bien trouvé et Geoffrey Carey est absolument irrésistible dans son rôle d’aristo qui se ruine pour sa belle et oscille entre petits jeux pervers, son prie-dieu et maman, un petit régal.

Un dernier mot au sujet du décor: un fabuleux carrousel pour adulte, manège infernal qui entraîne les personnages dans le tourbillon des intrigues. Fantastique !!!!

Comme souvent j’arrive après la bataille et cette pièce s’arrête samedi soir. Il reste néanmoins des places, courez-y si vous êtes à Paris cette semaine!!

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Le donneur de bain
Théâtre Marigny
A 21h, jusqu’au 10 Juillet 2010

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