Le songe d’une nuit de Noël

Il est des rêves d’enfant qui nous suive et nous accompagnent alors que nous grandissons.
Des rêves tenaces qui restent au chaud dans un recoin de notre cœur et grandissent avec nous.

Pas forcément des rêves audacieux et immenses, mais de vrais rêves d’enfant dont on pense, lorsqu’on a 10 ans qu’ils seront bien difficiles à réaliser.

Ce rêve que je viens de réaliser est un rêve gigogne, un rêve à plusieurs mains.
Un rêve de rêve.

Voir un jour le rêve de la petite Clara sur la scène de l’opéra de Paris.

Casse-Noisette, puisque c’est de spectacle dont il s’agit est probablement mon ballet préféré.
J’ai regardé le film de Noureev une douzaine de fois. J’ai rêvé des pas, des mouvements, des tableaux. Mes pieds ont mimé certains pas.
Il suffit que j’entende quelques notes du livret pour que mon imagination s’envole. Quelques images de l’un des mouvements me figent et m’hypnotisent.

Toutes les petites filles qui ont un jour chaussé des chaussons de danse ont probablement projeté leur amour pour cet art sur l’un des ballets du répertoire.
Casse-Noisette, avec son univers enfantin, sa gaité, sa fantaisie est rapidement devenu mon ballet préféré.

J’ai passé ma journée de vendredi dans la fébrilité tant j’avais hâte d’être au soir.
Impossible de me concentrer correctement sur mon travail ou mes tâches de la journée. Mes pieds semblaient vouloir m’échapper à tout instant pour esquisser un entrechat ou une arabesque.
La tête ailleurs, les pieds prêts à prendre leur indépendance…une journée dans la peau d’une petite fille qui attend LE cadeau.

J’étais tellement impatiente que j’ai pressé Mr Papillon de venir me rejoindre de bonne heure, pour boire un verre avant le spectacle.
Venant de moi qui déteste les bars de Bastille, il y a de quoi se dire qu’il se passe vraiment quelque chose de spécial.

19h arrive enfin, et nous pouvons rejoindre nos places, au 2ème balcon de l’Opéra Bastille.
Nous sommes haut, très haut, mais idéalement situé en plein milieu du rang. Nous avons une vue parfaite sur l’orchestre et l’immense scène.
Il faut attendre encore quelques minutes. Nous regardons le public qui s’installe: des familles, des couples, des groupes d’amis, des néophytes ou des habitués au contraire, reconnaissables à leurs petites jumelles que je regrette une fois de plus de ne pas avoir achetées.
Je feuillette mon ELLE que Mr Papillon a eu l’excellente et délicate idée de m’apporter.

Une drôle de cacophonie monte de l’orchestre qui s’accorde, s’échauffe, se met en place.
Vendredi soir avait lieu la première, l’excitation et le stress devaient donc aussi être à son comble dans la fosse et dans les coulisses.

Et puis la lumière diminue et s’évanouit complètement, et les premières notes du prélude se font entendre.

Le rideau s’ouvre sur une rue et la façade d’une belle demeure bourgeoise.
Sommes-nous à Paris, Londres, Vienne ou Saint Petersbourg, je ne sais pas, mais mon rêve vient de commencer.

Lorsqu’on réalise un rêve on craint toujours que la réalité ne soit très éloignée du rêve, que finalement réaliser le rêve ne l’abime, ne l’écorche, ne le diminue.

Mon rêve de Casse-Noisette est sorti embelli de la réalité.
Tout m’a enchanté: la grâce de Clara, la folie et la drôlerie des petits rats et ce dans tous les sens du terme, la splendeur des décors, l’éclat des costumes, les prouesses éblouissantes des danseurs, qu’ils interprètent un grand-père bondissant, un Chinois bondissant ou un prince complètement charmant, la joie immense provoquée par la musique.

Cette musique qui me met les larmes aux yeux sur certains passages, qui me bouleverse et me submerge.

J’ai entendu ma petite fille intérieure rire, applaudir, retenir son souffle tout au long du spectacle. Elle était là, assise sur mes genoux, les yeux écarquillés et le coeur en joie, admirant les pirouettes et les arabesques des danseurs. Là, au cœur de cet opéra qu’elle désirait tant visiter.

10 réflexions sur “Le songe d’une nuit de Noël

  1. Quelle chance, ce devait être un spectacle fabuleux…
    J’adore Casse Noisette, je l’ai vu il y a bien longtemps avec ma grand mère à l’opéra garnier et j’ai même interprété Clara petite pour le ballet de mon cours de danse (dans la salle des fêtes de Cires les Mello! que de souvenirs!)

  2. Mon ballet préféré !
    Toutes les musiques font part intégrante de mon ipod et j’ai été le revoir l’année dernière au grand théâtre de Bordeaux : sublime comme toujours !

    • Ah bah non, les jolies histoires ne doivent pas faire pleurer (bon, ok, moi aussi j’avais les larmes aux yeux en admirant le ballet…). Bisous!!

  3. Quelle chance ! Cela devait être féérique.
    Il y a 2 ans, je l’ai vu sans les décors à cause d’une grève. Mais j’ai eu plus de chance qu’une de mes copines qui l’avait vu la veille sans les décors ni les costumes ! 🙂

    • Sans les décors ça doit passer plutôt bien. Sans les costumes… ce doit être un peu moins sympa.
      Remarque, ça fait ressortir le talent des danseurs…

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