Niki de Saint Phalle au Grand Palais

image

C’était l’expo phare de la rentrée, je n’ai pas la télévision, mais vu comme on en a entendu parler à la radio et sur les sites des journaux, je ne doute pas que le battage médiatique ait été intense également sur petit écran.
Enfin une grande rétrospective consacrée à cette grande artiste contemporaine que tous les parisiens connaissent grâce à la fontaine installée à deux pas de Beaubourg.

L’œuvre de Niki de Saint Phalle donne la même impression que celle de Jeff Koons (l’autre artiste dont on parle beaucoup cette saison à Paris): elle donne l’illusion de l’accessibilité et de la simplicité enfantines, qu’il n’y a rien à comprendre et que tout n’est que rose vif et joyeux (je caricature).

Comme pour Jeff Koons lors de notre visite new-yorkaise, il suffit d’entrer dans l’exposition pour comprendre que notre perception et appréciation de ces œuvres sont bien mauvaises. Il suffit de regarder un peu plus attentivement et dans les détails pour comprendre instantanément que ce qui a l’air mignon est moins simple et beaucoup moins gai que ce que nous pensions.
Voire nous sommes presque à l’opposé de ce préjugé.
(J’avoue avoir souri en voyant la tête des parents accompagnés d’enfants devant le contenu des premières salles: non l’œuvre de Niki de Saint Phalle n’est pas faite pour les enfants, renseignez-vous vraiment avant d’y aller)

 Bien sûr les Nanas – enfin certaines – et les sculptures présentées dans les fabuleux jardins créés par Niki de Saint Phalle sont joyeuses, colorées, rassurantes, mais pour le reste nous sommes très loin du monde des Bisounours.
Et si j’adore toutes ces fabuleuses Nana, les Totem, les sculptures délirantes et colorées, j’ai trouvé bien plus passionnant de découvrir le reste du travail de Niki de Saint Phalle et notamment en apprendre bien davantage sur ses célèbres séances de tir.

L’exposition présente bien sûr plusieurs des œuvres crées selon cette méthode, mais elle présente aussi plusieurs films montrant et expliquant le travail autour de ces tirs.
Mon préféré est celui qui montre une séance de tir publique, avec des tireurs qui étudient minutieusement les œuvres et cherchent comment effectuer des tirs qui auront les effets les plus beaux ou les plus spectaculaires.
Quant au film « Daddy », il est encore plus glaçant que je ne le pensais. Je ne sais pas si l’effet serait aussi fort si on ignorait l’origine de ce film, mais je le ressens vraiment comme de l’art-thérapie, comme la quintessence de ce que peut être l’art: transcender et transformer le « mal » et la douleur en autre chose et en beau.
Ce qui est intéressant avec ces tirs, c’est qu’on ne peut en manquer la violence, tirer au révolver ou à la carabine sur quoi que ce soit est violent. Voir ces différents tirs nous a davantage choqués que tous ceux que nous pouvons voir au cinéma. En cela aussi l’art est intéressant, il exploite un objet violent pour le rendre utile et créateur, mais en même temps nous en rappelle toute l’horreur intrinsèque. Fascinant!

La scénographie de l’exposition nous a beaucoup plu car elle est très didactique et permet de comprendre l’évolution du travail de Niki de Saint Phalle. Je me suis sentie accompagnée dans la découverte du travail de mademoiselle de Saint Phalle, et c’est important lorsqu’on découvre une œuvre plus complexe qu’attendue.

Dans son ensemble l’exposition diffuse une belle énergie et l’on ressort avec le sourire, le sentiment de s’être enrichi et d’avoir appris davantage sur l’art, notre monde moderne et la psyché humaine… pas du tout ce à quoi on s’attendait en arrivant au Grand Palais où l’on venait plutôt voir une expo colorée, gaie et légère.
A voir absolument donc, mais en connaissance de cause, l’œuvre de Niki de Saint Phalle est bien plus profonde que ne laisse imaginer la fontaine Stravinsky.

________________________________
Niki de Saint Phalle
Galeries Nationales du Grand Palais
Jusq’au 2 février 2015

3 réflexions sur “Niki de Saint Phalle au Grand Palais

  1. « l’œuvre de Niki de Saint Phalle n’est pas faite pour les enfants »:c’est un peu comme la star des écoles maternelles,j’ai nommé Keith Haring! j’ai eu un choc en allant voir l’expo qui lui a été consacrée l’an dernier.My god!!! (c’est le cas de le dire).
    Sinon,je partage complètement ton avis,et,moi aussi,j’ai particulièrement apprécié la salle du tir à la carabine et les vidéos.Quand à Jeff Koons,ce fut une révélation car je n’y suis allée (au Centre Pompidou) que par curiosité et avec un à-priori plutôt négatif et j’ai découvert cet artiste finalement.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s