« Huis Clos » de Jean-Paul Sartre – Théâtre des Abbesses

La semaine dernière a été assez chargée au niveau culturel: 2 pièces de théâtre, 2 cinés. Autant dire que la grève de la RATP m’a sérieusement pourri la vie…comme ce fut le cas de quelques millions de personnes d’ailleurs. Encore merci pour votre égoïsme exemplaire les gars!!

Huis_closPremière pièce de la semaine: « Huis clos« . Nous avons assisté à une lecture d’un texte de Simone de Beauvoir la semaine dernière, nous poursuivons dans la même période.
J’aime beaucoup l’oeuvre de Jean-Paul Sartre, j’adore « Huis clos« , la moitié du travail est fait, reste à voir ce que valent la mise en scène signée Michel Raskine et l’interprétation.

La mise en scène d’abord. C’est la première fois que je vois une pièce mise en scène par Michel Raskine. Le nom est illustre. Je sais juste qu’il est associé à la modernité et à l’audace, et qu’il aime la danse contemporaine. Cela se voit, ses comédiens habitent tout l’espace, sautent, courent, montent sur les éléments du décor, se roulent par terre, rampent, se cajolent, s’agressent. J’ai rarement vu ça au théâtre. Le décor est hallucinant et me fait penser aux œuvres néo-réalistes que j’ai vues il y a quelques mois au Grand Palais. Mais après tout, Sartre et les Néo-réalistes étaient contemporains, et la folie du texte et des personnages s’y prête. Un tas de chaises par-ci, un portant couvert de cintres par-là, des bassines et des seaux pleins d’eau, des armoires métalliques, et les 4 canapés des héros de l’histoire. Il n’y a que 3 personnages clés, plus le garçon dans l’œuvre de Sartre. Raskine y a ajouté un Christ aux mains liées qui fait une drôle d’impression. Ce personnage immobile, à la tête baissée est un peu perturbant. Cette mise en scène violente est une réussite. On sort de la pièce en se disant que l’enfer c’est les autres, et c’est nous-même aussi. C’est peut-être même essentiellement nous-même.

L’interprétation maintenant. Eblouissante. 4 personnages seulement, en voici la distribution: Guillaume Bailliart incarne le Garçon ; Cécile Bournay est Estelle Rigault ; Marief Guittier est Inès Serrano et Christian Drillaud Joseph Garcin. La pièce est pour Michel Raskine une re-création. Il l’avait monté il y a une quinzaine d’années, avec Marief Guittier et Christian Drillaud dans les mêmes rôles. L’expérience doit être intéressante pour les 2 acteurs. Marief Guittier est une Inès troublante et incisive à souhait. Sa silhouette androgyne est parfaite pour incarner l’homosexuelle rapace qui pousse Garcin dans ses retranchement et trouble la belle Estelle. Cécile Bournay incarne une Estelle faussement naïve et sans défense à merveille. Elle passe de manière magistrale de la sainte-nitouche effarouchée et innocente à la perverse avide de sexe et sans scrupule. Quant à Christian Drillaud, il est juste impressionnant. Il joue le lâche, le cruel et le faible de manière plus que convaincante.
La pièce est admirablement servie par cette brochette de comédiens impeccables.

Inutile de dire que K., Holly et moi sommes sorties du théâtre enchantées par ce que nous avions vu.

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