« Myth » de Sidi Larbi Cherkaoui au théâtre de la ville

 

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Photos © Théâtre de la Ville.

Jeudi soir dernier le programme c’était ballet. « Myth« , la dernière création de Cherkaoui pour être précise. C’est le premier spectacle  de l’abonnement au théâtre de la ville que nous a pris Holly, j’ai donc hâte de voir.
La danse et moi c’est une vieille histoire d’amour, 7 ans de danse classique ça laisse des traces, et notamment un vrai goût pour toutes les formes de danse.
« Myth« . Tout un programme.
Un décor d’abord: des musiciens en l’air (comprenez perchés sur une petite plateforme en hauteur), des rayonnages de bibliothèque couverts de livres, un squelette, des soupiraux, des bancs, un miroir et une immense porte fermée.
De la musique ensuite: très étrange cette musique, à la fois très présente et…que je suis incapable de décrire. Le programme parle de musiques espagnoles et italiennes anciennes. Peut-être. Elle avait quelque chose de lancinant et un peu hypnotisant en tout cas.
Que raconte « Myth« ? Une histoire humaine en plusieurs chapitres. J’ai d’abord cru que Cherkaoui nous racontait une histoire. Puis j’ai eu l’impression d’explorer nos rêves, nos peurs, nos souvenirs, nos fantasmes avant de me dire que nous nous étions sans doute juste promenés dans les rêves, les peurs, les souvenirs et les fantasmes du chorégraphe.
Finalement peu importe dans la tête de qui nous errons pendant ce spectacle, ce que nous y voyons est universel. Dans « Myth » on voit des êtres et leurs ombres. Ou du moins des êtres et des ombres qui sont parfois les leurs.
La première image que j’ai de ces ombres, c’est que je le suis dit « oh! des cafards! ». Désolée pour les danseurs, mais ce à quoi ils m’ont fait penser. Ils rampent, glissent, se faufilent, s’infiltrent, brrrr, ils m’ont fait un peu froid dans le dos. On ne sait pas s’ils veulent jouer avec les êtres ou s’ils sont là pour les hanter, les blesser, leur faire peur ou les détruire. Les danseurs qui les interprètent sont impressionnants en tout cas. A la fois danseurs, acrobates et contorsionnistes, ils prennent possession du plateau de manière impressionnante.
Quand aux êtres, on croise un bibliothécaire un peu pédophile, une petite fille fort mal embouchée, une drôle de « vieille » bonne femme, un être hilarant et 200% androgyne/sexuellement désorienté (fille? garçon? on ne sait plus trop), une jeune femme qui essaie de garder le contrôle avant de perdre totalement les pédales, un homme normal (enfin en apparence), une très grande demoiselle à très longues jambes, des nouveaux nés assez effrayants, bref un joli tas d’êtres plus bizarres les uns que les autres. Tout se petit monde se croise, s’affronte, joue, plaisante, fait des blagues assez terribles et pas toujours très fines mais qui m’ont beaucoup amusée (« your mother is so dumb that even Rice crispies wouldn’t talk to her! » ou « your mother is so big that when God said « let their be light » he also said « move your fat ass » »), se mélange, se fuit. Et finissent tous à la porte.

Le spectacle souffre très clairement de quelques longueurs. Il perd parfois son rythme et j’ai eu une ou deux fois l’impression que la musique allait me faire sombrer dans le sommeil. Néanmoins ça reste un ballet superbe et impressionnant.  J’ai trouvé tous les pas de deux absolument sublimes de grâce et de sensualité, un régal pour les yeux.

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