Au théâtre dernièrement

J’ai de nouveau pris beaucoup de retard dans mes compte-rendus de spectacles.
Le boulot occupe un peu trop mon esprit même lorsque je ne suis pas au bureau, je manque d’énergie, et parfois c’est la simple envie de prendre la plume qui me fait défaut.

Empty moves

Mais voilà, mercredi soir nous avons vu un spectacle incroyable et forcément l’envie de vous en parler a été presque immédiate (mais il était 23h15, j’avais le nouvel iPhone de Mr Papillon à configurer… oui, ça y est, il est entré dans le XXIème technologique :-) ).
Le spectacle en question c’est « Empty moves » (I, II et III) d’Angelin Preljocaj, par sa compagnie.

On va remettre les choses au clair tout de suite, ces « moves » sont tout sauf « empty ». « Free » – dans tous les sens du terme: gratuits et libres – sans aucun doute, mais absolument pas vides.
J’ai pris une claque, là, assise dans mon fauteuil au troisième rang du Théâtre Sarah Bernhardt. Et une claque multi-facettes qui plus est.
Un niveau de danse spectaculaire, une performance physique hallucinante, un plaisir de danser comme rarement vu sur une scène.
Parce que oui, les 4 danseurs ont eu l’air de prendre un pied d’enfer en dansant pendant 1h45 sans interruption. Des sourires, des clins d’œil, une complicité tangible, une énergie individuelle et de groupe folle, bref une troupe magnifique et dont on sent qu’elle fait son métier autant avec son corps qu’avec son cœur.

Et parlons de la chorégraphie et de l’histoire de ce ballet construit en continu depuis 2004.
Son titre est une réponse (ou un hommage?) à une œuvre sonore de John Cage de 1977 intitulée « Empty Words ». L’enregistrement de cette performance – un poil agitée, et à l’italienne s’il vous plait – sert de support sonore au ballet.
L’oeuvre de Cage ne raconte rien. Enfin, raconte quelque chose (un texte du poète américain David Thoreau) mais de manière incompréhensible. Le ballet ne raconte donc pas d’histoire, il n’y a rien à y comprendre. D’où « l’emptiness » des titres.
Mais si le ballet n’a pas d’histoire précise à nous raconter, il nous fait malgré tout passer par beaucoup de sensations et sentiments.
Cela faisait longtemps que je n’avais pas tant souri ou ri pendant un spectacle de danse que pendant celui-ci. Cela faisait très longtemps que je ne m’étais pas extasiée de la sorte, que je n’avais pas autant guetté les trouvailles suivantes de l’auteur et de ses interprètes.

Je crois que lorsqu’on libère un très grand chorégraphe de la contrainte de devoir raconter et servir un argument précis et qu’on le laisse ne faire que de la danse, on ouvre la porte à une créativité encore plus grande et encore plus jouissive.
Angelin Preljocaj est un chorégraphe extraordinaire, de la trempe des Pina Bausch ou Merce Cunningham qui montre que servir son art est une obsession constante et aime ses danseurs.
Il faudrait que je vous parle de ces gestes parfaits dignes des plus grands artistes classiques ; de ces assemblages quasi magiques de corps qui se touchent, se parlent, glissent les uns sur les autres, s’emportent, se guident ; de ces sauts qui auraient plu à Noureev ; de ces pas de deux sublimes ; de ces pantomimes facétieuses et amusantes mais j’avoue je ne saurais pas leur faire justice en les décrivant. Allez voir ce spectacle, c’est la seule solution!

Avant de finir, un mot sur la performance de John Cage: elle était bizarre, c’est le moins que l’on puisse dire. Mais ce n’est pas elle qui est intéressante au final, ce sont les réactions du public italien qui la rendent géniale. Ça s’énerve, ça crie, ça siffle, ça fait de la musique avec les sièges du théâtre, bref, ça vit pendant que John Cage poursuit sa performance de 2h totalement imperturbable. J’ai eu l’impression que cette bande son n’était là que pour nous « hypnotiser » et laisser notre cerveau se focaliser complètement sur les 4 danseurs.

Voilà, « Empty Moves » est au Théâtre de La Ville jusqu’au 28 Février. Je crois que c’est sold out, mais si jamais il y a une tournée ou si vous vivez à Aix en Provence (là où est basée la compagnie Preljocaj), je ne peux que vous recommander de prendre des places.

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Avant cela nous avions vu une pièce très très étrange: « Six personnages en quête d’auteur ».
Cette pièce signé Luigi Pirandello est la dernière mise en scène d’Emmanuel Demarcy-Mota, le brillant directeur du Théâtre de la Ville, avec la troupe du théâtre avec laquelle il travaille toujours. Enfin dernière, façon de parler, Demarcy-Mota ne cessant de prendre et reprendre cette pièce qui par ailleurs voyage beaucoup (elle doit être jouée à Singapour prochainement ai-je lu)
Comme pour « Rhinocéros« , « Victor ou les enfants au pouvoir« ,  « Ionesco, suite » et « Le faiseur« , Emmanuel Demarcy-Mota a choisi un thème universel, toujours éminemment moderne et signe une mise en scène ultra-léchée qui m’a beaucoup plu.

L’idée de la scène qui s’étend jusque dans le public amplifie encore l’impression de mise en abîme du texte et de proximité de cette histoire pourtant hautement improbable. Les éléments du décors sont simples et très communs, mais complétés de voiles qui font et défont l’espace, voilent et dévoilent l’action et de lumières qui façonnent les lieux et hantent les visages servent à la perfection l’intrique et la mise en scène.
Mise en scène brillante donc, interprétation évidemment impeccable, avec des coups de cœur (et de peur tant les personnages sont parfois glaçants) pour Hugues Quester, le Père ; Valérie Dashwood, la Belle-Fille séduisante et venimeuse et Alain Libolt, le Metteur en Scène. Comme les danseurs de Preljocaj sont des artistes incroyables, il en est de même ici avec la troupe du Théâtre de la Ville.

Parce que venons en au « challenge » de ce spectacle: le texte qui met souvent mal à l’aise tout en étant assez génial.
Imaginez un peu une pièce de théâtre, jouée par des comédiens sur la scène d’un théâtre dont le sujet est l’histoire d’une troupe de théâtre en train de répéter une pièce avec son metteur en scène et soudain envahis par six personnages laissés en plan en cours de création par leur auteur et qui en cherche un nouveau pour résoudre leur intrigue.
Une pièce sous forme de Matriochka, vous voyez?

Il se trouve que l’intrigue abandonnée de nos personnages en quête de bonne âme pour les finir est tragique et assez glauque, qu’ils ont de méchants et sordides conflits familiaux non réglés et vont se montrer assez cruels avec notre troupe de comédiens qui tentent de s’approprier leurs rôles et histoires.

Cette pièce parle bien évidemment du théâtre, du travail de création, de l’appropriation et de l’interprétation, mais devant le malaise que certains passages ont suscité dans le public, bien sûr que la pièce nous parlait aussi de nous, de la construction de notre identité, de notre tentative d’être le plus possible les acteurs et les maîtres de notre existence.

Nous sommes ressortis de là assez secoués. Si vous y allez, allez-y en connaissance de cause et en ayant plutôt la patate.

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Pour finir, un autre spectacle générateur de malaise: Don Giovanni de Mozart, vu à l’Opéra Bastille début Février.

Rien de gênant dans l’œuvre de Mozart, rassurez-vous, c’est toujours aussi sublime.
Et le Don Juan de ce soir là était fabuleusement servi par Erwin Schrott (comme toujours: je n’y connais rien, mais j’ai adoré l’interprétation et la voix de ce chanteur), dangereusement séduisant à souhait.

Non le malaise est venu de la mise en scène de Michael Haneke, parfaite dans la première partie du spectacle; nettement moins bonne et un peu trop tirée par les cheveux ensuite.
Nous avons passé tout le premier acte à avoir l’impression que l’intrigue se déroulait au siège du FMI à Washington ou au Sofitel de New-York et que le Don Juan devant nous était un potentiel présidentiable français aux appétits sexuels un poil trop développés (doux euphémisme).

La version de Don Juan de Mozart est très noire. Pleine d’humour, mais très cynique et sombre aussi. Son Don Giovanni est un vrai prédateur sexuel.
Cet homme est prêt à tout – et même au pire – pour obtenir son plaisir.
Il était donc très tentant et très bien vu de le projeter au XXIème siècle, de le vêtir en costume-cravate et de le faire s’en prendre aux femmes de ménage de ce grand building de verre très aseptisé et sans âme.

Nous avons trouvé que la mise en scène ne fonctionnait plus aussi bien pendant le second acte et que la fin était assez loupée, mais cette version reste intéressante à voir. J’ai adoré l’humour glacial de Michael Haneke.
« Don Giovanni » sera de nouveau à l’affiche la saison prochaine, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

Bonne journée les amis!

Un week-end chez la petite sirène

Oui j’aime faire des photos abstraites lorsque je prends l’avion. N’est-il pas sublime ce lever de soleil?

C’était mon quatrième? Cinquième voyage à Copenhague peut-être?
J’y suis venue régulièrement ces dernières années pour le boulot. J’aime beaucoup notre équipe nordique, et il y a plein de choses à faire avec et pour cette équipe, c’est donc une filiale que j’aime aller visiter.
Et puis l’une de mes amies y travaille, c’est la raison pour laquelle j’ai donc enfin étendu la durée de ma visite pour y passer le week-end.

Bon, disons-le tout de suite, si vous n’avez pas d’amis auxquels rendre visite, n’y allez pas en hiver, il y fait vraiment froid, et la neige n’est pas forcément au rendez-vous pour apporter un charme un peu particulier à la ville.
Préférez la fin du printemps ou l’été pour profiter des longues journées et de températures très agréables (il peut même faire très chaud, l’été dernier le Danemark a connu une canicule!).

Il a fait très froid ce week-end de Janvier où j’ai atterri aux aurores à Copenhague, nous avons donc pas mal écourté nos sorties et visites en extérieur, et avons plutôt éclusé les boutiques de déco qui sont aussi folles et inspirantes que vous l’imaginez, et aussi chères que vous pouvez le craindre (la population danoise fait partie des plus riches d’Europe, les prix sont donc en conséquence).

Rassurez-vous, mon amie A. m’a tout de même emmenée saluer la petite sirène que je ne connaissais pas.
Je l’ai trouvée ravissante et très émouvante, mais ai compris pourquoi A. me disait toujours que j’allais être déçue par son environnement. Quelle drôle d’idée de ne pas avoir davantage soigné l’environnement de cette jolie demoiselle. Heureusement qu’elle a des cygnes qui lui tiennent compagnie et apporte le romantisme auquel on s’attend lorsqu’on pense à la petite sirène.

Et puis évidemment on ne se refait pas, nous avons très très bien mangé. Non parce que deux françaises en goguette, ça aime manger de bonnes choses, même si les locaux ne sont pas de grands « foodies ». Et A. a d’excellentes adresses que je vais partager avec vous.

Mais revenons à Copenhague et aux boutiques de déco…
Un passage chez Illums Bolighus et Royal Copenhagen dans le centre de Copenhague est obligatoire.
Illums Bolighus est Le Bon Marché local dont les rayons décoration et décoration enfants sont somptueux. Je ne sais pas combien de temps nous avons passé dans ce magasin, mais nous nous sommes régalées de porcelaines fabuleuses, bougies et autres photophores aux lignes sobres et épurées, mobilier aux courbes et noms mythiques, vaisselle parfaite, coussins qui donnent envie de repenser son canapé. Heureusement que tout est cher sinon on repartirait avec un semi-remorque de meubles et accessoires de déco.
Royal Copenhagen est LE temple de la très belle porcelaine danoise au décor parfait de classicisme et de sobriété. Je suis ravie que notre service anglais en soit si proche sinon j’aurais pu songer à vouloir tout changer pour investir dans ces merveilles

Nous avons aussi été explorer le Mall Field’s qui regorge de boutiques de déco et art de vivre.
J’ai évidemment poussé des cris chez Bahne où l’on trouve comme chez Illums de très jolis objets déco et de la vaisselle, mais un peu plus accessibles et ai envisagé d’emménagé directement dans la boutique Bolia.com, oui, rien que ça. J’ai adoré les meubles de bois clair, les grands canapés et les ravissants fauteuils design et confortables, les belles suspensions couleur cuivre, la rangée de tissus classés par couleur (what else?), les jolis détails de mise en scène, à peu près tout en fait.

En fait je veux redécorer notre appartement avec ce que l’on trouve dans ces boutiques qui démontrent que contrairement à ce que l’on voit et se fait chez nous quand on parle de style scandinave, les intérieurs danois ne sont pas tout blancs (loin de là!) mais très cozy.

Nous sommes évidemment passées chez Lego, passion enfantine et passion très contemporaine de Mr Papillon pour découvrir la mise en scène actuelle du magasin du centre de Copenhague, et voir si je pouvais trouver un petit cadeau à rapporter à mon amoureux (un mini-chat très rigolo).
Et puis nous avons fait une halte au Disney Store, et là je ne sais pas ce qui s’est passé, mais j’ai semble-t-il péter un mini-boulon et suis repartie avec plein de Tsum Tsum.

Et comme je vous le disais nous nous sommes régalées grâce aux très bonnes adresses de A.

Commençons par les cafés, avec le café Nordern et le café Europa, tous deux situés autour de la Stork Fountain.
A. nous avait emmenés au café Nordern lors d’une précédente visite. Nous avions adoré le décor, les vitrines remplies de beaux desserts, la manière dont des plats assez classiques avaient été revus et corrigés et les jolis cocktails.

Cette fois-ci c’est le café Europa que nous avons testé pour un déjeuner très tardif. Je crois que j’ai encore plus aimé l’Europa que le Nordern… je ne sais pas, il faudra que nous retournions au Nordern pour vérifier :-)
L’atmosphère est délicieuse, parfaitement nordique et parfaitement chaleureuse, idéale pour un brunch ou un déjeuner entre filles donc.
Les plats sont plus classiques mais excellents. Je me suis régalée de mon assiette de tartines danoises traditionnelles absolument délicieuses et qui m’ont réconciliée avec les harengs.

Passons aux choses plus sérieuses avec un fabuleux restaurant argentin.
Je ne suis pas sûre d’être capable de vous donner une adresse de resto argentin à Paris, mais je peux vous recommander celle-ci. Nous y avons fait un véritable festin!

Asador est installé le long de l’un des canaux qui donnent tant de charme à Copenhague et cultive un décor contemporain, patiné de jolis détails plus anciens.
A. et moi avons pas mal débattu au sujet des tables et des chaises du restaurant qui clairement pourraient être « montées en gamme » pour être à la hauteur de la carte et des vins. Il faudra que nous y retournions pour finaliser notre séance de consulting.

Dans l’assiette et dans les verres, pas de débat par contre, tout est délicieux: viande dingue et parfaitement cuite évidemment, purée de pommes de terre maison impeccable, salade croquante et divinement assaisonnée, champignons à l’aïoli à mourir et crème brûlée à la dulce de leche mémorable. Je n’ai malheureusement pas retenu le nom de mon vin (la sélection du mois) mais il était parfait avec ma pièce de bœuf.

 

Pas donné évidemment (comme tout au Danemark) mais d’un rapport qualité-prix parfait.

Nous avons également été diner chez Stick’n’Sushi, une chaîne qui mixe cuisine japonaise avec des saveurs plus nordiques. C’est très réussi et je me suis régalée!

 

Ayant séjourné chez mon amie, je n’ai pas testé d’hôtel, mais peux vous redonner l’adresse de celui où j’avais séjourné il y a 5 ou 6 ans, que j’avais adoré et que nous avons retrouvé par hasard en passant devant en voiture: l’Avenue Hotel, un « boutique-hotel » charmant dont les chambres cosy et le petit-déjeuner m’ont laissé un excellent souvenir.

On résume! Et pour commencer une petite carte des lieux:

Carte Copenhague_5

Hôtel:
Avenue Hotel Copenhagen
Åboulevard 29
1960 Frederiksberg

Cafés:
Nordern Café
Østergade 61
1100 København K

Café Europa 1989
Amagertorv 1
1160 København K

Restaurants:
Asador
Overgaden Neden Vandet 17
1414 København

Stick’n’sushi
Lyngby Hovedgade 43
2800 Lyngby

Boutiques:
Illums Bolighus
Amagertorv 10
1160 København

Royal Copenhagen
Amagertorv 6
1160 København

Petite pause au milieu des souliers

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Les évènements de ce début Janvier m’ont laissée sans voix, et sans capacité à écrire à leur sujet. Je suis toujours dans un certain état de choc et le chagrin est très grand, il faudra du temps pour s’en remettre. Je me décide enfin à publier ce billet rédigé tout début Janvier, juste avant de partir pour Londres avec Hélène ♥.

Je crois que ce sera l’évènement marquant de 2014 pour ma penderie: je crois que mon shoesing va connaître une petite pause.
Les souliers de rêve sont arrivés à la maison et ma wishlist, si elle n’est pas vide, ne contient rien qui ne puisse attendre quelques mois, voire une année.

Bien sûr les Tango rouges sont hautement désirables (en plus d’être infiniment confortables) et seraient délicieuses à mes petits pieds.
Évidemment ces loafers Church’s seraient la parfaite paire de souliers tous terrains pour le printemps et l’été, comme les Burwood le sont en ce moment même.
Si vous insistez je vous confirmerais que je n’aurais absolument rien contre une paire de boots cavalières parfaites comme Church’s sait si bien les faire.
Bien sûr.

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Oui mais voilà, j’ai acquis ces dernières années tant de jolis trésors qu’il est temps de faire une pause et de profiter de ces merveilles.
Arrêter de regarder dans les vitrines cette herbe qui me parait plus verte que dans mon shoesing, arrêter de regarder ce que je pourrais avoir et savourer ce que je possède. Avec une collection pareille ce serait un crime!

Le grand point commun de ces paires: leur intemporalité et leur confort. Oui, même les Manolo et leurs 10cm de talons. Si ces escarpins ne l’avaient pas été, je les aurais laissés dans la boutique. A ce niveau de prix là le confort n’est pas une option, un soulier doit être fabuleux à regarder, et agréable à porter.

Je continue bien sûr à porter mes Repetto multicolores et mes Annabel Winship amusantes et poétiques, mais pendant l’année passée j’ai surtout eu envie d’acquérir ces piliers de shoesing qui manquaient encore au mien.
Sans surprise, dès leur arrivée mes Ronron nude, mes Burwood et mes Dicker sont devenues de favorites immédiates. Elles signent la silhouette avec laquelle je les porte sans jamais voler complètement la vedette. Bien sûr on les remarque et on me complimente à leur sujet, mais elles ne piquent pas la vedette à ce que je porte au dessus, et c’est appréciable lorsqu’il s’agit d’une chemise adorée ou un manteau fétiche.
C’est le propre des piliers, non? Soutenir tout le monde en étant soi-même remarquable?

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Et puis ces derniers mois je sature complètement de ce principe de « je consomme beaucoup et cher donc je suis ». Marre de ce que projettent les blogs mode et Instagram, marre de voir des vêtements portés une fois aussitôt revendus ou remplacés par d’autres.
Depuis quand est-il devenu ringard de porter, reporter et user ses vêtements? Depuis quand les vêtements de créateurs sont-ils devenus aussi jetables que ceux de H&M? On marche sur la tête ou suis-je la seule à le penser?

Voilà des semaines que je porte en permanence les mêmes pièces*. Je me dis que je dois être bonne pour la penderie réduite**, comme je suis enfin prête au mini-sac après 9 mois heureux de mini Pliage Longchamp. Mon désir d’un Rohan de La Contrie n’est donc pas une lubie idiote, et un an plus tard je le trouve toujours aussi parfait, il va être temps d’investir.

Autre apprentissage de cette année passée: je suis en train de devenir intraitable avec la qualité de ce que je porte (voire suprêmement casse-pied), ce qui implique nécessairement moins de choses puisque le propre de la qualité c’est souvent son coût.
Dans ma dernière lecture on recommandait de toujours acheter le plus haut niveau de qualité que l’on puisse s’offrir. Je vous le dis, c’est un véritable engrenage cette histoire, plus on accède à de la grande qualité, plus elle devient un nouveau standard. Gardons donc la tête froide et restons raisonnables.

Et vous? Quoi de neuf dans vos penderies et shoesings?

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* Mais avec des souliers différents, et ce sont eux qui changent tout. On sait pourquoi je les aime tant!
** Pas pour le shoesing réduit donc, ils sont la poudre de perlinpimpin qui transforme radicalement une tenue sans la modifier elle-même.

Niki de Saint Phalle au Grand Palais

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C’était l’expo phare de la rentrée, je n’ai pas la télévision, mais vu comme on en a entendu parler à la radio et sur les sites des journaux, je ne doute pas que le battage médiatique ait été intense également sur petit écran.
Enfin une grande rétrospective consacrée à cette grande artiste contemporaine que tous les parisiens connaissent grâce à la fontaine installée à deux pas de Beaubourg.

L’œuvre de Niki de Saint Phalle donne la même impression que celle de Jeff Koons (l’autre artiste dont on parle beaucoup cette saison à Paris): elle donne l’illusion de l’accessibilité et de la simplicité enfantines, qu’il n’y a rien à comprendre et que tout n’est que rose vif et joyeux (je caricature).

Comme pour Jeff Koons lors de notre visite new-yorkaise, il suffit d’entrer dans l’exposition pour comprendre que notre perception et appréciation de ces œuvres sont bien mauvaises. Il suffit de regarder un peu plus attentivement et dans les détails pour comprendre instantanément que ce qui a l’air mignon est moins simple et beaucoup moins gai que ce que nous pensions.
Voire nous sommes presque à l’opposé de ce préjugé.
(J’avoue avoir souri en voyant la tête des parents accompagnés d’enfants devant le contenu des premières salles: non l’œuvre de Niki de Saint Phalle n’est pas faite pour les enfants, renseignez-vous vraiment avant d’y aller)

 Bien sûr les Nanas – enfin certaines – et les sculptures présentées dans les fabuleux jardins créés par Niki de Saint Phalle sont joyeuses, colorées, rassurantes, mais pour le reste nous sommes très loin du monde des Bisounours.
Et si j’adore toutes ces fabuleuses Nana, les Totem, les sculptures délirantes et colorées, j’ai trouvé bien plus passionnant de découvrir le reste du travail de Niki de Saint Phalle et notamment en apprendre bien davantage sur ses célèbres séances de tir.

L’exposition présente bien sûr plusieurs des œuvres crées selon cette méthode, mais elle présente aussi plusieurs films montrant et expliquant le travail autour de ces tirs.
Mon préféré est celui qui montre une séance de tir publique, avec des tireurs qui étudient minutieusement les œuvres et cherchent comment effectuer des tirs qui auront les effets les plus beaux ou les plus spectaculaires.
Quant au film « Daddy », il est encore plus glaçant que je ne le pensais. Je ne sais pas si l’effet serait aussi fort si on ignorait l’origine de ce film, mais je le ressens vraiment comme de l’art-thérapie, comme la quintessence de ce que peut être l’art: transcender et transformer le « mal » et la douleur en autre chose et en beau.
Ce qui est intéressant avec ces tirs, c’est qu’on ne peut en manquer la violence, tirer au révolver ou à la carabine sur quoi que ce soit est violent. Voir ces différents tirs nous a davantage choqués que tous ceux que nous pouvons voir au cinéma. En cela aussi l’art est intéressant, il exploite un objet violent pour le rendre utile et créateur, mais en même temps nous en rappelle toute l’horreur intrinsèque. Fascinant!

La scénographie de l’exposition nous a beaucoup plu car elle est très didactique et permet de comprendre l’évolution du travail de Niki de Saint Phalle. Je me suis sentie accompagnée dans la découverte du travail de mademoiselle de Saint Phalle, et c’est important lorsqu’on découvre une œuvre plus complexe qu’attendue.

Dans son ensemble l’exposition diffuse une belle énergie et l’on ressort avec le sourire, le sentiment de s’être enrichi et d’avoir appris davantage sur l’art, notre monde moderne et la psyché humaine… pas du tout ce à quoi on s’attendait en arrivant au Grand Palais où l’on venait plutôt voir une expo colorée, gaie et légère.
A voir absolument donc, mais en connaissance de cause, l’œuvre de Niki de Saint Phalle est bien plus profonde que ne laisse imaginer la fontaine Stravinsky.

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Niki de Saint Phalle
Galeries Nationales du Grand Palais
Jusq’au 2 février 2015

It’s a wonderful life

Mr Papillon et Holly m’ont permis de commencer l’année avec l’un des plus jolis films qui soit: « La vie est belle » de Frank Capra.

Un beau film de Noël, comme les grands studios américains savaient si bien les faire dans les années 40, même si visiblement le film ne connut qu’un succès très relatif à sa sortie. Son succès s’est construit dans le temps, et aujourd’hui « It’s a wonderful life » est un vrai classique de Noël américain.

Vrai classique mais que je n’avais jamais vu… la honte!
Si vous ne l’avez jamais vu, pelotonnez-vous sur votre canapé avec une couverture douillette, un chat si vous en avez un, un mug de thé ou de chocolat bien chaud et une boîte de Kleenex, parce que oui, même les plus jolis films peuvent faire pleurer… oui, même vous les garçons!
L’action se passe aux États-Unis entre 1919 et 1945, mais le thème du film est totalement universel et m’a semblé d’une actualité criante, et c’est sans doute pour cela que ce film m’a tellement touchée. Vous me direz si cela vous fait la même chose ;-)

Bon week-end les amis!!

 

2015

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La mode actuelle est à la grisaille, la déprime, au goût certain pour le noir, le sinistre, la jérémiade, le « rien-ne-va » et autre joyeusetés.
Dire que cela m’agace est un euphémisme. Loin de moi l’idée de faire le Bisounours et de tout passer à la peinture arc-en-ciel en permanence, mais quand même, cela ne lasse personne de toujours regarder la moitié vide du verre?
Quel est le problème avec l’idée de regarder la moitié pleine et de s’en réjouir?

Donc voilà, oui il y a eu des moments durs et des chagrins en 2014, mais quand même, quelle belle année… une fois de plus!

Je vous souhaite donc – à vous et à tous ceux que vous aimez – une année 2015 souriante, drôle, énergique, folle, excitante, surprenante, cultivée, sportive, gourmande, voyageuse, douillette, renversante, les pieds sur terre et la tête dans les étoiles, parfumée, pétillante, épicée, sucrée.
Qu’elle soit pleine de joie, de fous rires, de sourires de tous les âges, de bonheurs, de bons livres, d’amis, d’amour, de beaux couchers de soleil, de petits matins lumineux, de nuits étoilées, de paysages familiers et tous neufs, d’aventures et de routines rassurantes, de voyages lointains ou intérieurs, de rencontres, de petites épreuves qui feront apprécier tout le reste.

Prenez soin de vous ♥

1h10

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Petit billet deux en un pour vous parler des deux derniers spectacles que nous avons vu au Théâtre de la Ville. Du théâtre puis de la danse, les deux des spectacles exceptionnels que nous ne sommes pas près d’oublier.

« Corbeaux, nos fusils sont chargés » est du théâtre japonais contemporain. Nous avons déjà vu des œuvres allemandes, hollandaises, anglo-saxonnes, argentines, espagnoles et bien sûr françaises, toujours dans le texte – Théâtre de la Ville oblige – mais japonaises, jamais.
Il fallait forcément essayer. Et puis le programme annonçait une pièce mythique.

Nous n’avons pas été déçus de notre escapade japonaise. 1h10 de folie furieuse totalement désarçonnante pour des occidentaux dans notre genre.
Officiellement nous avons vu des grands-mères prendre en otage le tribunal où étaient jugés deux de leurs petits-fils et tout éparpiller façon puzzle. Officiellement.
En réalité je ne suis toujours pas sûre de ce que j’ai vraiment vu, du message convoyé par la pièce, mais je sais une chose: cette pièce extraterrestre doit être vue car dans son étrangeté elle est universelle.
Les deux groupes – les « vieux » et les « jeunes » du Saitama Theater – qui interprètent la pièce sont incroyables, d’une justesse (je ne parle pas japonais mais je sens qu’ils sont justes, c’est tellement étrange, non?) et d’énergie un peu flippante mais contagieuse. J’ai (je crois même pouvoir dire « nous ») adoré la mise en scène presque aussi déjantée que la pièce elle-même. De grands aquariums remplis d’humains (morts ou en train de naître?), des mamies qui descendent du public et se mettent à cuisiner, des explosions, un string violet… et au moment où l’on se dit que tout cela est peut-être trop pour nous, tout s’arrête et l’on reste stupéfait et les yeux écarquillés devant cette étrangeté théâtrale. Il n’y a plus qu’à applaudir les incroyables artistes.
Ils sont un peu fous ces Japonais, mais c’est tant mieux!!

Quant à la danse, c’était lundi soir avec Philomène et Holly (Mr Papillon aime bien céder sa place pour que sa femme et ses amies soient en goguette à la Robe et le Palais et au théâtre). Au programme « Torobaka » d’Akram Khan et Israel Galvan.
Éblouissant.
Prenez un danseur bangladais qui maitrise la tradition du khatak et un danseur sévillan qui vient de la tradition du flamenco et faites les se rencontrer et danser ensemble accompagnés de 4 musiciens et chanteurs. Et bien vous obtenez de la magie. Bande annonce!

Les deux traditions « folkloriques » sont bien là, ce sont les racines des deux danseurs et chorégraphes, on ne doute à aucun moment de leurs origines et de leurs sources d’inspiration. Mais jamais au cours de cette 1h10 on ne voit de danse folklorique, Akram Khan et Israel Galvan nous emmènent ailleurs.
Je crois que c’est à cela que l’on reconnaît les très grands créateurs: ils ne nourrissent intensément des traditions, maitrisent sur le bout des doigts les classiques, et en font tout autre chose, qui s’adresse universellement à tous les chanceux qui assistent à la performance.

Comme Holly les passages de ce ballet que j’ai préférés sont ceux où les deux danseurs évoluent ensemble, comme dans une sorte de pas de deux / corrida / duel infiniment élégant, racé, plein de fougue, mais aussi d’une sacrée technicité.
Nous en avons pris plein les yeux, et sommes tombées sous le charme des jambes et bras interminables d’Israel Galvan. Ce danseur a une présence scénique incroyable, il en aurait presque éclipsé le pourtant si charismatique Akram Khan.
Bref assurez-vous de prendre des places pour ce spectacle s’il passe près de chez vous!

Pour découvrir les coulisses de la création, il suffit d’aller sur ce site Internet (et ça c’est la puissance et la modernité de l’Akram Khan Company).

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Torobaka
jusqu’au 5 janvier 2015
Théâtre de la Ville