Carte postale new-yorkaise: la High Line

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Voilà un endroit new-yorkais que j’avais très envie de voir depuis que j’en avais découvert l’existence puis vu quelques images grâce aux carnets de route de François Busnel sur les auteurs américains: la High Line.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, la High Line est un sentier vert construit sur d’anciennes voies ferrées au Nord-Est de Manhattan. L’endroit est devenu un temple hipster, hype et méga-bobo. Bref tout pour nous plaire à nous les bobos parisiens. A nous et à toute personne aimant un peu la verdure et les choses bien faites. L’endroit est absolument délicieux.

Elle démarre à Gansevoort street et s’achève au niveau de la 34ème rue (ou vice versa), ci-dessous le plan très fait trouvable sur le site des amis de la High Line.

High Line map NYC

La High Line permet de se promener en hauteur et donc loin du bruit dans des quartiers déjà charmants ou en pleine transformation (le Meatpacking district est en pleine et massive reconstruction, waouh!!) et donc de découvrir Manhattan d’une toute nouvelle façon. Génial!
Nous avons fait notre promenade en fin d’après-midi, après notre déjeuner au Bernardin. Le ciel oscillait entre soleil de fin de journée et nuages gris et menaçants, la lumière était dingue.

La High Line est clairement un de nos chouchous new-yorkais, un « must see » et clairement l’un des endroits où nous reviendrons à chaque escapade new-yorkaise.

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Ouvrir les tiroirs de l’histoire

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Retour à Paris, retour dans les fauteuils du Théâtre de la Ville, aux Abbesses cette fois.
Pour un spectacle original, que j’avais choisi en pensant à Mr Papillon: « Schubladen » du collectif She She Pop.
Cela fait plusieurs années que ce groupe de comédiennes allemandes se produit sur la scène du Théâtre de la Ville mais c’est la première fois que nous le voyons.
Le thème du spectacle: les différences entre les Allemandes nées en RFA et celles nées en RDA.

Comme l’a dit très justement Holly au terme du spectacle, pas sûr que ce spectacle puisse dire quoi que ce soit à de jeunes vingtenaires qui n’ont pas connu les 9-10 Novembre 1989.
Parce que ces jours de 1989 sont comme le 11 Septembre 2001, qui était assez vieux pour comprendre ce qui était en train de se passer: vous savez ce que vous faisiez au moment où les frontières se sont ouvertes entre Allemagne de l’Est et Allemagne de l’Ouest.
Je revois clairement la salle de classe dans laquelle notre prof d’histoire nous a réunis pour nous expliquer l’histoire du mur et ce que signifie sa « chute ».

Donc le sujet de ce spectacle nous parle, forcément, et encore un peu plus à Mr Papillon qui a vécu quelques années en Allemagne.

Les « filles » de She She Pop sont géniales. Elles ont réussi à rendre vivant, drôle, passionnant et touchant un sujet pas si simple. Car leur idée est de « régler leurs comptes » au sujet de leurs origines et de leur histoire, avec un petit et un grand « H ».
Assises deux par deux autour de trois tables couvertes de livres, disques, essais, journaux intimes… On parcourt leurs enfances, leurs adolescences en parcourant les livres qui les ont marquées, écoutant les disques qui forment la bande son de leur vie (et quelle bande son, mais où est le disque?!). Femmes nées et éduquées à l’Est et à l’Ouest échangent, s’affrontent, se découvrent des souvenirs communs parfois surprenants (mon Dieu ce Carmen de Katarina Witt sur chaises de bureaux, mythique!!!). Elles ne se comprennent pas, se moquent les unes des autres et ironisent sur leurs préjugés respectifs, mais à l’heure du bilan les différences se floutent, ne viennent plus de là où elles sont nées mais se sont construites sur leurs parcours d’adultes et plus sur leur lieu de naissance.

Jolie mise sous microscope d’une identité allemande tellement complexe… A voir!!

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P.S: La minute féministe ultra agacée par ce que l’on voit dans les média.
Hier soir je cherche sur Google ce qu’il est advenu de la talentueuse Katarina Witt, et la première chose que je trouve, avant le fait qu’elle soit médaillée olympique (bordel!!) c’est ça:

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 Mais on s’en fout de sa taille et de son poids! Indiquez-moi son nombre de médaille, ça ce sera de l’information. Pfff…

 

Carte postale new-yorkaise : At the Met

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Ça n’a pas manqué: vendredi à 20:30 j’étais couchée. Épuisée.
Une journée entière à arpenter les cloîtres puis les couloirs du Met ont eu raison de mon énergie, KO par excès de musée!

Le Met est comme le Louvre, il faut prévoir plusieurs jours pour être capable de le visiter en entier. Il y a tout dans ce musée: le monde entier et quasi toutes les époques.
Forcément on ne sait plus où donner de la tête ni dans quelle direction aller lorsqu’on arrive à une intersection de couloirs.
Ce musée est évidemment un des « must see » de la ville, comme l’Ermitage à Saint-Petersbourg (j’en rêve de celui-ci!) ou le Louvre à Paris. Et ne pas oublier d’y ajouter la visite des cloîtres au Nord de Manhattan, l’endroit et les collections sont assez scotchantes.

<The Cloisters – cliquez sur l’une des photos pour ouvrir la galerie et voir les images en grand>

Disons-le tout de suite, j’ai passé la journée à m’interroger sur la provenance de certaines pièces – et quand je dis pièce je parle aussi de pièces entières venant de châteaux français, italiens et britanniques – qui donnent soudain l’impression comme l’a dit très justement Mr Papillon que le reste du monde a disparu et qu’il n’en subsiste que ce qui est présenté au Met.
La France n’a plus et ne sais plus conserver ses cloîtres, églises et châteaux si on la regarde à travers le prisme de ce gigantesque et incroyable musée.
Comment du mobilier ayant appartenu à la chambre de Louis XIV ou des vitraux de la cathédrale de Rouen peuvent-il se retrouver ici?
Je sais que cela pose aussi la question de ce bel obélisque installé place de la Concorde, je le sais et je comprends très bien que des Égyptiens puissent en être fâchés. Pour la première fois je prends conscience du sujet et je reste très dubitative.

<La collection égyptienne>

Disperser des monuments et des œuvres afin de les préserver de la destruction comme ce fut le cas du temple de Bendur, je comprends complètement, mais emporter des pièces entières de châteaux qui sont très manifestement en bon état et installées dans un pays qui protège son patrimoine (enfin, pas si bien manifestement…), c’est moins facile à comprendre.
J’en conclus que le nobliaux français un peu désargenté n’est pas difficile à convaincre et son mobilier pas bien cher vu la quantité de pièces et objets présentés.

<En vrac les trésors japonais, la peinture française des XIX-XXèmes, les chefs d’oeuvres hollandais du XVIème, l’armure d’Henri VIII, bambi en perles de verre>

Reste que ce musée est passionnant, que leur collection d’œuvres impressionnistes et de sculptures françaises de la fin du XIXème est sublime et que rien que pour cela il faut aller y faire un tour.
J’ai adoré l’aile américaine avec ses sublimes fenêtres de Louis Comfort Tiffany et son atelier, et le salon de Frank Lloyd Wright au style impeccable.
L’aile égyptienne est d’une richesse inouïe. Cela fait longtemps que je n’ai pas été visiter celle du Louvre, mais dans mon souvenir elle est beaucoup moins riche.
Le trésor inca est totalement hallucinant. Les Espagnols n’ont pas réussi à tout piller et fondre, et le peu qu’il reste est incroyable à voir. Quand nos amis manquaient d’or ils travaillaient l’argent de manière tout aussi bluffante. Par contre le concept du « couteau de cérémonie » est assez glaçant quand on se souvient de ce à quoi il servait.

<Le trésor Inca>

 

<L’aile américaine>

Et puis bien sûr il faut monter sur la fameuse terrasse où les new-yorkais viennent pour prendre un verre tant la vue sur Central Park est originale et magique. Soudain nous flottons sur les arbres…

Carte postale new-yorkaise: Lunch at Le Bernardin

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Et de quatre…
Je me suis surprise toute seule en en faisant la liste et ai commencé à sentir une pointe de culpabilité – foutue éducation judéo-chrétienne – vite dissipée.
Nous avons eu le bonheur de tester et savourer la cuisine et le service de quatre merveilles trois fois étoilées par le petit livre rouge (pas celui-là, l’autre, le made in France).

Après beaucoup d’hésitations autour de la « raisonnabilité » de réserver un restaurant trois étoiles à New-York et du fait de devoir prévoir une tenue casual chic avec veste pour Mr Papillon j’ai fini par cliquer sur le bouton « réservation » du site du Bernardin.
Et mettre une alerte dans mon calendrier pour les appeler 48h avant le rendez-vous pour te confirmer notre venue.

Ce restaurant mystique réputé pour sa cuisine de la mer est situé à deux pas de Time Square, ce qui est extrêmement surprenant, et le devient encore plus une fois qu’on a goûté à la sérénité et au calme de l’endroit.
Luxe, calme et volupté sont bien les maîtres-mots de tous ces incroyables restaurants. Vous avez le cafard ou haïssez le monde? Venez passer 2 heures ici, vous sortirez guéri.

Le bar et l’espace destinés aux gourmands qui n’ont pas réservé tout près de l’entrée du restaurant est ravissant. Mais je ne suis pas objective, je tombe à chaque fois amoureuse des bars des beaux restaurants.
Nous sommes accueillis en français, ce qui ne manque pas de nous surprendre agréablement. Il n’y a pas que la cuisine et le chef – Eric Rupert – qui sont français ici.

Notre table est installée dos à la paroi qui sépare le bar de la grande salle, nous avons donc une vue parfaite sur toute la salle. Et cette idée d’installer 2 amoureux sur une table ronde prévue pour quatre est parfaite, nous sommes près l’un de l’autre plutôt qu’en face et nous avons plein de place.

Je n’ai toujours pas réussi à déterminer si notre adorable (et charmant) hôte était français a physique très américain, ou Américain a français impeccable. Mystère, toujours est-il que nous n’avons été choyés et conseillés qu’en français et que c’est très agréable, même lorsqu’on maitrise la langue de Shakespeare.

Au menu pour ces messieur-dame: le tartare de thon rouge au foie gras (recette signature du chef) et les noix de Saint-Jacques au beurre noisette, puis la saumon à l’unilatéral, ses légumes verts et son beurre de cerfeuil et le bar rayé a la sauce au vin rouge et gingembre avec salade de papaye verte et riz rouge du Boutan, et pour finir Pavlova au sorbet noix de coco, ananas rôti et sirop de yuzu et praliné au chocolat et orange confite. Dans mon verre un mélon de Bourgogne californien parfait.
En amuse-bouche des rillettes de saumon à tomber, en mignardise un financier aux framboises léger comme un nuage. Et pour nos 5 ans de mariage et 7 ans de rencontre un parfait à la vanille accompagné de rubans de ganache et une mignonne bougie.
Tout est parfumé – et en cascades les parfums, c’est ça la magie des ces chefs – cuit à la perfection, donc très peu lorsque l’on parle de produits de la mer exceptionnels. La présentation des plats est évidemment impeccable, tous les aliments sont mis en valeur, comme le sera leur saveur ensuite. Les portions sont de la juste taille, j’ai pu aller au bout du repas sans avoir l’impression d’exploser, mais Mr Papillon est sorti de table parfaitement rassasié.
Si je devais émettre une remarque, ce serait: mais enfin c’est quoi ce beurre doux??? Les enfants quand on propose une corbeille de pains maison si variés et délicieux on les accompagne d’un beurre salé. Vous travaillez les produits de la mer bon sang.

Le service est parfait et adorable, très très soigné mais jamais guindé ou pesant. On est choyé, pas sur-couvé.

Tout ça pour dire que si vous venez à New-York, aimez la très grande cuisine et les produits de la mer et pouvez vous permettre ce genre de très beau cadeau, ne vous en privez pas, offrez-le vous, vous en garderez un sacré souvenir.

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Le Bernardin
155 W 51 Street
10019 New-York

Carte postale new-yorkaise: Jeff Koons au Whitney

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Lorsque j’ai découvert qu’une rétrospective Jeff Koons se tiendrait à New-York au moment où nous y serions j’ai fait ma petite danse de joie de grande malade d’expos d’art.
Et Jeff Koons!!!!!!

J’avais adoré son expo au château de Versailles, donc une rétrospective de ses œuvres, voilà qui ne pouvait que me plaire.
Ça tombe bien, Mr Papillon aussi aime bien. Si à Versailles il avait pu se montrer dubitatif, là il est content de pouvoir en apprendre davantage sur le travail de Mr Koons.

Personnellement je me suis régalée, j’adore la manière qu’a Jeff Koons de nous mettre notre monde devant les yeux, à travers son prisme si proche de celui de Warhol ou Duchamp.

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Carte postale new-yorkaise: Brooklyn

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« Les gens qui vivent à Manhattan ne vont pas à Brooklyn. Mais l’une de mes cousines y habite ».
Voilà ce qu’a dit – dans un français impeccable – une élégante manhattanite croisée dans le métro le temps de deux arrêts à Mr Papillon.

Il était plongé dans le guide du Routard en préparation à notre escapade à Brooklyn, et elle dans son plan pliant de New-York.

Son sourire en coin ne dissimulait pas tout l’humour qu’elle mettait dans cette affirmation, j’ai vraiment eu l’impression de m’entendre parler de la perspective d’aller dans je ne sais quelle ville de banlieue que je suis incapable de situer sur une carte.
Les New-yorkais et les Parisiens sont vraiment faits du même bois snob et plein d’humour.

Et bien nous y sommes allés à Brooklyn. En passant par le fameux pont, en s’arrêtant 10.000 fois pour faire 15 millions de photos. Et nous avons adoré ce que nous avons découvert.
Nous avons adoré nous prendre nos clichés de films de gangsters des années 70 dans la tête et tomber sous le charme des quartiers hype et bobo de cette ville charmante et tellement différente de sa voisine.
Il fait bon se promener à DUMBO et Brooklyn Heights et on se surprend à étudier les vitrines des rares agences immobilières croisées pour savoir combien ça coûte de vivre dans le coin. (Cher, très cher, comme les quartiers bobo parisiens)(en vachement mieux niveau prestations, personne n’ose pisser devant votre entrée d’immeuble, contrairement au Xeme ou XIeme).

Bref, entre les vieux entrepôts transformés en lofts déments ou boutiques alléchantes, les beaux brownstones des petites rues arborées ou la balade en front d’Hudson et avec vue sur Manhattan, Brooklyn a tout pour séduire et mérite vraiment d’y passer du temps. Nos quelques heures sur place n’ont permis que d’effleurer la ville et nous donner envie d’y revenir.

Même si notre passage fut bref nous avons réussi à nous régaler d’un chocolat chaud et cookie d’enfer chez Jacques Torres et d’un burger et hot-dog au Shake Shack local.

 

Carte postale new-yorkaise: des souliers et de la cuisine

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En ce mardi nous attaquons les choses sérieuses: souliers et grande cuisine. Et un saut dans l’un des temples mondiaux de la culture contemporaine – non pas l’Apple Store bande de sapajous – qu’est le MOMA et son divin jardin des sculptures.

Lorsque nous avons commencé à planifier notre voyage j’avais dit que la seule chose que je souhaitais rapporter comme souvenir était une paire de Manolo Blahnik.
Lorsque j’étais venue la première fois j’avais traîné mes parents et ma sœur jusqu’à la boutique en sortant du MOMA. Nous étions dimanche, le magasin était à l’époque fermé le dimanche, je n’avais pu qu’admirer la petite vitrine. Cette fois-ci je voulais non seulement entrer dans la boutique mais aussi y acheter une paire de souliers… Si je trouvais mon bonheur.

Autre souhait new-yorkais pour notre voyage: découvrir quelques belles tables et le travail de quelques chefs réputés. Au programme Nougatine by Jean-Georges et Le Bernardin.
Pour le déjeuner de ce mardi, c’est Nougatine…

Ce qu’il y a de bien avec le jetlag c’est que vous êtes réveillé tôt. Résultat à 8:30 ou 9:00 vous êtes sur le pont et déjà en train d’arpenter la ville.
Le temps étant toujours aussi clément nous sommes partis à la découverte de notre quartier – le Lower East Side, LES pour les intimes – de Nolita, Soho et Greenwich avant de remonter vers le centre de Manhattan, le MOMA, Central Park, Manolo et Jean-Georges.

Ces quartiers sont charmants, calmes et plutôt apaisés par rapport à leurs voisins plus au Nord et accessoirement des pièges à carte bleue. Tout ce qui se fait de chic, trendy, hype ou élégant est là. La même chose pour ce qui est bon et gourmand.
La balade est très agréable, Mr Papillon supportant même mes demandes d’entrer dans les magasins – spacieux, aérés et à l’accueil très chaleureux – ou à mes envies d’aller regarder les vitrines locales de Comptoir des Cotonniers, Bonpoint, Ladurée ou L’Occitane. Car oui tout ce beau monde est là aussi.

Lorsque nous allons prendre le métro j’ai ma première paire de Converse à la main, comme quoi tout arrive. Il suffisait de m’emmener à New-York.
Basses et blanches les Converse, on commence par les bases.

Et chez Manolo Blahnik alors?
Le Paradis, en mieux.

La boutique n’est pas très grande, guère plus qu’une boîte à chaussures… Ce doit être le métier qui veut ça, je trouve que Mr Louboutin a un peu le même syndrome.
Les chaussures sont évidemment incroyables et fabuleuses, mais les photos interdites, vous devrez me croire sur parole.
Quant à l’accueil, cœur avec les doigts, Kathy qui s’est occupé de nous a été un ange, rien de moins. En la matière les Américains peuvent donner des leçons au monde entier: souriants, amicaux, forts en « small talk » qui met à l’aise, on se croirait chez des potes, même dans cette boutique si intimidante pour moi qui me dis toujours que je n’ai rien à faire dans une boutique de luxe.
J’ai commencé par essayer une somptueuse paire de BB suede bleu nuit en 10 cm. La nuance est folle, le soulier fabuleusement confortable et le décolleté très sexy. Et l’air de rien elles sont portables, très portables pour moi qui aime prendre un peu de hauteur.
Mr Papillon est d’accord, mais il sait aussi que tous les modèles un peu fous – et notamment les modèles en satin de couleur et à grosse boucle en strass – me font briller les yeux.
Sauf que le rêve a un certain prix, voire un prix certain. Damned…

Pour voir je glisse mes pieds dans des escarpins recouverts de satin bleu nuit, à belle boucle strassée, talon 10 cm. Le bout est arrondi, la chaussure plus resserrée sur le pied, c’est à tomber tant c’est élégant.
Le prix aussi mais on ne vit qu’une fois, on ne vient pas à New-York tous les jours et on a un mari qui dit qu’elles seront aussi sublimes dans la bibliothèque à côté de nos livres et que peu importe si je les porte peu. Il est même prêt à les financer en partie.
Je cède, et ressort de la boutique la gorge nouée et les larmes au ras des cils – chacun ses émotions – mon sac jaune à la main et mes souliers de Cendrillon au chaud dans leur boîte.

Le Paradis en mieux, Saint Pierre s’est avéré être une jeune femme complètement adorable et de bon conseil.
Nous pouvons passer à table. Direction le 1 Central Park West.

Si vous vous dites que cette journée n’est pas assez dingue, New-York va en rajouter une petite couche. Jean-Georges – le maître des lieux, le chef étoilé a la tête d’un joli petit empire gastronomique – est dans la salle. Oui, oui, il est là, dans la cuisine ouverte de son « adresse bis ».
Si vous me suivez depuis quelques temps vous savez combien les chefs de grands restaurants qui sont vraiment là me touchent et comptent dans mon appréciation de leur prestation. Nous n’avons pas osé demander à féliciter le chef de vive voix – cela se fait et s’est fait devant nous – mais nous avons fait honneur à la cuisine de cette délicieuse Nougatine aux fenêtres donnant sur les arbres de Central Park.

Menu fixe entrée, plat et dessert pour 38$ par personne, vrai service et cuisine étoilés, laissez vous faire, tout va merveilleusement se passer.
Jean-Georges a réussi à me faire manger du fenouil – délicatement grillé, accompagné de chèvre frais, olives savoureuses et vinaigrette citronnée – et à goûter le tartare de thon et sa marinade au gingembre de Mr Papillon qui « tabassait sa maman » et plutôt deux fois qu’une. Saveurs, textures, épices, couleurs, des entrées époustouflantes.
Mon escalope milanaise était parfumée et croustillante à souhait, son accompagnement de scarole et menthe cuites – non seulement il me fait manger du fenouil mais il me fait manger de la salade cuite, ce type est un génie! – rafraîchissant comme il faut pour alléger la panure exquise de l’escalope. Le saumon de Mr Papillon est décevant: cuit à la perfection, mais le poisson manque de goût et semble plein d’eau. Dommage car la sauce aux fruits de la passion et la pomme de terre toute grillée qui l’accompagnent sont délicieux.
Au dessert retour au « tabassage de maman » en règle et aux orgasmes de papilles. Le gâteau au chocolat qui a fait la renommée du maître des lieux me ramène instantanément en enfance, dans la cuisine de Mamie lorsque je léchais le fond de son plat orange dans lequel elle venait de faire un gâteau (complètement dingue le gâteau de Mamie!). Mes papilles en frétillent encore!
Quant à la cream cheese ice cream de Mr Papillon, avec ses figues rôties et ses framboises, comment dire? Refill please!!!!
Le petit Riesling new-yorkais qui nous a été servi avec était parfait, le service absolument impeccable, nous sommes ressortir 2 grosses plus tard complètement enchantés de notre déjeuner. Avec une grosse envie de faire la sieste aussi.

Nous avons été visiter le MOMA plutôt.
Toujours cette grande émotion devant les toiles de Van Gogh et Monet, toujours l’émerveillement devant les demoiselles d’Avignon et le jeune homme au cheval.

Un peu chargée en émotions cette journée…

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