Souvenirs de l’été: quelques jours en Russie

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Reprise des activités sur ces pages après quelques semaines de pause estivale.
Il faut dire que le décès de Mamie fin Juillet m’a fortement poussé à faire un break. Pour me recueillir, pour me remettre sur pieds. Un immense merci pour vos petits mots ici ou ailleurs, ils m’ont fait un bien fou, petites caresses sur la joue ou main posée sur l’épaule dans les moments où les larmes prenaient le dessus.

Je reviendrai sur la merveilleuse semaine passée à Saint-Chély-du-Tarn, mais j’ai envie de commencer par partager mes impressions russes et moscovites.
Le boulot m’a fait découvrir la Russie, le temps d’un saut de puce à Moscou et Yaroslav histoire de rencontrer une équipe nouvellement recrutée et visiter quelques entrepôts (ma grande passion professionnelle).

Que vous dire de cette visite? Que je me suis plus sentie dépaysée à Moscou qu’à Singapour ou en Malaisie.
L’impression d’ailleurs a été encore plus forte que dans tous les pays que j’aie pu visiter jusqu’à présent.
Dans cette ville qui ressemble aux grandes capitales occidentales… mais en fait non et face à ces gens si semblables à nous… mais en fait toujours pas, on réalise qu’un monde – et surtout sa conception – nous sépare.
Cette impression de proximité toujours immédiatement contredite est déstabilisante. Si aujourd’hui on y trouve les mêmes boutiques de luxe ou les mêmes fast-food que chez nous, nous devons nous souvenir qu’il y a 25 ans ce n’était pas le cas et que nos hôtes ont grandi dans un pays communiste notoirement fermé et où on avait souvent faim et froid.
Cela laisse des traces.

Le pays s’ouvre certes, mais nous sommes encore très loin de ce que nous connaissons dans la plupart des pays du monde, et sans surprise les Russes ne sont pas habitués à l’altérité, en ont probablement peur. De manière très crue cela signifie que xénophobie et racisme sont ici "normaux".
Et la Russie de 2014 continue à rêver de grandeur et de puissance, on y aime les chefs puissants et cela se sent dans les rapports d’affaire et professionnels. Voilà qui est surprenant et désarçonnant.

L’autre grande impression qui reste de ce voyage est l’envie de revenir découvrir ce pays.
Je ne suis pas sûre que j’en trouverai les habitants beaucoup plus attachants – les visages sont neutres et indéchiffrables, leurs propriétaires sur la défensive – mais je sais que les paysages, les villes et surtout les magnifiques églises à dômes multicolores et dorés m’ont plu et me plairont encore davantage en ayant le temps de les explorer tranquillement.
Ah le bonheur de se sentir "ailleurs" et tellement "autre"….

Images!

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PS: La cuisine russe n’est pas vraiment russe, tous les plats que vous voyez ici sont en fait ukréniens. Roboratifs et riches mais délicieux!

Mamie

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Un éclat de rire,
Souvent suivi d’un irrépressible fou rire qui vous laisse les yeux mouillés et les joues douloureuses d’avoir tant ri.
Et le dit fou rire tellement contagieux qu’on le retrouve chez les générations suivantes, probablement passé dans les gènes.

L’amour du rouge. Jusque dans les circonstances qui exigent le noir.
Une élégance simple et discrète qu’on appelle aujourd’hui "casual chic" et un goût pour la mode amoureusement cultivé et transmis. Mon amour du beau vêtement en est l’héritage, mon admiration pour les grands couturiers aussi.
Des mains impeccables et des ongles discrètement vernis, bien avant que la folie des ongles multicolores ne s’empare de la planète. Mes doigts colorés viennent de là. Jusqu’au bout avoir les ongles correctement limés fut un geste essentiel.

Une pelote de laine, des aiguilles et un tricot entamé rangés juste à côté de son livre sur lequel étaient posées ces lunettes, là sur la table de salle à manger. Une photo jamais faite mais que je pourrais produire de mémoire aujourd’hui.
Ou la petite boite à couture, le pouf à aiguilles, la boîte à craies et les épingles entre les lèvres pendant qu’elle ajustait une épaule ou révisait un ourlet au milieu de son salon.

Un cordon bleu, gourmande comme un chat qui savourait un carré de chocolat, un sablé de Nancay ou un macaron rapporté de chez Ladurée exprès pour voir ses yeux pétiller.
Quel dommage que Mr Papillon n’ait jamais pu goûter ses épinards à la crème, ils l’auraient converti à la consommation du légume préféré de Popeye.

Des vacances et des voyages en train, avec ses enfants puis ses petits-enfants, et autant de beaux souvenirs et de petites graines pour le goût de l’ailleurs à donner à des petites-filles aujourd’hui voyageuses et amatrices de train ici ou là-bas.

Un esprit ouvert et curieux, qui enseigne à ses petites filles qu’en amour on a le droit de se tromper et l’obligation d’expérimenter la vie à deux avant de se marier, et que finalement les conventions sont faites pour s’en affranchir.
Sans surprise nous n’avons jamais eu peur de son avis ou de partager avec elle nos chagrins petits ou grands.
Sans surprise elle a fait de Mr Papillon son petit-fils "grand comme la lune" dès qu’elle l’a rencontré.

Elle a pris sereinement le chemin des étoiles le lendemain de ma fête, par une magnifique nuit d’été et après un coucher de soleil incroyable.
Repose en paix Mamie, merci d’avoir fait de nous les adultes solides que nous sommes aujourd’hui et les petites filles rieuses que nous sommes toujours.

Je t’aime.

Naples, infos pratiques

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Comme promis voici les quelques bonnes adresses testées et approuvées à Naples.

Notre hôtel d’abord, l’hôtel Piazza Bellini en plein dans le quartier historique, à deux pas de la Piazza Bellini (euh oui, comme son nom l’indique).
Une vraie bonne adresse, un point de chute parfait, en plein centre mais au calme, à l’abri du bruit de la ville.
L’hôtel est installé dans un ancien bâtiment ouvert sur une jolie cour et récemment rénové. Les chambres sont jolies, confortables et fonctionnelles, exactement ce dont on a besoin pour un séjour en ville.
La cour est un délice, notamment si vous arrivez à y prendre le petit-déjeuner (les places sont chères!) et parfaites pour souffler entre une séance de visites et un aperitivo.
Compter 130 à 140€ par nuit avec petit-déjeuner, un bon rapport qualité-prix pour la ruineuse Italie.
Si jamais Pasquale est là n’hésitez pas à lui poser des questions, il est d’excellent conseil et a de très bonnes adresses à partager. Et passez lui le bonjour des Parisiens de Juin, il a été tellement adorables que nous ne sommes pas prêts de l’oublier (pssst, les filles, il est très joli garçon, en prime).

Notre coup de cœur culinaire ensuite: la Stanza del Gusto, située juste à côté de l’hôtel.
Un restaurant d’apparence toute simple mais où tout est hyper frais, généralement bio et toujours choisi avec soin par le maître des lieux.
Nous nous y sommes arrêtés pour déjeuner d’une pizza frite (à goûter impérativement!!) et y sommes revenus pour dîner tant nous nous étions régalés.
Le genre d’adresse qui vous donne envie d’y faire tous vos repas pendant toute la durée de votre séjour tant ce que vous y goûtez est délicieux, l’accueil charmant et l’ambiance géniale.

Notre bon ange de l’hôtel Piazza Bellini nous a conseillé une très bonne adresse pour un dîner. Ne cherchez pas de pizza, il n’y en a pas, ce restaurant n’est pas une pizzeria. Et pourtant Dieu sait si nous nous sommes régalés. L’endroit s’appelle Il Garum, est accueillant et charmant et installé sur une place qui permet d’observer la jeunesse napolitaine (très sympathique!). Compter 40€ par personne pour un menu complet et 2 verres de vin par personne.

Arrêtez-vous manger une glace chez Gay Odin, leurs glaces sont aussi bonnes que leur accueil est glacial (ils pourraient être parisiens dites donc!), mais peu importe, la crème glacée à la pistache est complètement dingue et la stracciatella mérite le détour. Et si les glaces ne sont pas votre truc essayez les chocolats, je crois qu’ils sont plutôt pas mal.

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Nous avons pris notre super aperitivo au Gran Caffe Cimmino dans le quartier chic de Barrita, à quelques pas du front de mer. Accueil adorable, petites choses à grignoter très bonnes, Spritz impeccables. Évidemment le tarif est presque parisien, compter 8€ par personne.

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Un peu de shopping caprese pour terminer: nous nous sommes arrêtés à la parfumerie Carthusia, un atelier local très mignon. L’accueil fait penser à celui de Fragonard à Grâce. Je suis évidemment repartie avec un petit flacon de nectar, le très aromatique Corallium.

Petit rappel, je donnais une bonne adresse de café où déjeuner à Capri dans mon billet consacré à l’île ;-)

Voilà vous savez tout! Bon séjour à Naples!!

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Hotel Piazza Bellini
Via S. M. di Constantinopoli 101
80138 Napoli Na
email: info@hotelpiazzabellini.com

Il Garum
Piazza Monteoliveto 2/A
Napoli

Gay Odin
Vico Vetriera 12
Napoli

Gran Caffe Cimmino
Via Francesco Petrarca 147
80122 Napoli

Carthusia
Viale Matteotti 2 B/C
Capri

Pieds nus dans le parc

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Notre nid est tout petit. Il n’a évidemment pas de jardin. Cela n’a aucune importance car lorsqu’il fait beau nous n’aimons rien tant qu’aller passer quelques heures dans le jardin de Bagatelle à Neuilly.

L’endroit est magnifique, toujours très calme même lorsqu’il y a beaucoup de monde, il respire la paix et la sérénité et ses habitants sont aussi adorables qu’amusants.
Je veux parler des oiseaux – canards, oies, paons, merles et pies – dont le jardin est l’habitat naturel.
Ce jardin est de très loin notre "espace vert" préféré de Paris, l’endroit où nous allons nous réfugier dès qu’il fait beau et que nous avons envie de verdure et de calme.

Nous y sommes allés régulièrement ces derniers mois, y regardant le printemps doucement s’éveiller, éclore comme les œufs des mamans canes que j’aime tant et finalement laisser sa place à l’été.

Un peu de verdure et de mignonnerie, souvenirs de nos visites d’Avril et Mai (Février est ici)…

Attention mignonnerie absolue!

Mi-Mai les oisillons avaient bien grandi…

The Internet super-highway vs the nothing box

Reçue d’une copine de bureau il y a quelques jours cette vidéo fait beaucoup rire tous ceux et toutes celles qui la regardent, je partage!

Passez un excellent week-end!!

P.S: Je viens de découvrir ma nothing box, une fois atteint le niveau de fatigue "je suis tellement fatiguée que je suis jet-lagguée" une nothing box apparaît au milieu de nos amas d’interconnexion. Il n’y a plus qu’à s’y installer et se reposer.

Capri joli

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Capri est un petit bout de Paradis sur Terre, rien que ça.

La dernière fois que nous nous sommes fait cette réflexion c’était en Nouvelle-Zélande, sur la route des Coromandel.
L’île compte quelques endroits préservés de nos mauvaises idées habituelles ("Bétonnons toute la côte pour accueillir des milliers de touristes") exceptionnels et qui donnent envie de tout quitter pour s’y installer là, tout de suite, maintenant.
Il faut aussi dire que Capri est également une île pour riches, cela aide à la protéger, comme Portofino ou Saint-Tropez chez nous. Les gens qui ont de l’argent n’aiment pas avoir leur champ de vision pollué par de vilains immeubles ou des bâtiments laids, l’île est donc absolument charmante.

La ville de Capri elle-même est très mignonne mais gâchée – enfin à nos yeux – par la concentration de gens très argentés mais pas nécessairement élégants qu’on y rencontre.
Nous avons été étonnés à Naples de ne pas voir les habituelles boutiques de luxe – Chanel, Hermès and co – ou alors des petites boutiques. Normal, pour les trouver il faut dépenser 40€ et aller à Capri. Le filtre est impressionnant et efficace, je doute que l’on voit beaucoup de Napolitains à Capri.
Nous avons donc vite pris la fuite pour aller à Anacapri, la petite sœur perchée sur la colline et qui offre une vue magique sur la mer. La ville est digne d’une carte postale.
Et pour atteindre son point culminant, le divin Monte Solaro, oubliez la voiture, pour s’y rendre on prend soit un télé-siège, soit on marche (et ça grimpe!!). Inutile de dire que l’endroit est calme, et magique!

Une adresse sympathique où vous arrêtez déjeuner à Anacapri: le caffe Michelangelo tout près de la place de l’église (totalement Coco Chanel proof cette église: blanche soulignée de noire, une beauté!).
Le maître des lieux est adorable, parle un français impeccable et sert une torte caprese à tomber par terre.

 

Et on ne peut pas terminer un billet sur Capri sans revenir aux sources, ne me remerciez pas, c’est cadeau (et regardez ce clip d’anthologie!!)

Pompéi

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Pompéi j’en rêve depuis qu’enfant j’ai vu – plusieurs fois et toujours chez mes grands-parents paternels – le film "Les derniers jours de Pompéi" pendant lequel Mamie m’expliquait toujours que la ville avait été détruite mais aussi préservée par l’éruption du Vésuve et qu’on pouvait encore y voir les corps moulés des personnes qui avaient péri ces jours-là, il y a 2000 ans.
Cela me fascinait complètement (il faut dire qu’il suffit de dire "volcan" pour que je dresse l’oreille).

À chaque fois que j’entends parler des dégradations du site, de son manque de préservation, des millions d’euros prévus pour son entretien et sa protection mais non dépensés pour cause de mafia trop présente j’oscille entre désespoir de ne jamais avoir vu le site et la colère devant notre bêtise abyssale et l’inefficacité des gouvernements et de l’Europe dans de telles situations.
Mais surtout je me dis qu’il faut que j’y aille avant qu’un jour on ne soit obligé de fermer le site pour le sauver. C’est égoïste et court-termiste, mais maintenant que je l’ai vu et ai vu ce qu’y font les touristes j’en suis encore plus persuadée. L’humain est désespérant d’incivilité et de médiocrité, c’est à pleurer.

Mais Pompéi, Pompéi, ce site est une merveille, une bulle magique dans l’histoire.
Nous avons passé notre journée à arpenter les rues de l’an 79 après Jésus Christ, à marcher dans notre histoire. L’expérience est incroyable, j’ai passé la journée à me pincer pour me dire que je ne rêvais pas et à penser à ces gens dont la vie s’est arrêtée en ces jours d’Aout et qui a été figée à jamais dans les cendres d’un volcan.

Nous avons essayé de parcourir autant que possible les 12 hectares ouverts au public, emplir nos yeux de la beauté incroyable de cette ville, essayer d’imaginer la vie d’alors, les commerces, les maisons gigantesques, les villas de la périphérie de la ville, son marché, son forum, ses bains, ses temples.
Avoir vu "Rome" nous a facilité la tâche, mais nous savons que ce n’est jamais qu’un échange tant la série a dû puiser dans les archives de Pompéi pour être créée.

Oui le site n’est pas entretenu comme il le devrait ; oui les troupeaux de touristes s’y comportent comme de parfaits malotrus qui n’ont rien à faire sur un tel site ; oui le lieu manque de personnel compétent et vraiment présent, mais si vous aimez les vieilles pierres – si vous les aimez vraiment, hein, c’est sportif et chiant sinon, on marche pendant des heures en plein soleil – prenez le temps d’aller à Pompéi et succombez au charme de l’Histoire, l’endroit est magique.

<Cliquez sur les photos pour ouvrir la galerie et les voir en grand>

J’ai trouvé cette vidéo sur YouTube en cherchant des infos sur le film "Les derniers jours de Pompéi", elle est très intéressante: