Mère Courage

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Je crois que c’est la première fois que cela nous arrive: nous n’avons pas tenu jusqu’à la fin d’un spectacle.
Pas qu’il ait été mauvais, bien au contraire, mais je crois qu’il faut admettre un truc affreux: nous vieillissons, et 3h30 de spectacle un lundi soir et alors que la semaine s’annonce chargée, ce n’est plus possible.

Nous n’avons donc pas vue la seconde partie de cette incroyable "Mère Courage" de Brecht présentée par le Berliner Ensemble au Théâtre de la Ville.

Le Berliner Ensemble c’est comme Pina Bausch ou Emmanuel Demarcy-Mota, il suffit que nous voyions leurs noms dans le programme pour que nous prenions des places.
Cette troupe est géniale, ils peuvent et savent tout jouer. En Allemand, oui, et alors? Les sur-titres donnent les explications, nous n’avons pas besoin de plus.
Et c’est là que l’on voit la force et la magie d’une grande troupe, j’ai beau ne pas parler leur langue, la richesse et la précision de leur jeu permet la compréhension et l’émotion.

Je crois ne jamais avoir lu Bertolt Brecht, mais ce que j’ai vu lundi soir m’a donné envie de le faire.
Nous nous attendions à quelque chose de difficile et inaccessible pour le commun des mortels. Ce ne fut pas du tout le cas, bien au contraire.
Cette mère Courage est universelle et éternelle. Peu importe que l’action  soit sensée se passer pendant la Guerre de Trente Ans, elle est de toute les guerres, depuis la nuit des temps.

Mère Courage c’est le récit de ce qu’il en coûte finalement à l’humain de vouloir danser avec le diable de la guerre pour s’enrichir.
Si la mère Courage promène sa carriole sur les routes, allant de champ de bataille en champ de bataille c’est pour nourrir ses enfants et leur donner le meilleur. Las commerce et la maternité font visiblement mauvais ménage car le succès de l’un se fait aux dépends des enfants de Anna.
Mais rien ne l’arrête jamais, les larmes ne coulent pas longtemps, les dents sont bien vite serrées et la carriole repart toujours pour aller chercher l’argent où il est.

Malgré les chansons et l’humour de certains échanges entre les protagonistes c’est glaçant à regarder.
Cette femme peut-être nous, mais elle m’a surtout fait penser à notre société dans son ensemble, notre monde qui a élevé l’argent et la richesse en idole et est prêt à leur sacrifier l’humain, la compassion, le respect, la liberté ou la sureté. Le miroir est aussi nécessaire que dur à regarder.

C’est le mystère qu’il me reste à élucider en achetant le texte de la pièce: que fait Anna lorsqu’il ne lui reste plus que sa carriole et son triste commerce?

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Mère Courage (et ses enfants)
De Bertolt Brecht ; mise en scène Claus Peymann ; par le Berliner Ensemble
Jusqu’au 26 Septembre 2014 au Théâtre de la Ville.

Chanel & co

Cet été je me suis plongée dans le rangement de notre bibliothèque. J’ai poursuivi mon travail de tri en en retirant les livres que nous ne relirions pas et en les empaquetant afin de les donner à des associations et je me suis lancée dans une grande réorganisation de tous nos bouquins.

J’ai notamment créé un coin spécial mode, style, photo de mode, etc. Sans surprise on y compte moult ouvrages consacrés à Yves Saint-Laurent et Gabrielle Chanel, mes 2 idoles du style vestimentaire.

Je ne sais plus comment j’ai entendu parler de "Chanel & co" de Marie-Dominique Lelièvre, mais sans surprise en 2 clics il était commandé et presque aussi vite il arrivait à mon bureau (j’ai une gratitude infinie pour notre adorable standardiste qui accepte et garde mes colis quand je ne suis pas là ♥).

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Commencé à Damgan cet été, je viens enfin de terminer ce passionnant et original portrait de Mademoiselle.
Pas qu’il y ait grand chose d’inconnu au sujet de Gabrielle Chanel, mais la redécouvrir à travers le prisme de ses proches, amies, amants, partenaires d’affaire est passionnant car on en apprend davantage et on comprend mieux comme la femme d’affaire s’est construite et comment elle a façonné son empire.

J’aime les sauts de puce que Marie-Dominique Lelièvre fait dans la vie de Coco Chanel – parfaitement racontée dans l’Irrégulière d’Edmonde Charles-Roux – afin de "zoomer" sur certaines rencontres, rendez-vous, conversations ou ruptures de Mademoiselle avec Misia Sert, le grand-duc Dimitri, le duc de Westminster ou Vera Gate.
On en apprend davantage sur l’époque dans laquelle elle a vécu, les codes et habitudes des belles sociétés européennes et américaines des années 20 à 60 mais aussi sur les inspirations qui ont nourri son travail et sa mode.

Gabrielle Chanel n’en ressort pas plus sympathique, je ne crois pas qu’elle l’ait jamais été. Touchante, émouvante, surprenante, forte, inspirante, agaçante, sans aucun doute, mais sympathique, non, ce n’était pas son truc. Et ça me va, c’est aussi pour cela que je l’aime, ce côté "après moi le déluge" ou "pensez de moi ce que vous voulez, j’avance".
Mais revenons à la créatrice et la femme d’affaire, ce sont elles que l’on découvre plus en détails dans ce livre et qui sont passionnantes. Coco Chanel créatrice et femme d’affaire utilise en permanence son histoire et sa vie privée, ses amours et ses amis, emmagasine, digère tout ça et le restitue dans son style et dans ses créations (qui ne sont que des émanations de son style à elle). Dans ce processus il lui ai souvent arrivé de blesser, rejeter, abandonner, ou en souffrir elle-même… et de se nourrir de ces blessures infligées ou subies pour créer de plus belle.

Bref ce livre m’a passionnée, et m’a fait dire presque toutes les 2 pages me dire que j’adorerais pouvoir enfiler une veste Chanel de l’époque où Mademoiselle les dessinait, une veste tendre et douce sur la peau comme la soie de sa doublure, mais solide et puissante comme la plus belle des armures et le plus beau des tweeds.
A lire!!

Petit aparté: jusqu’à demain soir se tient sous la nef du Grand-Palais la Biennale des Antiquaires et des Joaillers. Les antiquités (vieilles ou récentes) m’indiffèrent, par contre les belles pierres et les sculptures d’or et de platine me fascinent. Je m’y suis donc rendu pour voir l’exposition Chanel de la collection haute-joaillerie "Cafe Society" (pile ce dont traite le livre!). L’entrée est ruineuse (30€… s’ennuient pas les antiquaires!), mais les bijoux présentés dans un écrin somptueux sont extraordinaires!

Et pendant que j’étais là je suis passée chez Cartier où les bijoux présentés méritaient eux aussi qu’on s’attarde. Si vous avez vu la fabuleuse exposition du Grand Palais la saison dernière vous les avez déjà vus ;-)

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Biennale des Antiquaires et JoaillersNef du Grand Palais
De 11 heures à 20 heures
Nocturnes jusqu’à 23 heures jeudi 11, mardi 16 et jeudi 18 septembre
Fermeture à 19 heures le dimanche 21 septembre
Entrée: 30€

 

Beauty routine de Septembre

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Voilà bien longtemps que nous n’avons pas fait de point "beauty routine du moment".
C’est dommage car cela fait quelques mois maintenant que je l’ai adoptée – cela se voit à la "tête" de certains tubes – et elle me réussit plutôt pas mal.

Pour me réveiller le matin je combine la lotion La Roche Posay et un grand pshit d’Eau d’Avene, le tout saine et douce recommandation d’Hélène.
Ça réveille mais c’est hyper doux pour la peau.

Ensuite j’enchaîne un sérum, un contour des yeux puis une crème hydratante.
Le sérum c’est toujours mon bienaimé Le Jour de Chanel dont l’acide salicylique exerce une exfoliation toute en douceur, parfaite pour lutter contre les petites imperfections et garder le teint clair.
Il sent évidemment très bon une petite odeur légère et fraîche comme Chanel sait si bien les faire.

J’applique ensuite mes 2 soins Avène favoris: le contour des yeux si doux et apaisant et Hydrance riche qui est de loin ma crème hydratante préférée.
Si jamais j’ai des petits (ou moins petits, les chameaux!) boutons j’utilise le crayon Avène Cleanance qui est d’une efficacité salvatrice et si je vais me retrouver au soleil j’ajoute une couche de l’émulsion 50+ d’Avène.

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Le soir je me démaquille et me nettoie le visage avec l’huile démaquillante Shu Uemura qui est vraiment un produit fabuleux: elle démaquille tout, y compris le mascara waterproof et est d’une douceur infinie avec les peaux même très sensibles.
J’ai tenté pendant quelques semaines de nettoyer mon visage avec une petite mousse Caudalie au parfum divin juste après le démaquillage mais cela décape trop ma peau qui s’est mise à tirer et a développé des mini-boutons là où elle n’en fait jamais. J’ai arrêté tout de suite, l’huile est suffisante.
Je protège ma peau des effets de l’eau du robinet en m’aspergeant généreusement d’eau d’Avène.

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Ensuite c’est le même type de combinaison que le matin: sérum, contour des yeux et crème hydratante.
Le sérum c’est La Nuit de Chanel, dont je suis folle du parfum. Celui-ci est apaisant et chargé d’acide hyaluronique qui permet d’apaiser et repulper la peau. J’aime la douceur et l’éclat de ma peau le lendemain au réveil.
Pour les yeux c’est toujours le même chouchou.
La crème hydratante est une découverte assez surprenante qui est vite devenue une chouchoute… une fois que j’ai su quand et comment l’appliquer. J’ai nommé le célébrissime lait-crème concentré Embryolisse.
Comme crème de jour c’est une catastrophe sur moi: trop riche, trop grasse, il fait filer mon maquillage, me fait briller et me file des boutons. Génial…
Je ne sais plus comment j’ai eu l’idée de l’appliquer le soir, mais là ce fut la révélation dès le lendemain matin – rien que ça! – ma peau adore cette crème la nuit. A moins que ce ne soit le mariage avec le sérum Chanel, je ne sais pas, mais peau fraîche et "plumpy" garantie.
J’ai maintenu cette routine tout l’été, même lorsqu’il a fait chaud. Si Embryolisse est très riche, elle pénètre vite et laisse un film sur la peau tout à fait supportable.

Si jamais j’ai un bouton – et malheureusement cela arrive souvent si je suis stressée – j’applique dessus du TriAcnéal d’Avène qui marche très bien.

Le petit flacon Clarins que vous voyez sur la photo est leur concentré auto-bronzant à ajouter à n’importe quelle crème hydratante ou soin et qui le transforme en booster d’éclat et de teint ensoleillé.
L’effet autobronzant n’est pas flagrant, beaucoup moins que celui de leur Eau Lactée autobronzante qui est démente, mais il permet de conserver un joli hâle acquis naturellement ou dans mon cas d’avoir un teint estival et non mon teint de "death warmed up". J’en ai ajouté 2 gouttes à mon Embryolisse tous les soirs de début Juillet à maintenant et recommencerez en Janvier en rentrant du soleil (enfin j’espère bien que nous partirons au soleil en Janvier!).

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Le week-end ma routine est la même si ce n’est que je remplace alors mes deux sérums chéris par mon sérum préféré – tout en haut de la liste – Le Week-end de Chanel qui fait des miracles sur ma peau lorsque j’ai une crise de boutons. Celui-ci c’est de l’acide glycolique qu’il contient, acide qui doit exfolier et hydrater. Enfin surtout il fait de la magie avec mon épiderme. C’est bien simple appliquer ce sérum est devenu l’un des grands plaisirs de mes week-ends, je crois que ma peau l’attend chaque semaine avec impatience!
Globalement il aide à les faire disparaitre beaucoup plus vite que n’importe quel soin, y compris ceux conçus pour. De là à dire que les sérums Chanel amplifient vraiment l’efficacité des soins appliqués par dessus….

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Pour le corps je suis toujours d’une fidélité totale au lait au cold cream d’Avène dont j’adore le fort pouvoir hydratant, le délicieux parfum et la pénétration ultra-rapide dans la peau. Pour moi c’est le lait parfait.

Pendant l’été je ressors l’une de mes grandes chouchoutes pour me faire des jambes ensoleillées: la mousse autobronzante de Clarins qui sent la mirabelle!
Cette mousse est un bonheur à appliquer, toute légère et qui glisse parfaitement sur la peau. Elle fait joliment dorer la peau, progressivement. Son seul défaut: elle n’est pas teintée, ce qui rend l’application moins facile, mais personnellement je ne me suis jamais loupée ni retrouvée avec marques oranges sur les jambes.
Mon astuces c’est que comme cette mousse est très hydratante je l’applique en premier, puis passe une petite couche de lait hydratant que je masse bien. Ainsi la crème est étalée de manière homogène et harmonieuse.

Petit point spéciale ongles: ma routine cet été et ces dernières semaines est assez simple, je n’ai envie que de rouge. Au choix des beaux rouges froids très lumineux ou au contraire des rouges teintés de framboise aux couleurs de fruits écrasés. L’exception ce sont mes pieds qui ont porté beaucoup de beige teinté de violine ou du rose vif très joyeux et gourmand.

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Pour les rouges, la sélection du moment comprend:
Chanel "Lotus Rouge" #455 (attention pinceau pour nailista avertie)
Dior "Massaï" #853
Kure Bazaar "Rouge Flore" (attention pinceau encore plus pénible que le Chanel)
Chanel "Cinéma" #581
Dior "Pandore" #754

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Pour le beige teinté de violine, le sublime "Chloé" de Kure Bazaar.

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En termes de bases et topcoat j’utilise et adore:
♥ Pour solidifier mes ongles le classique Millionails d’Essie;
♥ Comme base pour garder mes ongles propres et nets, la base matifiante "Clean" de Kure Bazaar (dont le pinceau est génial, mais pourquoi les vernis n’ont-ils pas le même???);
♥ Pour le topcoat, point de gel coat qui sèche en général aux deux tiers du flacon – vive le gaspillage – mais un génial topcoat classique de chez Butter London.

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Two cigarettes in the dark

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Avant de vous parler de ce premier spectacle de notre saison 2014-2015 je voudrais partager avec vous ma petite résolution à moi-même: partager avec vous chacun des spectacles que nous verrons cette année.
La saison dernière a été très légère en termes de comptes-rendus et je trouve ça dommage.
Alors voilà, croisons les doigts pour que j’aie l’énergie nécessaire pour tenir ma plus après chaque spectacle.

Nous avons achevé la saison dernière avec "Palermo, Palermo", spectacle spectaculaire et ébouriffant de la toujours magique Pina Bausch. C’est avec elle qui nous démarrons cette saison, à l’Opéra de Paris cette fois, pour un spectacle tout aussi ébouriffant et au démarrage assez perturbant.
La troupe de Pina Bausch à l’Opéra de Paris, voilà qui est rare, exceptionnel même – la compagnie est plutôt une habituée du Théâtre de la Ville – et alléchant. La modernité, la loufoquerie et l’irrévérence de Pina Bausch sous les ors de Garnier. Le public risque d’être un peu secoué.

Il le fut!
"Two cigarettes in the dark" commence par une démonstration – évidemment dénonciatrice – des violences infligées aux femmes par les hommes. Ça a beau être de la danse et de l’art, c’est désagréable à voir. Elle est comme ça Pina, avant d’amener la drôlerie, la tendresse, la grâce et ses sublimes instants tragiques, elle vous fait tomber de votre fauteuil couvert de velours rouge et elle vous montre ce que vous n’avez pas forcément envie de voir.
À l’entracte j’ai entendu quelques commentaires dubitatifs voire carrément négatifs d’un public sûrement habitué à des choses plus convenues.

Les œuvres de Pina Bausch sont des mosaïques de scènettes qui peuvent sembler décousues mais qui sont toujours traversées par la magie de Pina: elle va vous faire rire, vous décontenancer et vous émouvoir aux moments où vous vous y attendez le moins.
À tous les coups ça marche sur moi, même lorsque je commence le spectacle en me disant que cette fois-ci c’est loupé et que Pina a perdu son inspiration et est tombée à côté de la plaque.

Que retiens-je de ces deux cigarettes fumées dans le noir?
La délicatesse de cette chanson ; la splendeur de la scène immaculée contrastant absolument avec le ciel de Garnier ; que même avec des ailes les œufs volent très mal ; que seule Pina peut parler d’anges et de testicules sur la scène de l’opéra ; qu’elle avait un vrai truc avec les chiens et que c’est délicieusement barré ; qu’on peut danser sur ses fesses et être aussi gracieux que drôle. Que Pina est vraiment un génie des trouvailles théâtrales et dansées et que deux spectacles par saison c’est pas mal en fait.

Deux mini-vidéos dénichées sur le world wide web de moments que le hasard à bien choisis puisqu’ils m’ont beaucoup amusée hier soir ;-)

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"Two cigarettes in the dark"
Tanztheater Wuppertal à l’Opera de Paris
Jusqu’au 7 Septembre 2014 à Garnier.

Souvenirs de l’été: quelques jours en Russie

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Reprise des activités sur ces pages après quelques semaines de pause estivale.
Il faut dire que le décès de Mamie fin Juillet m’a fortement poussé à faire un break. Pour me recueillir, pour me remettre sur pieds. Un immense merci pour vos petits mots ici ou ailleurs, ils m’ont fait un bien fou, petites caresses sur la joue ou main posée sur l’épaule dans les moments où les larmes prenaient le dessus.

Je reviendrai sur la merveilleuse semaine passée à Saint-Chély-du-Tarn, mais j’ai envie de commencer par partager mes impressions russes et moscovites.
Le boulot m’a fait découvrir la Russie, le temps d’un saut de puce à Moscou et Yaroslav histoire de rencontrer une équipe nouvellement recrutée et visiter quelques entrepôts (ma grande passion professionnelle).

Que vous dire de cette visite? Que je me suis plus sentie dépaysée à Moscou qu’à Singapour ou en Malaisie.
L’impression d’ailleurs a été encore plus forte que dans tous les pays que j’aie pu visiter jusqu’à présent.
Dans cette ville qui ressemble aux grandes capitales occidentales… mais en fait non et face à ces gens si semblables à nous… mais en fait toujours pas, on réalise qu’un monde – et surtout sa conception – nous sépare.
Cette impression de proximité toujours immédiatement contredite est déstabilisante. Si aujourd’hui on y trouve les mêmes boutiques de luxe ou les mêmes fast-food que chez nous, nous devons nous souvenir qu’il y a 25 ans ce n’était pas le cas et que nos hôtes ont grandi dans un pays communiste notoirement fermé et où on avait souvent faim et froid.
Cela laisse des traces.

Le pays s’ouvre certes, mais nous sommes encore très loin de ce que nous connaissons dans la plupart des pays du monde, et sans surprise les Russes ne sont pas habitués à l’altérité, en ont probablement peur. De manière très crue cela signifie que xénophobie et racisme sont ici "normaux".
Et la Russie de 2014 continue à rêver de grandeur et de puissance, on y aime les chefs puissants et cela se sent dans les rapports d’affaire et professionnels. Voilà qui est surprenant et désarçonnant.

L’autre grande impression qui reste de ce voyage est l’envie de revenir découvrir ce pays.
Je ne suis pas sûre que j’en trouverai les habitants beaucoup plus attachants – les visages sont neutres et indéchiffrables, leurs propriétaires sur la défensive – mais je sais que les paysages, les villes et surtout les magnifiques églises à dômes multicolores et dorés m’ont plu et me plairont encore davantage en ayant le temps de les explorer tranquillement.
Ah le bonheur de se sentir "ailleurs" et tellement "autre"….

Images!

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PS: La cuisine russe n’est pas vraiment russe, tous les plats que vous voyez ici sont en fait ukréniens. Roboratifs et riches mais délicieux!

Mamie

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Un éclat de rire,
Souvent suivi d’un irrépressible fou rire qui vous laisse les yeux mouillés et les joues douloureuses d’avoir tant ri.
Et le dit fou rire tellement contagieux qu’on le retrouve chez les générations suivantes, probablement passé dans les gènes.

L’amour du rouge. Jusque dans les circonstances qui exigent le noir.
Une élégance simple et discrète qu’on appelle aujourd’hui "casual chic" et un goût pour la mode amoureusement cultivé et transmis. Mon amour du beau vêtement en est l’héritage, mon admiration pour les grands couturiers aussi.
Des mains impeccables et des ongles discrètement vernis, bien avant que la folie des ongles multicolores ne s’empare de la planète. Mes doigts colorés viennent de là. Jusqu’au bout avoir les ongles correctement limés fut un geste essentiel.

Une pelote de laine, des aiguilles et un tricot entamé rangés juste à côté de son livre sur lequel étaient posées ces lunettes, là sur la table de salle à manger. Une photo jamais faite mais que je pourrais produire de mémoire aujourd’hui.
Ou la petite boite à couture, le pouf à aiguilles, la boîte à craies et les épingles entre les lèvres pendant qu’elle ajustait une épaule ou révisait un ourlet au milieu de son salon.

Un cordon bleu, gourmande comme un chat qui savourait un carré de chocolat, un sablé de Nancay ou un macaron rapporté de chez Ladurée exprès pour voir ses yeux pétiller.
Quel dommage que Mr Papillon n’ait jamais pu goûter ses épinards à la crème, ils l’auraient converti à la consommation du légume préféré de Popeye.

Des vacances et des voyages en train, avec ses enfants puis ses petits-enfants, et autant de beaux souvenirs et de petites graines pour le goût de l’ailleurs à donner à des petites-filles aujourd’hui voyageuses et amatrices de train ici ou là-bas.

Un esprit ouvert et curieux, qui enseigne à ses petites filles qu’en amour on a le droit de se tromper et l’obligation d’expérimenter la vie à deux avant de se marier, et que finalement les conventions sont faites pour s’en affranchir.
Sans surprise nous n’avons jamais eu peur de son avis ou de partager avec elle nos chagrins petits ou grands.
Sans surprise elle a fait de Mr Papillon son petit-fils "grand comme la lune" dès qu’elle l’a rencontré.

Elle a pris sereinement le chemin des étoiles le lendemain de ma fête, par une magnifique nuit d’été et après un coucher de soleil incroyable.
Repose en paix Mamie, merci d’avoir fait de nous les adultes solides que nous sommes aujourd’hui et les petites filles rieuses que nous sommes toujours.

Je t’aime.

Naples, infos pratiques

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Comme promis voici les quelques bonnes adresses testées et approuvées à Naples.

Notre hôtel d’abord, l’hôtel Piazza Bellini en plein dans le quartier historique, à deux pas de la Piazza Bellini (euh oui, comme son nom l’indique).
Une vraie bonne adresse, un point de chute parfait, en plein centre mais au calme, à l’abri du bruit de la ville.
L’hôtel est installé dans un ancien bâtiment ouvert sur une jolie cour et récemment rénové. Les chambres sont jolies, confortables et fonctionnelles, exactement ce dont on a besoin pour un séjour en ville.
La cour est un délice, notamment si vous arrivez à y prendre le petit-déjeuner (les places sont chères!) et parfaites pour souffler entre une séance de visites et un aperitivo.
Compter 130 à 140€ par nuit avec petit-déjeuner, un bon rapport qualité-prix pour la ruineuse Italie.
Si jamais Pasquale est là n’hésitez pas à lui poser des questions, il est d’excellent conseil et a de très bonnes adresses à partager. Et passez lui le bonjour des Parisiens de Juin, il a été tellement adorables que nous ne sommes pas prêts de l’oublier (pssst, les filles, il est très joli garçon, en prime).

Notre coup de cœur culinaire ensuite: la Stanza del Gusto, située juste à côté de l’hôtel.
Un restaurant d’apparence toute simple mais où tout est hyper frais, généralement bio et toujours choisi avec soin par le maître des lieux.
Nous nous y sommes arrêtés pour déjeuner d’une pizza frite (à goûter impérativement!!) et y sommes revenus pour dîner tant nous nous étions régalés.
Le genre d’adresse qui vous donne envie d’y faire tous vos repas pendant toute la durée de votre séjour tant ce que vous y goûtez est délicieux, l’accueil charmant et l’ambiance géniale.

Notre bon ange de l’hôtel Piazza Bellini nous a conseillé une très bonne adresse pour un dîner. Ne cherchez pas de pizza, il n’y en a pas, ce restaurant n’est pas une pizzeria. Et pourtant Dieu sait si nous nous sommes régalés. L’endroit s’appelle Il Garum, est accueillant et charmant et installé sur une place qui permet d’observer la jeunesse napolitaine (très sympathique!). Compter 40€ par personne pour un menu complet et 2 verres de vin par personne.

Arrêtez-vous manger une glace chez Gay Odin, leurs glaces sont aussi bonnes que leur accueil est glacial (ils pourraient être parisiens dites donc!), mais peu importe, la crème glacée à la pistache est complètement dingue et la stracciatella mérite le détour. Et si les glaces ne sont pas votre truc essayez les chocolats, je crois qu’ils sont plutôt pas mal.

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Nous avons pris notre super aperitivo au Gran Caffe Cimmino dans le quartier chic de Barrita, à quelques pas du front de mer. Accueil adorable, petites choses à grignoter très bonnes, Spritz impeccables. Évidemment le tarif est presque parisien, compter 8€ par personne.

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Un peu de shopping caprese pour terminer: nous nous sommes arrêtés à la parfumerie Carthusia, un atelier local très mignon. L’accueil fait penser à celui de Fragonard à Grâce. Je suis évidemment repartie avec un petit flacon de nectar, le très aromatique Corallium.

Petit rappel, je donnais une bonne adresse de café où déjeuner à Capri dans mon billet consacré à l’île ;-)

Voilà vous savez tout! Bon séjour à Naples!!

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Hotel Piazza Bellini
Via S. M. di Constantinopoli 101
80138 Napoli Na
email: info@hotelpiazzabellini.com

Il Garum
Piazza Monteoliveto 2/A
Napoli

Gay Odin
Vico Vetriera 12
Napoli

Gran Caffe Cimmino
Via Francesco Petrarca 147
80122 Napoli

Carthusia
Viale Matteotti 2 B/C
Capri