Petite pause au milieu des souliers

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Les évènements de ce début Janvier m’ont laissée sans voix, et sans capacité à écrire à leur sujet. Je suis toujours dans un certain état de choc et le chagrin est très grand, il faudra du temps pour s’en remettre. Je me décide enfin à publier ce billet rédigé tout début Janvier, juste avant de partir pour Londres avec Hélène ♥.

Je crois que ce sera l’évènement marquant de 2014 pour ma penderie: je crois que mon shoesing va connaître une petite pause.
Les souliers de rêve sont arrivés à la maison et ma wishlist, si elle n’est pas vide, ne contient rien qui ne puisse attendre quelques mois, voire une année.

Bien sûr les Tango rouges sont hautement désirables (en plus d’être infiniment confortables) et seraient délicieuses à mes petits pieds.
Évidemment ces loafers Church’s seraient la parfaite paire de souliers tous terrains pour le printemps et l’été, comme les Burwood le sont en ce moment même.
Si vous insistez je vous confirmerais que je n’aurais absolument rien contre une paire de boots cavalières parfaites comme Church’s sait si bien les faire.
Bien sûr.

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Oui mais voilà, j’ai acquis ces dernières années tant de jolis trésors qu’il est temps de faire une pause et de profiter de ces merveilles.
Arrêter de regarder dans les vitrines cette herbe qui me parait plus verte que dans mon shoesing, arrêter de regarder ce que je pourrais avoir et savourer ce que je possède. Avec une collection pareille ce serait un crime!

Le grand point commun de ces paires: leur intemporalité et leur confort. Oui, même les Manolo et leurs 10cm de talons. Si ces escarpins ne l’avaient pas été, je les aurais laissés dans la boutique. A ce niveau de prix là le confort n’est pas une option, un soulier doit être fabuleux à regarder, et agréable à porter.

Je continue bien sûr à porter mes Repetto multicolores et mes Annabel Winship amusantes et poétiques, mais pendant l’année passée j’ai surtout eu envie d’acquérir ces piliers de shoesing qui manquaient encore au mien.
Sans surprise, dès leur arrivée mes Ronron nude, mes Burwood et mes Dicker sont devenues de favorites immédiates. Elles signent la silhouette avec laquelle je les porte sans jamais voler complètement la vedette. Bien sûr on les remarque et on me complimente à leur sujet, mais elles ne piquent pas la vedette à ce que je porte au dessus, et c’est appréciable lorsqu’il s’agit d’une chemise adorée ou un manteau fétiche.
C’est le propre des piliers, non? Soutenir tout le monde en étant soi-même remarquable?

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Et puis ces derniers mois je sature complètement de ce principe de « je consomme beaucoup et cher donc je suis ». Marre de ce que projettent les blogs mode et Instagram, marre de voir des vêtements portés une fois aussitôt revendus ou remplacés par d’autres.
Depuis quand est-il devenu ringard de porter, reporter et user ses vêtements? Depuis quand les vêtements de créateurs sont-ils devenus aussi jetables que ceux de H&M? On marche sur la tête ou suis-je la seule à le penser?

Voilà des semaines que je porte en permanence les mêmes pièces*. Je me dis que je dois être bonne pour la penderie réduite**, comme je suis enfin prête au mini-sac après 9 mois heureux de mini Pliage Longchamp. Mon désir d’un Rohan de La Contrie n’est donc pas une lubie idiote, et un an plus tard je le trouve toujours aussi parfait, il va être temps d’investir.

Autre apprentissage de cette année passée: je suis en train de devenir intraitable avec la qualité de ce que je porte (voire suprêmement casse-pied), ce qui implique nécessairement moins de choses puisque le propre de la qualité c’est souvent son coût.
Dans ma dernière lecture on recommandait de toujours acheter le plus haut niveau de qualité que l’on puisse s’offrir. Je vous le dis, c’est un véritable engrenage cette histoire, plus on accède à de la grande qualité, plus elle devient un nouveau standard. Gardons donc la tête froide et restons raisonnables.

Et vous? Quoi de neuf dans vos penderies et shoesings?

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* Mais avec des souliers différents, et ce sont eux qui changent tout. On sait pourquoi je les aime tant!
** Pas pour le shoesing réduit donc, ils sont la poudre de perlinpimpin qui transforme radicalement une tenue sans la modifier elle-même.

Niki de Saint Phalle au Grand Palais

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C’était l’expo phare de la rentrée, je n’ai pas la télévision, mais vu comme on en a entendu parler à la radio et sur les sites des journaux, je ne doute pas que le battage médiatique ait été intense également sur petit écran.
Enfin une grande rétrospective consacrée à cette grande artiste contemporaine que tous les parisiens connaissent grâce à la fontaine installée à deux pas de Beaubourg.

L’œuvre de Niki de Saint Phalle donne la même impression que celle de Jeff Koons (l’autre artiste dont on parle beaucoup cette saison à Paris): elle donne l’illusion de l’accessibilité et de la simplicité enfantines, qu’il n’y a rien à comprendre et que tout n’est que rose vif et joyeux (je caricature).

Comme pour Jeff Koons lors de notre visite new-yorkaise, il suffit d’entrer dans l’exposition pour comprendre que notre perception et appréciation de ces œuvres sont bien mauvaises. Il suffit de regarder un peu plus attentivement et dans les détails pour comprendre instantanément que ce qui a l’air mignon est moins simple et beaucoup moins gai que ce que nous pensions.
Voire nous sommes presque à l’opposé de ce préjugé.
(J’avoue avoir souri en voyant la tête des parents accompagnés d’enfants devant le contenu des premières salles: non l’œuvre de Niki de Saint Phalle n’est pas faite pour les enfants, renseignez-vous vraiment avant d’y aller)

 Bien sûr les Nanas – enfin certaines – et les sculptures présentées dans les fabuleux jardins créés par Niki de Saint Phalle sont joyeuses, colorées, rassurantes, mais pour le reste nous sommes très loin du monde des Bisounours.
Et si j’adore toutes ces fabuleuses Nana, les Totem, les sculptures délirantes et colorées, j’ai trouvé bien plus passionnant de découvrir le reste du travail de Niki de Saint Phalle et notamment en apprendre bien davantage sur ses célèbres séances de tir.

L’exposition présente bien sûr plusieurs des œuvres crées selon cette méthode, mais elle présente aussi plusieurs films montrant et expliquant le travail autour de ces tirs.
Mon préféré est celui qui montre une séance de tir publique, avec des tireurs qui étudient minutieusement les œuvres et cherchent comment effectuer des tirs qui auront les effets les plus beaux ou les plus spectaculaires.
Quant au film « Daddy », il est encore plus glaçant que je ne le pensais. Je ne sais pas si l’effet serait aussi fort si on ignorait l’origine de ce film, mais je le ressens vraiment comme de l’art-thérapie, comme la quintessence de ce que peut être l’art: transcender et transformer le « mal » et la douleur en autre chose et en beau.
Ce qui est intéressant avec ces tirs, c’est qu’on ne peut en manquer la violence, tirer au révolver ou à la carabine sur quoi que ce soit est violent. Voir ces différents tirs nous a davantage choqués que tous ceux que nous pouvons voir au cinéma. En cela aussi l’art est intéressant, il exploite un objet violent pour le rendre utile et créateur, mais en même temps nous en rappelle toute l’horreur intrinsèque. Fascinant!

La scénographie de l’exposition nous a beaucoup plu car elle est très didactique et permet de comprendre l’évolution du travail de Niki de Saint Phalle. Je me suis sentie accompagnée dans la découverte du travail de mademoiselle de Saint Phalle, et c’est important lorsqu’on découvre une œuvre plus complexe qu’attendue.

Dans son ensemble l’exposition diffuse une belle énergie et l’on ressort avec le sourire, le sentiment de s’être enrichi et d’avoir appris davantage sur l’art, notre monde moderne et la psyché humaine… pas du tout ce à quoi on s’attendait en arrivant au Grand Palais où l’on venait plutôt voir une expo colorée, gaie et légère.
A voir absolument donc, mais en connaissance de cause, l’œuvre de Niki de Saint Phalle est bien plus profonde que ne laisse imaginer la fontaine Stravinsky.

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Niki de Saint Phalle
Galeries Nationales du Grand Palais
Jusq’au 2 février 2015

It’s a wonderful life

Mr Papillon et Holly m’ont permis de commencer l’année avec l’un des plus jolis films qui soit: « La vie est belle » de Frank Capra.

Un beau film de Noël, comme les grands studios américains savaient si bien les faire dans les années 40, même si visiblement le film ne connut qu’un succès très relatif à sa sortie. Son succès s’est construit dans le temps, et aujourd’hui « It’s a wonderful life » est un vrai classique de Noël américain.

Vrai classique mais que je n’avais jamais vu… la honte!
Si vous ne l’avez jamais vu, pelotonnez-vous sur votre canapé avec une couverture douillette, un chat si vous en avez un, un mug de thé ou de chocolat bien chaud et une boîte de Kleenex, parce que oui, même les plus jolis films peuvent faire pleurer… oui, même vous les garçons!
L’action se passe aux États-Unis entre 1919 et 1945, mais le thème du film est totalement universel et m’a semblé d’une actualité criante, et c’est sans doute pour cela que ce film m’a tellement touchée. Vous me direz si cela vous fait la même chose ;-)

Bon week-end les amis!!

 

2015

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La mode actuelle est à la grisaille, la déprime, au goût certain pour le noir, le sinistre, la jérémiade, le « rien-ne-va » et autre joyeusetés.
Dire que cela m’agace est un euphémisme. Loin de moi l’idée de faire le Bisounours et de tout passer à la peinture arc-en-ciel en permanence, mais quand même, cela ne lasse personne de toujours regarder la moitié vide du verre?
Quel est le problème avec l’idée de regarder la moitié pleine et de s’en réjouir?

Donc voilà, oui il y a eu des moments durs et des chagrins en 2014, mais quand même, quelle belle année… une fois de plus!

Je vous souhaite donc – à vous et à tous ceux que vous aimez – une année 2015 souriante, drôle, énergique, folle, excitante, surprenante, cultivée, sportive, gourmande, voyageuse, douillette, renversante, les pieds sur terre et la tête dans les étoiles, parfumée, pétillante, épicée, sucrée.
Qu’elle soit pleine de joie, de fous rires, de sourires de tous les âges, de bonheurs, de bons livres, d’amis, d’amour, de beaux couchers de soleil, de petits matins lumineux, de nuits étoilées, de paysages familiers et tous neufs, d’aventures et de routines rassurantes, de voyages lointains ou intérieurs, de rencontres, de petites épreuves qui feront apprécier tout le reste.

Prenez soin de vous ♥

1h10

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Petit billet deux en un pour vous parler des deux derniers spectacles que nous avons vu au Théâtre de la Ville. Du théâtre puis de la danse, les deux des spectacles exceptionnels que nous ne sommes pas près d’oublier.

« Corbeaux, nos fusils sont chargés » est du théâtre japonais contemporain. Nous avons déjà vu des œuvres allemandes, hollandaises, anglo-saxonnes, argentines, espagnoles et bien sûr françaises, toujours dans le texte – Théâtre de la Ville oblige – mais japonaises, jamais.
Il fallait forcément essayer. Et puis le programme annonçait une pièce mythique.

Nous n’avons pas été déçus de notre escapade japonaise. 1h10 de folie furieuse totalement désarçonnante pour des occidentaux dans notre genre.
Officiellement nous avons vu des grands-mères prendre en otage le tribunal où étaient jugés deux de leurs petits-fils et tout éparpiller façon puzzle. Officiellement.
En réalité je ne suis toujours pas sûre de ce que j’ai vraiment vu, du message convoyé par la pièce, mais je sais une chose: cette pièce extraterrestre doit être vue car dans son étrangeté elle est universelle.
Les deux groupes – les « vieux » et les « jeunes » du Saitama Theater – qui interprètent la pièce sont incroyables, d’une justesse (je ne parle pas japonais mais je sens qu’ils sont justes, c’est tellement étrange, non?) et d’énergie un peu flippante mais contagieuse. J’ai (je crois même pouvoir dire « nous ») adoré la mise en scène presque aussi déjantée que la pièce elle-même. De grands aquariums remplis d’humains (morts ou en train de naître?), des mamies qui descendent du public et se mettent à cuisiner, des explosions, un string violet… et au moment où l’on se dit que tout cela est peut-être trop pour nous, tout s’arrête et l’on reste stupéfait et les yeux écarquillés devant cette étrangeté théâtrale. Il n’y a plus qu’à applaudir les incroyables artistes.
Ils sont un peu fous ces Japonais, mais c’est tant mieux!!

Quant à la danse, c’était lundi soir avec Philomène et Holly (Mr Papillon aime bien céder sa place pour que sa femme et ses amies soient en goguette à la Robe et le Palais et au théâtre). Au programme « Torobaka » d’Akram Khan et Israel Galvan.
Éblouissant.
Prenez un danseur bangladais qui maitrise la tradition du khatak et un danseur sévillan qui vient de la tradition du flamenco et faites les se rencontrer et danser ensemble accompagnés de 4 musiciens et chanteurs. Et bien vous obtenez de la magie. Bande annonce!

Les deux traditions « folkloriques » sont bien là, ce sont les racines des deux danseurs et chorégraphes, on ne doute à aucun moment de leurs origines et de leurs sources d’inspiration. Mais jamais au cours de cette 1h10 on ne voit de danse folklorique, Akram Khan et Israel Galvan nous emmènent ailleurs.
Je crois que c’est à cela que l’on reconnaît les très grands créateurs: ils ne nourrissent intensément des traditions, maitrisent sur le bout des doigts les classiques, et en font tout autre chose, qui s’adresse universellement à tous les chanceux qui assistent à la performance.

Comme Holly les passages de ce ballet que j’ai préférés sont ceux où les deux danseurs évoluent ensemble, comme dans une sorte de pas de deux / corrida / duel infiniment élégant, racé, plein de fougue, mais aussi d’une sacrée technicité.
Nous en avons pris plein les yeux, et sommes tombées sous le charme des jambes et bras interminables d’Israel Galvan. Ce danseur a une présence scénique incroyable, il en aurait presque éclipsé le pourtant si charismatique Akram Khan.
Bref assurez-vous de prendre des places pour ce spectacle s’il passe près de chez vous!

Pour découvrir les coulisses de la création, il suffit d’aller sur ce site Internet (et ça c’est la puissance et la modernité de l’Akram Khan Company).

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Torobaka
jusqu’au 5 janvier 2015
Théâtre de la Ville

Impression, soleil levant

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Si vous me lisez depuis longtemps vous savez que Claude Monet est mon peintre favori.
A tel point qu’aller contempler les Nymphéas à l’Orangerie me tire en général des larmes tant ces toiles me touchent et m’émeuvent .

Sans surprise lorsque j’ai appris que le musée Marmottan consacrait toute une exposition à « Impression, soleil levant » – la toile de Monet considérée comme l’acte de naissance du mouvement impressionniste – je me suis promis d’aller la voir (et peut-être même plutôt deux fois qu’une).
L’objectif de l’exposition est double: nous expliquer la genèse, les inspirations et le contexte de l’œuvre, et nous expliquer son histoire et l’évolution de son importance dans l’œuvre de Monet et dans la perception de l’impressionnisme chez les professionnels de l’art et le grand public.
La simple lecture de la minutieuse enquête visant à déterminer la date et l’heure à laquelle cette toile a été peinte est déjà un excellent roman policier. Impression, soleil levant ou couchant? Qu’en pensez-vous mon cher Watson? Hyper intéressant!

Cette exposition est très bien faite et passionnante. Les toiles présentées sont très variées et évidemment prestigieuses et magnifiques, les textes qui les accompagnent clairs, simples et très didactiques. J’ai eu l’impression qu’on me racontait une histoire et j’ai trouvé ça particulièrement efficace pour enregistrer toutes ces informations et comprendre un peu mieux les œuvres que j’avais sous les yeux.

Si on ajoute à ça que le musée était pratiquement désert lorsque nous avons été voir l’expo, on peut dire que les conditions étaient parfaites.

Je ne connaissais pas le musée Marmottan – un comble pour une admiratrice de Monet qui vit à Paris depuis 15 ans – et nous avons profité de l’exposition et du calme du musée pour en découvrir la collection permanente, dont de merveilleuses toiles signées Berthe Merisot, cette fabuleuse peintre impressionniste des jeunes filles en fleurs née à Bourges. C’est bien simple j’ai l’impression qu’elle a peint ce que Marcel Proust a écrit et décrit dans sa Recherche (j’en ai conclu que mon idéal de Recherche serait que Xavier Gallais Mr lise ce grande fresque dans une salle décorée de toiles de Berthe Morisot. Facile).
Autre trésor du musée: la collection particulière de la famille Monet léguée à Marmottan par Michel Monet à son décès. Il s’agit tout simplement des œuvres peintes par Claude Monet et conservées par lui et sa famille. J’ai eu l’impression de retourner à Giverny et j’ai essayé d’imaginer où ces toiles avaient pu être exposées ou stockées.

Si vous passez à Paris pendant les fêtes pensez à réserver vos billets et à aller visiter ce très bel hôtel particulier devenu musée.

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Exposition « Impression, soleil levant »
Jusqu’au 18 janvier 2015
Musée Marmottan
2 rue Louis Boilly
75016 Paris

Cet art que l’on appelle « élégance »

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Je ne sais plus comment au cours de mes pérégrinations bloguesques  je suis tombée sur les titres de ces deux livres (qui sont en fait liés), mais toujours est-il qu’il y a quelques jours au hasard d’une lecture j’ai découvert l’existence d’un vieux manuel de savoir s’habiller et d’un roman qui en est inspiré, à savoir  « A Guide to Elegance: For Every Woman Who Wants to Be Well and Properly Dressed on All Occasions » de Geneviève Antoine Dariaux et « Elegance » de Kathleen Tessaro.

Les deux livres sont en Anglais, même si l’auteur du premier est bien française. Son livre fut initialement publié en 1964, traduit, et j’ai l’impression qu’il n’est plus édité que dans la langue de Shakespeare.

Qu’est-ce qui me prend de lire un livre sur les règles de l’élégance en 1964?
Bon d’abord il a été légèrement actualisé puisque madame Dariaux fait référence à des téléphones portables.
Ensuite, et surtout, le principe même de l »élégance est l’intemporalité. Jackie Kennedy était élégante en 1962, elle est toujours considérée comme telle aujourd’hui.
Et puis s’il y a bien une qualité que j’apprécie particulièrement chez mes congénères, c’est l’élégance, pas que vestimentaire évidemment.

Dans son adorable petit livre turquoise madame Dariaux ne parle que de cette dernière, les autres formes d’élégance demandant bien davantage et de pages, et des spécialistes plus pointus qu’elle nous informe-t-elle, avant de préciser que l’élégance vestimentaire sans les autres ne vaut évidemment rien.
Ce livre est un joli abécédaire de ce qui peut constituer l’élégance vestimentaire, des accessoires aux zips en passant par les bons bagages, la bonne lingerie, le bon mari ou la bonne manière de faire du shopping (seule). Certaines entrées ont pris un vrai coup de vieux bien sûr, mais la base est évidemment là: de beaux basiques bien coupés, qui vont vraiment à la femme qui les porte, achetés de manière réfléchie et qui doivent pouvoir se combiner à l’infini, adapté à notre mode de vie réel ; des accessoires de très bonne qualité afin qu’ils durent ; une lucidité et un recul sur soi-même à toute épreuve et quelques pièces un peu folles… qui n’ont le droit d’exister que si elles sont portées.

Une femme élégante est une femme qui se connaît sur le bout des doigts, sait faire fi des influences extérieures et qui réfléchit un minimum à ce dont elle a besoin avant d’entrer dans un magasin et sortir sa carte bleue.
Évidemment c’était plus facile à faire lorsqu’Instagram et le shopping en ligne n’existaient pas. Mais j’imagine aussi que la société d’alors avec des codes, règles et habitudes tout aussi fortes et que vivre avec n’était pas plus simple que d’être en permanence bombardé d’images sur les réseaux sociaux ou sur n’importe quel site Internet.
Geneviève Dariaux n’interdit pas du tout les achats impulsifs, elle rejette par contre les achats impulsifs compulsifs. Qu’on achète sur un coup de tête un manteau rouge que l’on trouve sublime alors qu’on avait plutôt en tête un modèle très sobre et passe-partout peut s’avérer extrêmement judicieux.
Par contre acheter une paire d’escarpins recouverts de strass et à talons très hauts chez Louboutin parce qu’on est un peu déprimé et alors que notre shopping list disait plutôt: chapeau d’hiver, bottes et belle valise est vraiment une habitude à perdre car affreusement contre-productive.

Rien de révolutionnaire au final, tous les piliers déjà vus dans mes divers guides sur le style sont là. Ce qui est amusant et touchant c’est de voir que tous ces guides récents ne sont que les enfants et petits-enfants de ce livre.
Ce que j’ai particulièrement aimé et qui est très différent de tous ces livres, c’est le ton et le style de madame Dariaux, j’ai eu l’impression de lire un courrier d’une lointaine grand-tante infiniment élégante et bienveillante mais qui ne saupoudre pas ses propos de sucre, un régal!

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Quant à « Elegance » de Kathleen Tessaro, je suis encore en plein de temps, je guette chaque instant où je peux me replonger dedans pour suivre le parcours de Louise.
Mon petit doigt me dit que ce livre va me faire le même effet que le »Girl’s guide for fishing and hunting » de Melissa Bank que j’avais acheté en pensant à de la chick lit de qualité et qui s’est avéré être bien plus que ça un excellent livre, à la fois très drôle et très touchant (je le recommande donc chaleureusement!!).
Qu’est-ce qui relie « Elegance » et le petit manuel de madame Dariaux? Et bien Louise l’héroïne d' »Elegance » lit ce petit manuel, et c’est cette lecture, et son impact sur cette jeune femme que l’on suit. Et évidemment on ne parle pas que de l’impact sur sa garde-robe, ce serait trop simple et bien peu intéressant, il est plutôt question de ce qui se passe globalement dans notre vie lorsque nous nous mettons à travailler sur l’un de ses aspects, fût-il – en apparence – aussi futile que notre élégance vestimentaire. Comme souvent avec les auteurs anglo-saxons j’aime l’écriture de Kathleen Tessaro que je trouve simple et très agréable à lire. C’est souvent drôle, jamais mièvre, parfois très émouvant, j’espère qu’il en sera ainsi jusqu’au terme du roman.