J’ai rencontré Zola Lousiane Jackson

Rien à voir avec Emile, rien à voir avec Mickael, tout à voir avec New-Orleans.

Je suis partie en week-end à Nantes sans livre. J’avais ELLE pour me tenir compagnie dans le train (mais c’est quoi encore ce numéro spécial rajeunir??!!) et je savais que je n’aurais pas le temps de lire ne serait-ce qu’une ligne pendant ce week-end consacré à Chopin.

Le hasard (Mr Papillon plutôt) a mené nos pas à la librairie Coiffard, temple nantais consacré aux livres et où je veux bien rester enfermée pendant 6 mois tant cette librairie correspond à mon idéal de librairie (avec magnifiques rayonnages en bois sombre absolument partout et petit coeurs rouges sur les livres appréciés par les libraires).

Là je suis tombée sur « Zola Jackson » de Gilles Leroy dont je venais de lire une excellente critique d’Olivia de Lamberterie dans un vieux ELLE.

Petit aparté, Olivia de Lamberterie est l’une des raisons pour lesquelles je me précipite sur mon ELLE chaque semaine. Parce que la mode c’est bien, mais la littérature…. ah la littérature! Et les articles et les choix de cette journalistes me ravissent.

Donc voilà, Olivia de Lamberterie a écrit beaucoup de bien de cet ouvrage. Et a prévenu qu’il risquait de nous faire pleurer aussi.
J’adore pleurer sur des bons livres.

Je pleure pour la belle musique, je pleure sur les beaux livres, je suis une vraie fontaine.
Il n’y a qu’au cinéma que ça ne marche pas.

Me voilà donc partie avec mon livre sous le bras.

Il a tenu 2h tout rond. Le temps d’un Paris-Nantes en TGV.
Paris-Nantes en passant par la Nouvelle-Orléans.

Je rêve de cette ville, de ses maisons, de ses rues, de ses clubs de jazz, de sa cuisine, de son odeur, de ses habitants. De tout.

Et pourtant je sais que tout ce qui a façonné ce rêve n’existe plus, s’est envolé, a été emporté par des torrents de boue.
Katrina, Août 2005.

C’est ce que nous raconte Gilles Leroy dans son roman.
Il nous le raconte à travers les yeux et les paroles de Zola Jackson, « vieille » dame noire vivant dans le quartier pauvre. Dans ce quartier pauvre oublié par les autorités et envahi de boue et de cadavres.
Zola refuse de quitter sa maison construite autrefois – à l’époque des jours heureux – par son mari et surtout de laisser derrière elle Lady, sa chienne labrador, cadeau de son fils perdu et compagne de ses vieux jours.

D’aucuns diront que risquer sa vie pour un animal est ridicule et absurde.
Peut-être.
Mais comment sacrifier des êtres qui nous apportent parfois plus d’affection qu’aucun humain, qui sont encore là quand tout le monde est parti?
Alors en attendant que Sean Penn ne revienne ou que Georges Bush daigne venir sur place, Zola se bat et se souvient. De son enfance, de son fils, des précédents ouragans, des digues qui ont déjà lâché, de Troy, l’amoureux de son fils qu’elle ne supporte pas.

Il faut parfois des événements extrêmement forts, qui nous affectent au plus profond de notre être pour envisager les choses différemment et et commencer à changer. Le chemin peut-être long et douloureux.
C’est ce que nous raconte Gilles Leroy dans ce très beau roman. Zola Jackson est une grande héroïne, il faut absolument que vous la rencontriez!

**********************************
« Zola Jackson » de Gilles Leroy
ÉditionsMercure de France

4 réflexions sur “J’ai rencontré Zola Lousiane Jackson

  1. Si effectivement les quartiers pauvres (plus loin du centre-ville) ont été dévastés et prennent du temps à être reconstruits, l’impact de Katrina est pratiquement imperceptible sur la ville en elle-même, il faut le dire parce que là-bas même de nombreux Américains, malgré le fait que ce soit leur propre pays croient encore que la Nlle Orléans est en ruines! du coup le tourisme repart très doucement en Louisiane. En tout cas pour y être allée en octobre/novembre dernier, je ne pense qu’à une chose c’est d’y retourner le plus vite possible!

    • Voilà une heureuse nouvelle pour la touriste que je suis.
      Ça fait mal au cœur de savoir que ce sont ceux qui sont le plus dans le besoin qui doivent être les plus patients, mais je suis heureuse de savoir que la Nouvelle Orleans de mes rêves existe toujours!!

    • lol! J’ai bien crébillonné chez Comptoir…mais c’est tout 😉
      Ce week-end était top, il nous a fait un bien fou!

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.