Et au milieu coule une rivière ou « Vollmond » de Pina Bausch au Théâtre de la Ville

Un agenda un peu trop rempli a généré pas mal de retard sur ce blog, je ne vous ai donc pas parlé de l’un des derniers spectacles que j’ai vu et adoré.

Mais avant de vous parler de Vollmond, il faut que je vous raconte ma petite malédiction Pina Bausch. Figurez-vous que depuis que j’ai un abonnement au Théâtre de la Ville je n’ai jamais réussi à assister au spectacle de Pina Bausch prévu dans mon abonnement. En déplacement, obligation professionnelle ou voyage de noce, rien à faire, je n’ai pas pu voir les derniers spectacles.

J’ai fini par me dire que j’étais maudite et que jamais je ne réussirais à voir un spectacle de Pina Bausch.

Et puis voilà, la grande Pina est décédée, laissant le monde de la danse un peu orphelin.
Cette nouvelle m’a touchée et attristée. Et beaucoup frustrée : je n’ai jamais eu l’occasion d’applaudir Pina Bausch au terme d’un spectacle, et l’idée de ne plus jamais pouvoir le faire m’a frustrée.
J’ai eu l’impression que ses ballets n’auraient plus jamais la même « saveur » maintenant que la chorégraphe n’était plus.

Et bien je vous le dis, je n’avais jamais vu le Théâtre de la Ville aussi sage, aussi « recueilli » ni aussi rempli d’ailleurs. Plus une place de libre, des gens assis dans les marches, des mouches qu’on peut entendre voler, et surtout personne qui ne quitte la salle au beau milieu du spectacle.

Et le spectacle ?

Réjouissant, enthousiasmant, joyeux, vivant, étonnant, survolté.
Et humide. Mais ça c’était sa signature à la grande Pina.

Sur scène 12 danseurs: 6 femmes ; 6 hommes. Et une infinité de possibilités.
A chacun son style, son univers. Et tous ces petits mondes se croisent, s’opposent, se mélangent, se désirent, se rejettent, s’arrosent. Jouissif!

Ajoutez au talent des danseurs une bonne dose d’humour égrainée tout au long du spectacle par Nazareth Panadero (« l’eau bout à 100°. Le lait dès que vous tournez le dos ») et un accompagnement musical riche, cosmopolite et qui fait mouche: Cat Power, Amon Tobin, Tom Waits ou René Aubry.

Quant au décor, il est tout simplement hallucinant avec une scène au milieu de laquelle coule une rivière assez large pour que les danseurs puissent y nager. Sur cette rivière, un énorme rocher que les danseurs escaladent à loisir.

Un très beau spectacle donc, au cours duquel j’ai eu plus d’une fois l’impression de sentir l’âme de la chorégraphe flotter autour de nous.
Pour finir, 2 vidéos trouvées sur le net. La qualité de l’image n’est pas très bonne, mais on y sent malgré tout l’énergie du ballet.

© Photos theatredelaville-paris.com

4 réflexions sur “Et au milieu coule une rivière ou « Vollmond » de Pina Bausch au Théâtre de la Ville

    • J’en suis bien consciente, pour moi ce spectacle était un merveilleux cadeau et un incroyable moment de poésie!

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