Baby doll, baby doll

babydollVous aimez l’oeuvre de Tennessee Williams?  Vous avez adoré « Un tramway nommé désir »?

Alors courez voir cette pièce encore à l’affiche du théâtre de l’Atelier pour quelques semaines.

L’histoire? La voici telle que la raconte le site du Théâtre de l’Atelier: 1939 – Sud des Etats-Unis. Archie Lee, exploitant de coton en faillite est marié à Baby Doll, une femme enfant. Suite à la promesse faite au père de Baby Doll, le mariage ne sera consommé que lorsque celle-ci aura 20 ans. La veille de l’anniversaire de Baby Doll, arrive Silva Vaccaro, l’étranger, voisin et concurrent d’ Archie Lee. Il soupçonne ce dernier d’être responsable de l’incendie qui a détruit son égreneuse à coton, et est bien décidé à se venger de lui. Son arme sera Baby Doll.

Archi Lee est un vieil homme rustre qui n’a pas eu l’occasion de s’essayer aux sentiments, notamment aux plus tendres.

La jolie Baby Doll, femme-enfant par excellence, est donc mariée à une brute handicapée du coeur qui ne sait s’y prendre avec elle…et s’y prend donc très très mal.

L’homme n’est pourtant pas mauvais. Ne l’était pas. La misère révèle souvent ce qu’il y a de pire en l’humain. La frustration aussi. Et notre homme est concerné par les 2.

Quant à Silva Vaccaro, il est aussi jeune, beau et en pleine réussite qu’Archi Lee est dans la mouise et décrépi. Odieux contraste.

La rencontre est explosive, forcément explosive (et littéralement en plus!). Mais ce n’est pas de l’histoire que je veux vous parler.

Je veux vous parler du décor somptueux qui habille la pièce: une vieille maison de bois coupée en deux pour nous laisser voir son intérieur. Il n’y a rien à voir, c’est la misère, les meubles ont été emmenés. Ne reste , à l’étage, dans la chambre d’enfants qu’un petit lit en fer adorable, un lambeau de papier peint, une vague petite coiffeuse.
Dans la salle principale et la cuisine il ne reste presque rien. Une table et des cageots, un rocking chair qui ne rocke plus, un téléphone. Une pompe qui ne donne plus d’eau.

Cette maison en plus d’être vide sent la misère et le malheur.

Dans la cour une vieille limousine abandonnée là par l’ancienne propriétaire de la maison tombe doucement en ruine.
Et dans un coin une balançoire…

En fond sonore des mouches, des insectes, du vent, de la musique, une fête… Nous sommes dans le Sud des Etats-Unis, vraiment.

Ce décor est une merveille: vrai décor riche, « à l’ancienne » car réellement présent, et en même tellement moderne dans son approche.

Et puis il y a la mise en scène et les comédiens. Expérience jouissive du théâtre comme je l’aime: du cinéma, sans l’écran.

Tous les comédiens sont excellentissimes, avec un énorme coup de coeur pour la délicieuse et ravissante Mélanie Thierry enfant devenant femme devant nos yeux.
Faites qu’elle continue à jouer au théâtre régulièrement, ce sera du bonheur.

Et puis Xavier Gallais bien sûr. C’est essnetiellement pour lui que je voulais voir la pièce.
Il est comme toujours – et même de plus en plus – brillant, juste, jubilatoire à regarder jouer.

Il est parfait dans son rôle de beau gosse sanguin qui a soif de revanche mais garde les yeux ouverts sur ce qui l’entoure.
C’est un rôle dans lequel je ne l’attendais pas forcément. Son rôle de prince charmant pas si charmant dans Ondine avait un peu cassé le mythe: il était beau et charmant, mais quelle lavette ce prince!

Là non seulement il n’est pas lâche mais en plus il est torride! Le couple Baby Doll / Vaccaro est magnifique!

Le seul point noir de la pièce: le confort tout relatif du théâtre de l’Atelier. Les sièges sont confortables si vous faites 1,60m maximum. Au-delà vous aurez mal aux genoux😦
Mais la pièce vaut ces quelques bleus et crampes, et puis une petite balade aux Abbesses après le spectacle vous permettra de vous dégourdir les jambes.

 

*************************************
Baby Doll
Théâtre de l’Atelier
Jusqu’à fin Juin 2009

 

 

6 réflexions sur “Baby doll, baby doll

  1. Erf, dommage la note « confort » du théâtre de l’Atelier. On est un couple de « grands » avec le Loup… le genre qui culmine à 1.77m et 1.78m😄

    Ca reste quand même vivable ?

    En tout cas, je cherchais une pièce à aller voir, et voyant les affiches (et le livret de la pièce au travail) ca me tentais mais là, je suis conquise. =)

  2. Ah Tennessee Williams, sa joie de vivre, sa foie en l’humanité, son romantisme désuet…

    Bon d’accord je sors.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s