{Sarah Bernhardt: et la femme créa la star}

De Sarah Bernhardt je connais surtout le théâtre. Le bâtiment, veux-je dire: c’est mon cher Théâtre de la Ville qui rouvre ses portes à la rentrée, et reprend partiellement son nom de star.

De l’artiste, de la Divine, du «monstre sacré» tel que Jean Cocteau l’a qualifiée, je ne connais pas grand chose. Qu’elle a aimé jouer des rôles masculins, qu’elle a été une immense tragédienne, qu’on avait dit qu’elle dormait dans un cercueil à un moment de sa vie, et qu’elle avait acheté un ancien petit fort militaire à Belle Île, voilà à peu près l’étendue de mon savoir sur cette femme à la vie incroyable.

Le moins que l’on puisse dire est que l’exposition est riche, très riche, foisonnante et qu’elle offre un portrait passionnant de l’artiste et de la femme qui a créé ce personnage inouï de Sarah Bernhardt. Je l’ai assez rapidement imaginée comme Marilyn Monroe, une de ces femmes capable de passer de la femme au personnage qu’elles ont créé en une fraction de seconde, de l’anonymat à la star au visage connu de tous en un clignement d’yeux. Un de ces êtres fascinant qui a été sa propre créatrice.

Sarah Bernhardt a été la tragédienne adulée que l’on connaît. Elle a aussi été autrice, peintre, sculptrice, elle a été actrice de cinéma et pas seulement de théâtre. Elle a travaillé constamment, sans cesse, jusqu’à son dernier souffle. On sent qu’aussi riche et dense qu’est l’exposition, ses commissaires ont dû laisser de côté d’autres rencontres avec des artistes, d’autres œuvres, d’autres aventures en tous genres. Sarah Bernhardt a vécu 100 vies en une seule, c’est extraordinaire.

Dreyfusarde, soutien de Zola, anti-peine de mort, engagée lors de la première guerre mondiale en ayant installé un hôpital dans son théâtre et en allant soutenir les troupes, cette femme morte avant d’avoir eu le droit de vote n’était pas tout à fait ordinaire, citoyenne de fait avant de l’être de droit, comme Marie Curie et d’autres femmes restées anonymes avec elles. On admire la femme autant – peut-être même encore davantage – que la tragédienne adulée.

Si Paris grouille de touristes, rares sont nos amis étrangers qui connaissent la grande dame, l’exposition est donc un bonheur à visiter en ce mois d’août pendant lequel les Parisiens ont déserté leur ville chérie.

« Sarah Bernhardt: Et la femme créa la star »
Au Petit-Palais, Paris
Jusqu’au 27 Août 2023

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