Je vis une blog-frustration assez intense ces dernières semaines.
Impossible de trouver le temps qu’il me faut pour écrire comme j’aimerais le faire.
Impossible de ne serait-ce que sortir le pied de l’appareil photo pour garder la trace de mes dernières trouvailles vestimentaires.
Impossible de partager ces petits moments de bonheur d’un week-end en bord de mer, d’un déjeuner dominical particulièrement réussi.
Pas le temps. Il me faudrait des journées de 30 heures.
J’adore mon boulot et les challenges qu’il m’offre, mais ces jours-ci c’est presque trop.
J’ai beau essayer de ne pas trop sacrifier ma vie sociale sur l’autel du travail, ces temps-ci à quelques rares exceptions près, c’est néanmoins le cas.
Frustration donc.
Ca va finir par passer, je vais finir par retomber dans mes escarpins et retrouver un rythme qui me convient.
En attendant, reprise de la saison théâtrale au Théâtre de la Ville!
Changement de partenaire cette année: Holly partant en voyage dans quelques semaines, elle n’a pas renouvelé son abonnement. Et Mr Papillon s’est laissé tenter.
Nous avons commencé par une nouvelle pièce signée Guy Cassiers: « Sous le volcan« .
Nous avions tous les 2 beaucoup aimé les 2 pièces vues l’année dernière: « Mefisto for ever » et « Atropa« .
« Sous le volcan » est une adaptation du roman de Malcolm Lowry. C’est l’histoire dramatique d’un ex-consul britannique en poste au Mexique qui voit son mariage se défaire au fur et à mesure qu’il sombre dans l’alcool, et que le monde sombre dans le fascisme (l’action se passe en 1938).
Si comme l’année dernière j’ai été enthousiasmée par les acteurs – Josse De Pauw qui signe également l’adaptation du texte magistral en consul et Katelijne Damen émouvante dans son rôle de femme tiraillée entre son amour pour son ex-mari en pleine chute en enfer et son envie de retrouver le calme – et ai beaucoup aimé la mise en scène, avec l’utilisation de la vidéo comme élément intégrant de l’histoire.
Mais je suis restée sur ma faim. Quelque chose manque. De l’énergie, de la force, des sentiments exprimés par un autre biais que celui quasi exclusif de la video.
J’ai quitté le théâtre un peu déçue, avec l’impression d’avoir assister à une pièce un peu bavarde et qui passe un peu à côté de l’essentiel de son sujet.
J’aurais aimé être plus touchée, boulversée par cette histoire qui reste excellente et passionnante. Et tellement actuelle.
Le consul se saoule au mescal et à la tequila comme notre société se saoule de consommation (moi la première!). Et si le monde dans lequel vit le consul est au bord du gouffre fasciste, le notre est au bord du gouffre écologique. Dans les 2 cas ce sont des catastrophes qui s’annoncent.
J’ai beaucoup aimé cette espèce de parallèle fait par Cassiers qui est coutumié du fait. Ses pièces sont politiques sans l’être « lourdement ». Le fond politique est là, indéniablement. Guy Cassiers nous alerte, pointe du doigt les sujets qui l’intéressent ou le choquent et nous les donnent à voir à travers un filtre artistique et culturel particulier.
Je ne me suis jamais sentie manipulée par son procédé, mais réellement interpellée, et avec une véritable envie de me poser pour réfléchir.
« Sous le volcan » manque indéniablement de piment à mon goût, mais le questionnement de Guy Cassiers reste passionnant et pertinent.
********************************************
« Sous le volcan »
D’après le roman de Malcolm Lowry
Mise en scène de Guy Cassiers
