« Valse avec Bachir » de Ari Folman

Après des mois loin des salles obscures Mr Papillon et moi essayons de rattraper un peu de notre retard. Après WALL-E et son univers tout cracra mais très Bisounours finalement, nous sommes aller voir « Valse avec Bachir ». En voici, pour commencer, le synopsis donné par Allociné:

Valse avec Bachir est un film autobiographique. Ari Folman, metteur en scène israélien, a rendez-vous en pleine nuit dans un bar avec un ami en proie à des cauchemars récurrents, au cours desquels il se retrouve systématiquement pourchassé par une meute de 26 chiens. 26, exactement le nombre de chiens qu’il a dû tuer au cours de la guerre du Liban, au début des années 80 !
Le lendemain, Ari, pour la première fois, retrouve un souvenir de cette période de sa vie. Une image muette, lancinante : lui-même, jeune soldat, se baigne devant Beyrouth avec deux camarades.
Il éprouve alors un besoin vital de découvrir la vérité à propos de cette fraction d’Histoire et de lui-même et décide, pour y parvenir, d’aller interviewer à travers le monde quelques-uns de ses anciens compagnons d’armes.
Plus Ari s’enfoncera à l’intérieur de sa mémoire, plus les images oubliées referont surface.

Nous sommes donc bien loin d’une histoire d’amour entre petits robots. C’est plutôt la haine, la souffrance et l’inhumanité qui nous sont montrés là.
En essayant de retrouver les morceaux de son histoire, Ari Folman nous montre des morceaux de l’Histoire, de cette Histoire qu’on lit dans les livres, mais toujours de loin, de manière aseptisée. Ici on la voit à travers les yeux d’un homme de 40 ans qui essaie de retrouver le jeune homme de 19 ans qu’il était.

Plus le puzzle reprend forme, plus on comprend pourquoi sa mémoire a essayé de faire « reset » sur ces jours. Je pleure rarement au cinéma, mais cette fois-ci je suis sortie de la salle en essuyant mes larmes. Peut-être parce que la fin du film n’est pas du cinéma, mais des images de souffrance et de chagrin bien réelles. Sur un visage d’enfant très proche de celui de ces petites têtes blondes si chères à nos coeurs et que l’on fait tout pour protéger du malheur.

En sortant du cinéma je me suis dit qu’il y avait bien longtemps que ce type d’images ne nous parvenait plus, que celles que nous recevions aujourd’hui étaient bien édulcorées et que les armées étaient bien malignes de garder les journalistes sous leur « protection ». Quelle serait la réaction des Américains devant des images quotidiennes de mères iraquiennes en larmes devant leurs enfants morts, leurs maris massacrés? Nos guerres sont dead free aujourd’hui, les chaînes de télévision américaines n’osent même plus diffuser les images du rapatriement des cercueils de leurs soldats morts de peur de déprimer l’Amérique. Alors de morts de l’autre côté…

Ari Folman, au lendemain des massacres, s’est senti coupable et « dans la peau des nazis » (ses parents sont morts à Auschwitz), ce qui explique d’après son ami psy pourquoi il a l’hallucination / rêve dont il souffre et pourquoi sa mémoire a jeté ces souvenirs au fond d’un puit.
Comment imaginer en effet que l’armée d’un peuple qui a tant souffert puisse laisser perpétrer ça?
Comment imaginer qu’au XXIème siècle l’Homme si supérieur à ces chiens que l’on voit au début du film en soit encore à régler ses conflits dans le sang et la violence alors qu’il a l’intelligence et le langage?

Pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur le film et sur le massacre de Sabra et Shatila:
Le site officiel du film
Wikipédia (en lisant les avertissements)

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