Life in progress

Sylvie Guillem est une femme d’impression et de sensation. À chaque fois que je la vois (ici puis là) j’ai l’impression qu’elle n’est que bras et jambes, surmontés d’une épaisse frange rousse et d’un beau sourire. Et j’ai simultanément la sensation d’être face à l’incarnation du mariage et de l’équilibre parfaits entre la grâce et la force. Se pourrait-il que cette femme soit une sorte de déesse ou d’extraterrestre ? « Life in progress » est sa manière de dire au revoir à la scène et au public. Un spectacle qui lui ressemble: étonnant et généreux. Fougueux aussi. C’est peut-être ça en fait: Sylvie Guillem est un fabuleux pur sang qui n’a peur de rien, ose tout et savoure tout. Elle est au galop pendant tout le spectacle. On commence doucement, avec « Techne » un ballet de la terre et des racines signé Akram Khan, dansé autour d’un arbre stylisé qui semble donner vie et énergie à un drôle d’être, mi-insecte, mi-humain. La

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Issermann et Pellegrin à la MEP

Lorsque j’ai lu dans le Daily Elle que l’expo de Dominique Issermann à la MEP était prolongée de quelques jours j’ai aussitôt envoyé un mail à Mr Papillon en lui disant qu’il fallait que nous y allions pendant le week-end. Dimanche matin nous avons donc été voté puis avons filé direction Le Marais et sa merveilleuse maison consacrée à la photographie et aux photographes. Nous nous attendions à une queue conséquente et agaçante. Que nenni, nous devions être une dizaine dans le bâtiment, des conditions de visite parfaites! Nous avons expédié l’expo consacrée à Dominique Issermann assez vite. Malheureusement. Issermann et Casta c’est une longue histoire d’amour entre une photographe et un modèle, j’attendais donc beaucoup de cette séance dans les termes de Vals, dans la rencontre de ce lieu aux lignes et aux matières brutes et le corps de Mademoiselle Casta. Mais j’ai trouvé tout cela facile, téléphoné, terriblement convenu. Caricaturalement séance photo pour Vogue. C’est beau, hein, mais

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Revoir Béjart

J’avais eu la joie de découvrir le travail de Maurice Béjart et le talent du Ballet de Lausanne il y plusieurs années. Impossible de me souvenir précisément de ce que j’avais vu ce soir-là, à part bien sûr le célébrissime « Boléro ». Comment oublier le « Boléro » de Maurice Béjart? Une telle perfection sensuelle… Mais revenons à ce spectacle-ci: le Ballet de Lausanne célèbre ses 25 ans par une tournée européenne. Passage obligé à Paris pour la compagnie, j’ai donc acheté des billets en Juin l’année dernière pour être sûre d’avoir des places. il fallait que Mr Papillon découvre le travail de Maurice Béjart qui ne ressemble à rien de ce qu’il a vu jusqu’à présent. Il a vu beaucoup de classique très très très classique, de la danse contemporaine dans ce qu’elle a de plus moderne, épuré, poussé à l’extrême, mais ce qui existe entre les 2, et bien il n’en a pas vu grand chose. Le « Caligula » de Nicolas Le

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6000 miles away…

Elle sera toujours pour moi la danseuse classique ultime. LA danseuse classique. Quoi qu’elle danse. Parce que son alchimie est parfaite: technique impeccable sans jamais l’impression du moindre effort, d’une énergie incroyable et autant de grâce, la rigueur absolue mélangée à une souplesse quasi surnaturelle, un corps de liane si fin et si puissant, élégant toujours. Ses pieds hurlent « classique », le bout de ses doigts hurle « classique », son port de tête de reine hurle « classique » Sylvie Guillem est la danseuse classique dont personne n’a osé rêver je pense. Un fantasme vivant pour chorégraphe. Et le caractère qui va avec. Évidemment elle fut la plus jeune étoile de l’Opéra de Paris. Évidemment elle en claqua la porte pour voler de ses propres ailes. C’est à cause d’elle que ma sœur et moi avons pratiqué cet art s’exigeant. Elle est ma danseuse absolue. Quoi qu’elle danse elle m’hypnotise et m’enchante. Et en la matière « 6000 miles away » est la perfection. Conçu par

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Eonnagata

Comme vous me voyez là je rentre juste de la réalisation d’un rêve. Un de ces trucs dont on rêve à l’adolescence en poussant un gros soupir parce que « même pas en rêve ». En l’occurrence voir Sylvie Guillem danser sur scène, dans la même « pièce » que moi, devant mes yeux à moi. Pourquoi? Parce qu’à l’époque où elle quittait l’opéra de Paris je n’étais qu’une petite fille qui commençait tout juste à apprendre la danse classique. Aucune chance donc de la voir dans le répertoire classique de l’opéra. Et si l’on songe à l’âge auquel les danseuses sont sensées prendre leur retraite, il n’y avait en effet qu’une chance infime que je voie ce génie de la danse sur les planches.