5ème avenue, 5h du matin

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Encore un coup de Philippe Collin et Xavier Mauduit. Encore un coup de France Inter.
Le nombre d’expo, pièces de théâtre ou films vus, de livres lus grâce à eux!!
(Il faudra que je vous raconte un jour mon OneNote spécial bouquins, musique, théâtre, films, expos, etc. Je suis une grande malade!)

Début Janvier mon cher cinéma Mac Mahon remettait Breakfast at Tiffany’s à l’affiche (en version restaurée) et Holly et moi retournions pleurer devant les aventures et mésaventures de Miss Golightly.
A tous les coups ça marche. La faute au chat roux, évidemment :-)

La sortie tombait à pic, quelques semaines auparavant était parue la version française du livre de Sam Wasson "5ème avenue, 5 heures du matin".
Ce livre raconte l’histoire derrière le film "Breakfast at Tiffany’s", sa génèse, ses petits secrets de tournage.

On le lit comme un excellent roman, de ces histoires qu’on a du mal à lâcher tant qu’on n’a pas achevé le dernier chapitre.
Ce livre est documenté d’une manière incroyable, Sam Wasson ayant pu rencontrer et échanger avec les protagonistes qui ont construit ce merveilleux film. Et ces protagonistes ont ouvert leurs archives, remué leur mémoire, ouvert leurs cœurs.

"Breakfast at Tiffany’s" tel que nous le connaissons est un petit miracle.
Blake Edwards n’aurait pas dû être son réalisateur, Audrey Hepburn pas sa Holly, Moon River pas sa chanson, Hubert de Givenchy pas son costumier en chef…

Et sans tout ceci ce film ne serait pas devenu le film culte qu’il est rapidement devenu. Culte car il a fait voler en éclats un nombre de principes et préjugés de l’époque, sur le statut de la femme notamment, et si aujourd’hui on trouve ça tout à fait normal, l’indépendance de Holly à l’époque a fait scandale.
C’est toujours ainsi quand un bon ange décide que l’impossible doit se produire, toutes les pièces du puzzle finissent par trouver leur place et la magie opère.

Si vous aimez "Breakfast at Tiffany’s" je ne peux que vous encourager à lire ce livre, vous vous régalerez!

Marilyn, dernières séances

Cet été pendant nos vacances j’ai découvert une série absolument passionnante sur France Culture: "Les Grandes Traversées". Une série de documentaires, entretiens, fictions réalisés autour d’un acteur, auteur, personnage public. Pendant la dernière semaine de Juillet cette grande traversée était consacrée à Marilyn Monroe et inspirée par le roman de Michel Schneider "Marilyn, dernières séances".

C’est bien simple, j’ai adoré chaque minute de cette série d’émission. Des débats riches, intelligents ; un documentaire très bien réalisé, passionnant et instructif ; un feuilleton absolument génial.
Naturellement j’ai eu envie de lire le roman pour avoir l’intégralité de l’histoire. Je l’ai dévoré!!

Autant j’ai buté sur "Blonde" de Joyce Carol Oates et sa noirceur (mais je l’ai repris et me suis replongée dans sa lecture), autant celui-ci m’a enthousiasmée.
C’est en le lisant que j’ai réalisé d’où venait mon amour pour l’inoubliable Marilyn: elle est tout simplement une héroïne de roman tombée dans le monde réel.
Des destinées et des histoires telles que la sienne sont tellement incroyables que l’on ne s’attend à les découvrir qu’au cinéma ou dans des romans.
La preuve en est la qualité du roman de Michel Schneider dont on sait que s’il s’agit bien d’une pure fiction, elle s’appuie sur des personnes, évènements, faits et lieux bien réels. Il romance le réel et le rend encore plus passionnant et fascinant.

Ces dernières séances sont les séances de psychanalyse/psychiatrie – les deux étaient extrêmement mêlées à cette époque – que Marilyn fit avec Ralph Greenson pendant les 30 derniers mois de sa vie.
Autant que le contenu des séances, le roman étudie la relation entre Marilyn et son analyste et l’évolution de celle-ci. Très vite la relation fut bien plus qu’une simple relation d’analyste/analysant et Greenson s’occupera de bien plus de choses que de simplement l’analyse de sa patiente. Et alors on comprend mieux toutes les questions qui se sont posées après la mort de sa plus célèbre patiente.

Je ne vous en dit pas plus, lisez ce roman, il est excellent et passionnant !!!

Bonne lecture!

Pour écouter les émissions de France Culture:
Le débat
Le documentaire
Le feuilleton

Christian raconte Christian Dior

Vous n’êtes pas sans ignorer que j’aime la mode, les vêtements et les souliers.
Vous n’êtes pas sans ignorer non plus que j’aime les livres, les belles histoires, les grands destins.

Il n’est donc pas très étonnant que j’aime tant les livres qui parlent des couturiers, des stylistes et des créateurs.
En tête, les 2 chouchous-idoles que sont Gabrielle Chanel et Yves Saint-Laurent.
Je dévore les livres, admirent les expositions, regardent les films et les documentaires.

Ma nouveauté du moment: la biographie par le créateur lui-même, et cette fois-ci un monsieur que je ne connais pas, et pire qui ne m’intéressait pas (si, si): Christian Dior.
L’inventeur du New Look et du tailleur Bar ne me "parle" pas. Sa vie, la façon dont il a créé sa jolie maison, rien de tout cela ne me fascinait ou ne m’intriguait.
Un comble quand on connaît mon amour pour sa joaillerie (ma bague de fiançailles sort de chez lui, diantre!!), pour le charme inouï de la boutique de l’avenue Montaigne, mon admiration de pour John Galliano.

Ne cherchez pas, ce monsieur était aussi discret que talentueux, ceci explique probablement cela.
Oui mais voilà, après Christian Dior il y eut Yves Saint-Laurent, avant que ce dernier ne crée sa maison. Sans Mr Dior point de Mr Saint-Laurent, et ça, ça m’intéresse. La transmission, la construction, que de sujets passionnants.
Et puis Christian Dior qui raconte lui-meme sa maison, ses robes, ses "jeunes filles", ses premières et toutes ses petites mains, la construction de son empire, etc, est forcément à lire.

Son "Christian Dior & moi" est un livre charmant.
Gris Trianon comme la boutique de l’avenue Montaigne, délicatement bourgeois de province, résolument parisien, cultivé, intelligent, cabot comme seuls les plus grands peuvent l’être, moderne et vieillot tout à la fois, sa lecture est délicieuse, gaie, sophistiquée comme l’étaient les années 50.
Cet élégant exercice de communication très avant-gardiste pour l’époque (enfin je trouve: Mr Dior écrit son histoire, donne ce qu’il veut bien donner, garde le reste. Amis journalistes et curieux, passez votre chemin) donne à voir et comprendre d’où viennent les grandes maisons de couture nées après-guerre, les attentes de l’époque, les règles du jeu, les mécanismes créatifs et commerciaux en vigueur à ce moment-là.

Que de chemin parcouru depuis lors… Notamment grâce à Yves Saint-Laurent, son prêt-à-porter et ses coups de pieds savants dans les codes de l’époque.

Mais après lecture on comprend pourquoi après Christian Dior il ne pouvait y avoir qu’Yves Saint-Laurent: même histoire et culture bourgeoise, même sens de l’architecture d’une silhouette, même amour de la femme, même amour de l’artisanat, du Beau. Leur sensibilité était différente, l’un était un terrien à la tête froide, l’autre un écorché vif à la créativité brûlante, mais en observant un peu les deux hommes on devine la filiation.

Christian Dior parle peu de l’homme derrière le couturier, mais le peu qu’il en dit m’a touchée et donné envie d’aller découvrir ses maisons, lui l’architecte contrarié devenu couturier.
J’ai aimé son style sophistiqué et joliment surranné. Il emploie des tournures et des mots aujourd’hui oubliés et c’est ravissant.

Définitivement un livre charmant…