La Douleur

Le retour de mes petites photos made in BlackBerry toutes pourries ;-)

Une femme écrit pour ne pas sombrer. Pour tenir la folie à distance.
Pas beaucoup vraiment, juste un cheveu.
Car elle attend un miracle venu de l’innommable.

Marguerite Duras attend le retour de son mari d’un camp de concentration.
Est-il vivant? Elle ne le sait même pas. Elle espère et désespère dans la même minute.

Elle échafaude tous les plans, tous les scenarii. Elle en perd le sommeil et l’appétit. Elle tente de se « divertir » de cette attente tragique en passant ses journées à l’hôtel Lutétia où sont accueillis survivants et prisonniers pour le journal qu’elle a créé afin d’informer les familles dans la même situation qu’elle.

Lorsque le miracle se produira, c’est la lutte contre la mort qui débutera. Car elle n’a pas envie de laisser s’échapper ses victimes de ses camps, alors la mort rôde, attaque, donne l’illusion d’un répit. Revient plus violemment. Puis sait s’avouer vaincue.

Dans « La Douleur » Marguerite Duras nous parle de la monstruosité des hommes, de l’inimaginable et de l’impardonnable. Mais surtout elle nous parle d’amour, de cet amour absolu que peuvent partager deux êtres, qui peut amener à la limite de la folie lorsque l’Autre manque si cruellement et que l’on a si peur pour elle ou lui mais qui sauve aussi.

Cet amour qui donne patience, dévouement, énergie infatigable et qui peut faire revenir de l’enfer, réparer, guérir.

Je ne connaît pas l’œuvre de Marguerite Duras, « La Douleur » est son seul ouvrage que j’aie lu.

J’avais essayé de me lancer dans « L’Amant » à la sortie du film, mais j’avais trouvé ça épouvantablement ennuyeux. Je suis tombée sur « La Douleur » presque par hasard, ma sœur l’ayant étudié au lycée.

J’ai profondément aimé ce texte. Les mots de cette femme éperdue de douleur, à bout d’attente et d’inquiétude m’ont touchée, je me suis reconnue en elle, moi qui n’avais jamais éprouvé aucun de ces sentiments, moi qui n’avais pas encore rencontré mon âme sœur.

Alors lorsque j’ai entendu que Rebecca Monzoni allait recevoir Dominique Blanc au sujet de ce texte qu’elle jouait au Théâtre de l’Atelier, non seulement j’ai écouté quasi religieusement leur entretien (excellent, écoutez-le!!), mais je me suis empressée de prendre des places (parmi les toutes dernières) pour emmener Mr Papillon voir ça.

Il n’était pas emballé du tout à l’idée d’aller voir du Marguerite Duras, surtout sur un thème aussi sinistre. Mais je crois qu’il a aimé l’incroyable prestation de Dominique Blanc et la beauté du texte autant que moi. Il en aimé la force, la belle simplicité, la sobriété. La douleur.

Voilà plusieurs années que Dominique Blanc joue se texte un peu partout dans le monde. Il y a donc fort à parier qu’elle passera un jour près de chez vous ou reviendra à Paris.

Ce jour-là, allez-y, c’est un spectacle rare.

Une réflexion sur “La Douleur

  1. De Duras, j’ai adoré la sobriété de « Le Square », et la parabole incroyable du « Marin de Gibraltar ». « L’amant » n’est pas mon préféré (et à mon avis ça n’est pas le meilleur), mais je n’ai pas lu « La Douleur ». Faudrait, tiens.

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